Histoire

Chaque tentative de supression de la Cour d'appel de Chambéry s'est vue opposer le traité de Turin qui la rendait impossible. Retour sur un feuilleton judiciaire dont semble débuter un nouvel épisode.

Rappelez-vous, c’était il y a six ans. Un processus de refonte de la carte judiciaire avait remis en question l’existence de la Cour d’appel de Chambéry. L’idée du ministère de la justice était d’avoir une seule cour par région. Les cinq barreaux savoyards avaient alors mis en avant leurs particularismes, comme les difficultés de déplacement des justiciables en raison du relief et la particularité des affaires traitées (liées aux stations de sports d’hiver ou aux passages de clandestins et de marchandises). Il y avait aussi un aspect juridique spécifique à la Savoie que chacun revendiquait, un texte presque surgi du fond des âges : le traité d’annexion de la Savoie. Selon nos avocats, il garantissait le maintien d’une cour d’appel à Chambéry. Sa suppression avait d’ailleurs finalement été écartée. Mais aujourd’hui, un rapport du Sénat recommande à nouveau une régionalisation des cours d’appel, et c’est cette fois le procureur général de Chambéry qui ressort le traité pour défendre sa cour. (voir ici). Comme pour entamer le nouvel épisode d’un feuilleton plus que centenaire.

 

En 1860, une délégation savoisienne se rendit à Paris pour obtenir, entre autres, l’assurance de garder la cour d’appel à Chambéry.

Mars 1860 : l’annexion de la Savoie à la France approche à grands pas. Les élites savoisiennes, comme on les appelle alors, souhaitent obtenir des garanties avant d’accepter de devenir françaises. Il est donc envoyé en urgence à Paris une délégation de quarante et un notables. De son côté, Napoléon III désire rencontrer des interlocuteurs savoisiens afin de renforcer l’adhésion à la France. Il s’ensuit une négociation, qui a gardé l’appellation de pollicitation (c’est-à-dire offre de conclure une convention). Les délégués sont accueillis « avec tout l'apparat que l’étiquette réserve aux seuls ambassadeurs », d’après l’historien Victor de Saint-Genis. L’un d’eux déclare à l’impératrice Eugénie son espoir que « le plus beau des monts (ndlr : le mont Blanc) reçoive la visite de la plus belle des souveraines », ce à quoi elle répondit que ce monsieur avait acquis la galanterie française.

 

Il mène la chasse aux utilisateurs de détecteurs de métaux et a vu dans notre interview d’Hannibal 73 un éloge du pillage. Entretien avec Jean-David Desforges, président de l’Happah.

A la fin de l’année dernière, une de nos interview a suscité une polémique. Un dénommé Hannibal 73 y présentait une pièce allobroge rarissime, découverte à l’aide d’un détecteur de métaux (voir ici). Des archéologues s’en sont indignés, considérant cette trouvaille comme un pillage patrimonial. L’historien André Palluel-Guillard a alors publié une tribune où il déplorait que la légalité incite en ce domaine à l’illégalité (voir ici). Et la polémique repartit de plus belle, avec un dialogue de sourds interminable dans notre espace commentaire entre les partisans de la détection et les défenseurs d’une législation qui la réprime quand il est question d’objets archéologiques. Parmi eux, des représentants de l’association Happah (Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique) qui avait par ailleurs publié sur son site deux billets dénonçant un « éloge du pillage » (voir ici et ). Un point de vue qui nous a incité à interroger leur auteur, Jean-David Desforges, le président de l’Happah.

 

Dans L’héritage de Vichy, Cécile Desprairies révèle que les sports d’hiver se sont développés durant l’Occupation. L’origine de notre économie touristique serait-elle pétainiste ?

Commençons par une colle : qui a créé l’ordre des médecins, celui des experts-comptables, mis en place les comités d’entreprise, l’inspection du travail, les tickets-repas, ou encore imposé la médecine scolaire et celle du travail ?... Eh bien, ce bienfaiteur de notre République s’appelle : Philippe Pétain. Le maréchal en personne ! Le vieux militaire et son gouvernement de collaboration qui, de 1940 à 1944, produiront quelques 16 000 nouvelles lois dans tous les domaines, et ce avec d’autant plus de facilités qu’il  n’y avait plus de parlement... Dans L’héritage de Vichy, la philosophe et germaniste de formation Cécile Desprairies égrène l’inventaire de 100 mesures issues de Vichy toujours en vigueur en France. Un ouvrage surprenant et passionnant qui nous dévoile que l’Occupation n’est pas non plus étrangère au développement de l’alpinisme et de ce qui est devenu la première source de revenu dans notre belle région : les sports d’hiver.

 

Personne ou presque n’est au courant qu’une pièce allobroge exceptionnelle a été déterrée en Savoie. Une trouvaille archéologique clandestine dont témoigne aujourd’hui son auteur.

Une découverte archéologique assez importante a été faite dernièrement en Savoie. On y a trouvé une pièce allobroge rarissime, dont on ne disposait jusqu’alors d’aucun exemplaire en bon état. Mais personne n’a été mis au courant, si ce n’est les utilisateurs d’un forum consacré à la détection de pièces de métaux où le trouveur, un dénommé Hannibal 73, est venu présenté cette monnaie qu’il pressentait comme exceptionnelle (voir ici). Sous pseudo, car la détection de métaux dans le sous-sol est interdite en France. Aujourd’hui désireux de faire connaître une découverte qui enrichit le patrimoine allobroge, Hannibal nous a contacté, estimant que La Voix était le média le plus adéquat pour l’annoncer. Nous vous proposons donc de voir à quoi ressemble cette fameuse pièce et lui donnons la parole. Il en profite pour soulever la problématique posée par une législation condamnant à la clandestinité d’innombrables trouvailles qui auraient souvent leur place dans des musées.

