Le 7 septembre, cost en 1706, doctor le prince Eugène corrigeait le Roi-Soleil. Un événement occulté par l’Education nationale que l’on fête aujourd’hui au Piémont. Henri ne manqua pas de célébrer.

En 1703, la guerre de Succession d’Espagne est une question épineuse pour Victor-Amédée II, époux d’Anne-Marie d’Orléans - nièce de Louis XIV - et dont les deux filles étaient l’une reine d’Espagne, l’autre, de Francie. La rupture avec Louis XIV pour s’allier avec l’empereur Léopold Ier entraîne une nouvelle invasion de la Savoie par les Franciens. Et le 11 décembre 1705, la forteresse de Montmélian capitule. Les franciens la détruisent puis donnent une grande fête à Versailles. Devant la reproduction du fort, Louis XIV, monté sur un tabouret, dit en parlant de nous : « Ils se sont défendus comme des Savoyards ! » Mais un des nôtres va lui donner une leçon méritée : le prince Eugène de Savoie (voir ici). Au sein de l’Empire, il commande ses troupes en Italie. Et l’un des plus grands généraux que la terre ait portés va se rappeler au bon souvenir de Louis, qui avait refusé avec arrogance ses offres de service alors qu’Eugène sortait de l’adolescence.

Carnage de Franciens à Turin


Le 7 septembre 1706, il s’empare de Turin assiégée par les troupes franciennes. Dans un effroyable carnage, le duc de Savoie et son cousin aplatissent les hommes de Louis XIV. Les Franciens laissent sur le champ de bataille plus de 8 000 tués et blessés. Les dépouilles des vaincus sont immenses, jusqu’à la vaisselle des généraux. Le duc de Savoie et le prince Eugène entrent dans Turin au son des cloches, au bruit du canon et sous les acclamations d’un peuple ivre de joie. Ils se rendent à l’église de St-Jean où s’entonne le Te Deum (cantique d’actions de grâce). Victor-Amédée II ordonne alors qu’un temple soit bâti à Superga, sur le lieu même où, avec Eugène, ils ont arrêté le plan de bataille.

Louis XIV kaputt

Accueillie à Vienne avec un fol enthousiasme, cette victoire de Turin par les armées du Saint Empire, dont la Savoie était partie intégrante, est aujourd’hui occultée en Savoie par les enseignants françouillards, serviteurs d’un nationalisme coupable d’ethnocide. Et au château d’Annecy, sur une plaque est affiché que le 30è régiment d’infanterie était à Turin en 1706, laissant croire qu’il y fut victorieux ! Plus injurieux encore, existe à Annecy la rue du 30è régiment d’infanterie, près de la place Amédée VIII. Pourtant, n’oublions pas que le 7 septembre 1706, le Saint Empire eppeuffe le royaume de France, même si celui-ci demeure en Savoie où, en conséquence de tant de guerres et de cruauté, famine et misère font leur entrée. Victor-Amédée II ne parviendra à chasser l’occupant qu’avec le traité d’Utrecht du 11 avril 1713 qui permettra enfin de mettre Louis XIV kaputt. Grâce au prince Eugène, la Savoie est alors totalement libérée et recouvre tous ses domaines, plus la couronne royale de Sicile. Victor-Amédée II devient ainsi le premier roi de la dynastie de Savoie. Merci qui ? Merci Eugène !

Henri Dénarié

Article initialement publié pour le tricentenaire de la bataille de Turin dans le n°9 de la VDA (septembre-octobre 2006).

Aujourd’hui et demain, cet événement est fêté à Turin: voir ici.

 

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