Politique

Vous aussi, vous voulez changer les choses ? Alors présentez-vous ! Tel est le message de l’ONG Colibris qui a présenté la campagne « Tous candidats 2012 ! » le mois dernier à Chambéry.

Depuis le 20 octobre 2011, 19 597 personnes se sont déjà déclarées candidates, dont 78 en Savoie. Faut-il en conclure que nous aurons 20 000 candidats à l’élection présidentielle de 2012 ? Heureusement non. Car même si la petite ONG Colibris a un site internet digne de celui des « vrais » candidats à la présidentielle, la démarche de la campagne « Tous candidat 2012 » n’a rien à voir avec celle des prétendants à l’Elysée. « Dans cette campagne, il n’y aura pas de candidat officiel puisque nous serons tous candidats, apprend-t-on sur le site de Colibris. On ne vote pas pour un programme, on ne délègue pas le pouvoir et la responsabilité de l’appliquer à un gouvernement. Nous proposons une vision et les moyens d’amorcer un changement, là où nous vivons. » D’accord, mais que faire ? Comment faire ? Et puis, par quoi commencer ?

 

L'enquête publique concernant la partie française du TGV Lyon-Turin est en cours jusqu'au 5 mars. Mais tout ne se passe pas comme prévu : les ONG environnementalistes et la droite savoyarde n'en veulent pas.

Le coup d'envoi de l'enquête préalable à la déclaration d’utilité publique concernant la partie française du TGV Lyon-Turin a été donné le 16 janvier dernier. Dans les 38 communes concernées, les Savoyards sont invités à aller consulter les documents du projet et à porter des appréciations sur celui-ci. Rien d'exceptionnel, c'est la procédure administrative habituelle, qui bien souvent ne change pas le cours des choses. Sauf que cette fois, elle se déroule dans un contexte défavorable pour les promoteurs de cette nouvelle liaison ferroviaire à grande vitesse. Il y a un mois, l'Autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) émettait un avis très critique soulignant les insuffisances dans les études et justifications du projet (voir le rapport). Une mini-surprise, mais une surprise tout de même.

 

A Chambéry, le conseiller municipal Laurent Ripart a remis sur la table le sujet des emprunts Dexia. Notre capitale aurait-elle été intoxiquée par les banquiers ?

Toxic or not toxic les emprunts de Chambéry ? Telle est la question qui se pose dans la capitale savoyarde depuis que le quotidien Libération a publié un fichier provenant de la banque Dexia. Il énumérait quantité d’emprunts dit structurés souscrits par des collectivités locales. Structurés, car complexes, avec des taux variables dépendant notamment des variations du cours du yen, du dollar ou du franc suisse. Dans cette liste pointant du doigt des communes plus ou moins endettées, Chambéry figurait en bonne place parmi les villes dont la facture du surcoût consécutif à une hausse des taux était particulièrement salée. La cité des ducs était même deuxième de la région Rhône-Alpes derrière St Etienne, avec un surcoût estimé par Libé à plus de 9 millions d’euros. Madame le maire, Bernadette Laclais, avait assuré le conseil municipal que les chiffres avancés par Libération n’étaient pas bons. Ils étaient pourtant exacts, d’après le conseiller municipal NPA Laurent Ripart qui a annoncé vendredi dernier en conférence de presse avoir retrouvé les fameux emprunts toxiques.

 

Fred a croisé la route de celui qui traverse la France à vélo pour rejoindre l’Elysée à son rythme décroissant : Clément Wittmann, candidat à la présidentielle. L’homme du virage de 2012 ?