 

Saviez-vous que la Savoie comptait près de 800 mines ? Robert Durand nous le rappelle alors qu’Arnaud Montebourg veut maintenant que la France redevienne un pays minier. Comme au siècle dernier.

Le 16 octobre dernier, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, surprenait tout le monde. Non pas en venant soutenir les salariés de Camiva à Saint-Alban-en-Leysse qui voyait quelques jours plus tard leur usine déménagée par leur direction (voir le reportage de France 3), mais pour annoncer son souhait de voir la France redevenir un pays minier. Quatre permis de recherche ont déjà été déposés. Aucun pour le moment ne concerne la Savoie. Pourtant, elle a une histoire commune avec l'exploitation minière, un patrimoine qui a tendance à tomber dans l'oubli. Il y a bien le Grand Filon à Saint-Georges-d'Hurtières, des vestiges à Peisey-Nancroix, ou encore le sentiers des ardoisiers à Saint-Julien-Mont-Denis, mais pour Robert Durand, auteur du livre Un siècle dans les mines de Savoie. Sites d'extraction – Patrimoine – Histoires vécues, ce n'est pas suffisant. Petite séance de rattrapage.

 

Il est courant dans certains milieux savoyards de vouer un culte aux ancêtres. Mais pour faire moderne, on dote nos aïeux d’une pensée rationaliste qui n’était pas la leur.

On reproche volontiers aux Savoyards de s’en remettre trop à leurs ancêtres sur le plan culturel. C’est que la République éduque officiellement à un rationalisme situé au-delà des traditions communautaires. Elle postule que la raison est le seul élément réellement noble de l’humanité, en ce qu’il est partagé par tous, quoiqu’à divers degrés. Elle stipule, au fond, que la nation gauloise possède cette faculté d’une façon quasi parfaite, et que les autres devraient se contenter de l’imiter ou de se plier avec joie à ses enseignements. Jules Ferry parlait d’une race qui avait cultivé d’instinct le rationalisme et qui donc devait s’imposer à tous afin de sortir l’humanité de la nuit de l’obscurantisme. Les héritiers de ce penseur laïc critiquent justement les Savoyards parce qu’ils restent réfractaires à ce projet.

 

Claude Barbier vient de lâcher une bombe mémorielle en démontrant que le fameux combat des Glières n'est qu'un mythe. Une légende de la résistance entretenue par Sarkozy, et ses opposants. Interview. 

Comme chaque année depuis 2007, Nicolas Sarkozy devrait se rendre au printemps prochain, alors que la campagne battra son plein, sur le Plateau dit des Glières. Il a fait de ce haut lieu de la résistance sa « Roche de Solutré » à lui, son pèlerinage annuel, à l’instar de François Mitterrand qui s’attachait à escalader avec sa petite cour cette roche bourguignonne qu’il a rendue célèbre. Glières, pour sa part, n’a pas eu besoin d’un président randonneur pour être glorifié, car cela dure depuis 1944 et un combat devenu mythique qui aurait opposé quelques 500 résistants à plus de 10 000 Allemands et miliciens. C’est la mémoire de ces résistants que Sarkozy souhaite honorer, provoquant l’indignation des anti-sarkozystes qui refusent de voir le président soigner son image sur le dos de ceux qui font figure de héros. Ils sont finalement tous dans l’erreur, car le combat héroïque des Glières n’est qu’un mythe. Un bobard démasqué par la thèse que vient de soutenir Claude Barbier.

 

En se dorant la pilule au soleil (si si !), Fred se délecte de l’histoire de l’été de Christophe Granger. Le roman d’une saison qui, loin d’être synonyme de se la couler douce, a suscité la peur.

Il est des choses que l’on pense gravées dans le marbre. Ainsi, allongé sur notre serviette made in China, tranquillement en train de lézarder au soleil, l’été s’offre à nous sous une forme que l’on pense exister depuis Vercingétorix… au moins. Comment imaginez alors, le cuir bruni et le cerveau en mode veille, que la saison n’a pas toujours rimé avec plage, glandouille, pétanque, coups de soleil et crustacés. Et de fait, réduire Juillet/Août aux seules vacances c’est oublier que pendant des siècles cette période fut surtout celle du travail aux champs et des moissons, puisque jusqu’à la moitié du 19ème siècle plus de  80 %  des travailleurs européens le sont encore dans le secteur primaire. Sorti en 2009 et signé de la main de l’historien Christophe Granger, Les corps d’été, naissance d’une variation saisonnière, revient en détail sur la véritable histoire de l’été.

 

Le 31 mars, Brice Perrier publie une enquête sur le linceul de Turin, l’une des plus grandes énigmes de l’histoire. Découvrez en exclu dans La Voix ses bonnes feuilles savoyardes.

Il y a un an, le linceul de Turin, plus connu sous le nom de saint suaire, était exposé dans la capitale piémontaise. C’est là-bas que Brice Perrier a démarré une enquête qui lui a fait découvrir l’envers du décor d’une affaire aujourd’hui encore mystérieuse. Elle oppose depuis des décennies voire des siècles les défenseurs de la plus illustre des reliques de la chrétienté à ceux qui dénoncent un faux moyenâgeux. Mais qu’il s’agisse de l’authentique linceul du Christ sur lequel celui-ci aurait laissé son image ou d’une œuvre d’art unique en son genre à l’origine inexpliquée, l’objet est quoi qu’il en soit exceptionnel, suscitant passions et polémiques. Au fil de cette enquête, vous découvrirez pourquoi aucun camp ne peut prétendre aujourd’hui détenir la vérité, pourquoi l’énigme perdure malgré un siècle de recherche, et comment elle pourrait être rapidement résolue.

 


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