L'avion du lac, le documentaire d'Anja Unger sur ce coucou nazi qui s'est crashé dans le lac du Bourget en 1943, passe ce soir dans La case de l'oncle doc. Avis aux couche-tard.

Le 30 mars 1943, un Focke Wulf 58C de la Wehrmacht, parti de Bron en banlieue lyonnaise avec quatre soldats à son bord, s’abîme au nord du Lac du Bourget. Plus précisément au centre d’une ligne entre St Gilles et Chatillon. Deux allemands arriveront à s’extraire et, recueillis par des pêcheurs de Conjux, seront même hébergés chez l’habitant. En récompense le Reich, dans sa grande mansuétude… libérera quatre prisonniers de guerre du village. « La première fois que j’ai entendu parler de cet avion allemand, je me suis dit : Qu’est ce que c’est que ça ? C’est le Loch Ness du Bourget cette histoire ?, raconte la réalisatrice Anja Unger. Mais, en discutant avec les gens de la région, j’ai su que les faits historiques avaient existé. C’est ce qui m’a donné envie de faire le film. ». C’est donc en remontant patiemment les pistes de cette petite histoire dans la grande que cette Allemande, aujourd’hui installée sur les rives du Bourget, a rencontré les acteurs de l’époque, ou à défaut leurs familles, et leurs souvenirs.

Avec son film, Anja révéle aussi certaines rancœurs qui ne s’adressent pas plus au grand ennemi d’hier, qu’au voisin soupçonné d’avoir trahi. « J’avais parfois l’impression d’être une missionnaire qui vient libérer la parole, poursuit la documentariste. Ces sujets sur la guerre, on y revient sans cesse parce qu’ils font partie des stigmates qui restent sous-jacents dans nos vies d’aujourd’hui. ».


Exploration en eaux troubles

L’avion, lui, repose depuis plus de 70 ans dans une eau sombre et glaciale à 4 degrés, le nez planté dans la vase, par 110 mètres de fond. Une profondeur particulièrement difficile à atteindre quand on sait que seul 1 % des plongeurs en activité franchissent la barre des moins 60 mètres. Pourtant, le zingue nazi, qui reste l’épave la plus profonde de France en eau douce, fascine. Et, après avoir attiré bon nombre de magazines spécialisés européens, l’endroit est devenu un véritable « spot » incontournable pour les plongeurs pros venus de tout le continent. Quant aux raisons du crash, elles restent floues. Mais, selon Anja Unger, les pilotes allemands de l’époque avaient un petit jeu favori. Ils adoraient raser les flots du lac pour effrayer les canards… et, au passage, intimider les pécheurs. Ce 30 mars 1943 le lac était calme, olympien. Sous un effet miroir bien connu des férus d’aviation, la surface limpide a pu tromper le pilote dans son appréciation des distances. Et l’avion a fini par embrasser les flots. Définitivement.

Après une projection en avant-première le 8 octobre dernier au Centre des Congrès d’Aix-les-Bains suivie d’une diffusion au niveau régional quelques jours plus tard sur France 3 Alpes, Rhône-Alpes et Auvergne, L’avion du lac, aura ce soir les honneurs des antennes nationales de France 3. L’occasion de poursuivre l’exploration (en eaux troubles) de cette Histoire de la seconde guerre dont, décidément, on ne sort pas.

Frédéric Delville

Le film L’avion du lac, coproduit par France 3 Rhône-Alpes et Cocotte minute productions, diffusé ce soir à 23h55 dans le cadre des documentaires de La case de l’oncle doc sur France 3.

 

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