Dimanche 6 mai 2012, il est 20h. Sur le plateau de France Télévision, David Pujadas se redresse et tente une posture qui se veut des plus solennelles : « Il est tout juste 20h, nous allons tout de suite découvrir le visage du nouveau président… et c’est Clément Wittmann, qui est élu Président de la République avec 53,4 % des voix… » Ce qui paraissait impensable il y a encore deux semaines s’est produit. L’écologiste du Parti de la décroissance devance largement la candidate du Front National, Marine Le Pen. Sur les écrans, l’image du vainqueur, le visage barré d’un sourire énorme, laisse la France médusée, partagée entre espoirs fous et gros coup de flip postélectoral. Ça fait rêver. Et Clément Wittmann a beau claironner dans son clip de campagne qu’il n’y pense pas en se rasant, faut bien avouer que ça aurait une sacrée gueule, un président décroissant.

 

A Albertville, une famille en demande d'asile, avec un bébé de 21 mois, vient d'être placée en rétention. Philippe Masure, le maire de la ville, demande leur libération et le réexamen du dossier.

Le 20 septembre dernier, la police nationale interpelle à Albertville Gevorg et Arpine Poghosyan, respectivement âgé de 25 et 24 ans, et leur garçon de 21 mois. Ils sont ensuite remis à la Police aux frontières, puis placés le soir même au centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry sur ordre du Préfet de Savoie. Cette famille arménienne, menacée dans son pays, est en fait arrivée en Savoie en 2008 pour chercher l'asile en France. Celui-ci leur a été refusé, comme c'est bien souvent le cas. Mais pour Philippe Masure, maire divers gauche d'Albertville, cela ne justifie pas ce qui se déroule depuis quelques jours. Il sera dimanche matin à 11 heures devant les grilles de la Préfecture de Savoie, au côté de l'antenne savoyarde du Réseau éducation sans frontières (RESF), pour réclamer leur libération et le réexamen de leur dossier. Interview.

 

Située à une cinquantaine de kilomètres à vol de radiations de la Savoie, la centrale nucléaire du Bugey inquiète les militants anti-nucléaires. Pour eux, elle a atteint l'âge de la retraite.

Ce lundi 29 août, François Fillon, Eric Besson et Nathalie Kosciusko-Morizet ont visité la centrale du Bugey, afin d'évoquer la sûreté nucléaire en France et les tests effectués en ce moment sur le parc nucléaire hexagonal. Pour le Réseau sortir du nucléaire, il s'agit d'une « visite-éclair bien à l'image de ces fameux "stress tests" : un pur exercice de communication, un contre-feu allumé par le gouvernement pour éviter de remettre en question le nucléaire ». C'est que pour les anti-nucléaires, le choix du Bugey pour évoquer la sûreté du nucléaire en France est paradoxal car il s'agirait d'une des centrales les plus dangereuses de France. Ils estiment qu’elle a atteint l'âge de la retraite et doit être fermé immédiatement. « Plutôt que de tenter d'entretenir un mythe de la sûreté nucléaire auquel plus personne ne croit, M. Fillon serait plus inspiré de saisir l'occasion de sa visite au Bugey pour annoncer la fermeture du site avant qu'un accident n'y survienne ! », réclament-ils.

 

Au Col du Mont-Cenis, les Savoisiens ont affiché leur opposition au projet ferroviaire Lyon-Turin tout en faisant la promo de leur nouveau mouvement citoyen. Récupération politique ou engagement sincère ? 

Le 21 août, le Gouvernement provisoire de l'Etat de Savoie et le Mouvement des citoyens de Savoie (MCSE) organisaient la première journée du citoyen de l'Arc Alpin au col du Mont-Cenis, en Maurienne. « Les frontières sont des divisions entre les citoyens qui ont une culture et un passé commun, afin de mieux les asservir. Elles n'ont plus lieu d'être si nous voulons sauver le patrimoine végétal, animal, géologique, culturel et humain des Alpes », explique Jean Blanc, président du MCSE. Un rassemblement indépendantiste aux couleurs des No-Tav, cela peut surprendre. Pour les Savoisiens, il s'agissait d'afficher, sur le site où seraient déposées des roches supposées contenir de l’amiante et de l’uranium, leur opposition au projet de TGV Lyon-Turin... tout en faisant la promotion de leur nouveau mouvement citoyen. Un mélange qui n'est vraiment pas du goût de tout le monde, que ce soit du côté des No-Tav italiens ou des opposants savoyards du Modem et d'Europe-Ecologie-Les-Verts.

