Alors que les coureurs partent ce mercredi de Chambéry, information pills La Voix vous emmène dans le col de la Madeleine sur la route du Tour de France. Avec un Fred qui dope l’ambiance.

En Maurienne, web à la veille de l'étape qui reliait Morzine à Saint-Jean-de-Maurienne, remedy cyclotouristes et badauds étaient déjà présents en grand nombre dans les derniers lacets du col de la Madeleine. Certains depuis plus d'une semaine pour avoir la meilleur place et ne rien rater du duel entre Contador et Schleck. Fred Delville, qui avait enfilé pour l'occasion sa tenue de cycliste du dimanche, n'a pas non plus ménagé ses efforts pour vous faire découvrir « la magie du tour ». Maniant toutes les langues afin de donner à ce reportage une touche internationale, il a même réussi à dégoter une interview exclusive d'El Diablo, le célèbre énergumène qui court sur les routes du Tour armé de sa fourche depuis près de vingt ans.

Les Mémoires du Prince Eugène de Savoie viennent d’être rééditées, ambulance et Rémi Mogenet les a préfacées. L’occasion pour lui de nous inciter à découvrir le récit de la vie de ce héros du Saint Empire.

Récemment, drug ont été réédités, salve aux éditions Anatolia, les Mémoires du prince Eugène de Savoie, ce fameux chef de l’armée des empereurs germaniques, et l’éditeur, Samuel Brussell, m’a fait l’honneur de me demander d’en écrire la préface. Ces Mémoires montrent une personnalité qui appartient pleinement à son temps, le début du XVIIIe siècle. Le prince Eugène se veut chevaleresque comme on l’était dans la noblesse d’épée, se moquant du danger, sans rancœur contre ses ennemis sur le champ de bataille (il invitait à dîner les généraux vaincus dont il avait apprécié les manœuvres) et dénué d’arrière-pensée idéologique (il employait les protestants aussi bien que les catholiques, et haïssait le catholicisme d’État, qui liait la foi religieuse à l’assujettissement aux princes).

Du Grand Roi au Saint Empereur

Rempli d’esprit, fuyant la superstition aussi bien que l’athéisme proclamé, il annonce finalement Voltaire et toute cette noblesse qui, se moquant des dogmes officiels, a - indirectement - favorisé la Révolution. Il appartenait à la Maison de Savoie ; il était issu de la banche cadette des Savoie-Carignan (dont sera issu plus tard le roi Charles-Albert, qui commença également par être un libéral aux idées progressistes). Sa mère, Olympe Mancini, était issue de la noblesse lombarde. Elle fut la maîtresse de Louis XIV, à la cour duquel le prince Eugène fut élevé. Le « Grand Roi » la répudia et l’exila en l’accusant de pratiquer la « sorcellerie » (c’est-à-dire des empoisonnements). Eugène se vit refuser des charges honorifiques qu’il avait demandées à Louis XIV, lequel invoqua des rumeurs de scandale homosexuel. Vexé, Eugène jura qu’il se vengerait de lui et de son ministre (de la guerre) Louvois, et se mit au service de l’Empereur germanique, qui luttait contre les Turcs, à Vienne. Eugène fit alors merveille, et demeura toute son existence au service de l’Empereur, devenant en quelque sorte chef d’état-major de son armée, notamment lors les batailles qui l’opposèrent à la France. Car la guerre contre les Turcs même était liée à celles-ci : Louis XIV avait animé la Sublime Porte contre Vienne, son grand rival restant l’Empereur germanique.

Un génie militaire

Le prince Eugène montre bien ce qui différenciait le Saint-Empire de la France : si la seconde était soudée autour de son roi, et donnait une assise solide à toute entreprise de guerre, le premier était constitué de principautés disparates, souvent rivales entre elles, peu fiables, de langues et de nations très diverses. L’une de ces entités était dirigée par son « cousin » le duc de Savoie, dont Eugène précisément déclare qu’il négociait en secret avec la France au moment même où il assurait l’Empereur de son soutien sans faille. Or, c’est l’image que donnent sans cesse les princes du Saint-Empire. L’Angleterre, ou les Pays-Bas, à leur tour, tantôt soutiennent la lutte contre la France, tantôt s’esquivent ou rompent l’alliance ; et il en va de même des pays de langue allemande. Pourtant, à cette époque, le génie militaire du prince Eugène est partout admiré. Ses soldats ont pour lui une vénération profonde. Il accomplira des prouesses.

Un palais en forme de tente ottomane

Sur le plan personnel, il conserva les références culturelles propres à la France. Sur ses vieux jours, il essayera de s’imprégner des écrivains français qui ont cultivé la piété religieuse, rendant hommage à Fénelon (qu’avait précisément exilé Louis XIV, notamment parce qu’il avait soutenu la mystique Jeanne Guyon, mais aussi parce qu’il l’avait indirectement critiqué dans son Voyage de Télémaque). Cependant, le palais qu’il fit construire à Vienne était délibérément situé sur l’emplacement de la tente d’un prince ottoman qu’il avait vaincu dans sa jeunesse, et l’architecture de ce palais était précisément imitée de la forme de cette tente. On l’en critiqua, mais il n’en eut cure. Ce palais existe toujours. Le prince Eugène fut ce qu’on peut appeler un bel esprit, et son style nerveux et vif, spirituel et plaisant, est le reflet d’une âme éprise d’action, mais demeurant toujours lucide.

Rémi Mogenet

Mémoires du prince Eugène de Savoie, Éditions Anatolia

 

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