 

En Savoie, deux associations de l'agglomération chambérienne, proches du Modem, viennent de rejoindre le camp des opposants au Lyon-Turin. Elles défendent le plan B par la ligne historique.

« Nous ne sommes pas des opposants pur et dur au projet, nous voulons simplement améliorer le trafic ferroviaire en Savoie. Et cette attitude pragmatique nous conduit aujourd'hui à dire fermement non au Lyon-Turin », précise d'emblée Cédric Richard – conseiller départemental du Modem et vice-président de l'association Défendre et servir La Motte. « Nous ne sommes pas les anti-CAC du Lyon-Turin, nous défendons le plan B par la ligne historique », ajoute son homologue Michel Gachet – conseiller municipal Modem à Cognin et vice-président de l'association Vivre Cognin autrement. Epaulés par Michel Martin – ingénieur en infrastructures ferroviaires et concepteur du plan B – et Alain Tamburini – ancien président de l'association La Motte Nature et Vie, un des opposants savoyards de la première heure au projet de TGV Lyon-Turin -, ils veulent « rétablir la vérité face à l'intoxication médiatique de Louis Besson qui manipule les gens pour imposer son projet ».

 

Après Louis Besson, c'est au tour du conseiller régional Antoine Fatiga de défendre le projet du Lyon-Turin. Une liaison ferroviaire selon lui nécessaire pour mener une autre politique des transports. Interview. 

Le 30 juillet dernier, plus de 15 000 personnes ont à nouveau manifesté contre le projet de TGV Lyon-Turin entre Giaglione et Chiomente, dans le Val di Susa. Quelques savoyards étaient dans le cortège. « En passant par le présidio de Clarea, endroit où doivent se faire les travaux de la descenderie du Lyon-Turin ferroviaire (Ltf), nous avons pu constater que, contrairement à ce que dit l'Etat italien, les travaux de la galerie de la Maddalena ne sont pas commencés, et ce un mois après la date butoir pour avoir les subventions européennes », nous explique l'un d'eux. Pendant ce temps, de l’autre côté de la montagne, les Savoisiens préparent leur manifestation du 21 août au Col du Mont-Cenis. Quant à Louis Besson, il défend toujours cette nouvelle liaison ferroviaire transalpine (voir sa tribune). Tout comme le Front de gauche, dont le conseiller régional savoyard Antoine Fatiga, également syndicaliste CGT, nous explique ce soutien.

 

A Annecy, une chaîne humaine s'est opposée au projet de centre des congrès que Jean-Luc Rigaut et Bernard Accoyer veulent implanter sur la presqu'île d'Albigny. Une mobilisation contre le vent du béton.

Après l'amendement au projet de loi Grenelle 2 remettant en cause la loi littoral (voir notre article) et le projet de stade de 42 000 places sur le Pâquier pour les cérémonies d'ouverture et de clôture des JO, (voir notre reportage), les rives du lac d'Annecy sont à nouveau menacées. Et cette fois par un vent très clairement bétonnant. Jean-Luc Rigaut – maire Nouveau centre d'Annecy – et Bernard Accoyer – député-maire UMP d'Annecy-le-Vieux – veulent implanter un centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny, à proximité de l'Impérial Palace. Hors de question pour la Frapna 74, Les amis de la terre 74 et Lac d'Annecy Environnement qui ont organisé, le 19 juin dernier, une chaîne humaine avec plus de 600 personnes. Pour l'occasion, Bernard Bosson – l'ancien maire UDF d'Annecy – est une nouvelle fois sorti de sa retraite politique pour dire tout le mal qu'il pense du projet de son successeur à la tête de la ville.

 


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