Cela fait 150 ans qu'il rame à contre-courant. Du MRS à la Ligue savoisienne, symptoms d'Amélie Gex à Mickey Chabert, price de revendications en exclusions, visit retour sur l'histoire du régionalisme savoyard.

En 2007, tandis qu’était diffusé sur France 3 le film Chassons l’occupant (voir le film), La Voix publiait un dossier sur l’histoire du régionalisme savoyard. Le but était notamment de comprendre comment il s’était retrouvé tout entier « dans les choux », comme disait Claude Barbier, co-fondateur d’une association alors en profond sommeil, La Région Savoie j’y crois (voir ici). A l’époque, le Mouvement Région Savoie n’existait plus vraiment en tant que tel, contrôlé par une Ligue Savoisienne qui venait d’aller aux élections sans être capable de fournir des bulletins de vote. Les héros du film, le noyau dur de la Confédération savoisienne, apparaissaient ainsi comme les derniers dinosaures d’une cause presque abandonnée. Les choses ont un peu changé, comme les lecteurs de ce site le savent. Mais l’un d’entre eux nous a demandé une piqûre de rappel historique. Voici donc cette fois sur le net une petite histoire du régionalisme savoyard.

En rentrant à son tour dans la danse régionaliste, shop l’association La Région Savoie j’y crois a misé sur les élus. Mais ceux-ci préfèrent la pêche aux voix. (dossier régionalisme savoyard)

En 1998, erectile une nouvelle association régionaliste voit le jour, La Région Savoie j’y crois. D’après son cofondateur, Claude Barbier, « c’est une des retombées de l’existence de la Ligue savoisienne. » Il faut préciser que les indépendantistes ont alors encore le vent en poupe. Leur secrétaire général, Patrice Abeille, vient d’être élu au conseil régional et il ne faut pas laisser le terrain du régionalisme aux seuls Savoisiens. « Dans la foulée de l’élection d’Abeille, continue Claude Barbier, Michel Bouvard et Bernard Bosson ont présenté une proposition de loi à l’Assemblée nationale pour la création d’une région Savoie. Notre souhait a donc été de créer un lieu qui fédère des élus autour de ce projet. On a mis autour de la table des politiques de tous les bords, sauf du PC, qui n’a pas de discours régionaliste, et du Front national, dont on ne voulait pas. »

La mayonnaise prend rapidement et La Région Savoie j’y crois rassemble des personnalités comme Michel Bouvard (RPR), Pascal Zory (PS), Alain Veyret (UDF) ou Gilles Maistres (Vert). Problème : « Il y a eu la proposition de loi, mais après, plus rien, déplore Barbier. Dans notre société, il y a une inertie phénoménale quand un projet n’est pas porté par TF1. Et les élus ont eu face à eux une technostructure et d’autres élus puissants hostiles au projet, comme Bernard Accoyer. » Résultat : rien n’avance.

Le vote de l’APS

En 2002, alors que le gouvernement Raffarin prépare une loi de décentralisation qui devrait permettre des expérimentations territoriales, la toute nouvelle Assemblée des pays de Savoie, qui réunit les deux conseils généraux savoyards, s’apprête à organiser une réunion destinée à déterminer ses souhaits pour de futures assises nationales à Lyon. La Région Savoie j’y crois reprend alors ses activités de groupe de pression auprès des élus, leur expliquant l’intérêt que la Savoie aurait à quitter Rhône-Alpes. Elle est entendue. « Lors de cette réunion de l’APS, le 5 décembre 2002, il est clairement ressorti une défiance vis-à-vis de Rhône-Alpes, confie Noël Communod, président de La Région Savoie j’y crois, qui a assisté aux débats. Et puis il y a eu une certaine confusion avec plusieurs interruptions de séance durant lesquelles se sont échangés des coups de fil, sans doute avec Hervé Gaymard, qui aurait dit à ses amis qu’ils allaient prendre la région Rhône-Alpes, les dissuadant de voter pour une région Savoie. Une nouvelle motion intermédiaire est apparue, favorable au maintien dans Rhône-Alpes, sous réserve de l’octroi à l’APS du bénéfice de l’expérimentation promise par le gouvernement. Elle a recueilli vingt-huit voix ; celle pour une région Savoie, vingt-trois ; et celle pour une région Savoie élargie aux Alpes, huit (les voix de la gauche). Seules deux voix se sont portées pour un statu quo dans Rhône-Alpes. » Malgré la défiance pour Rhône-Alpes, La Région Savoie j’y crois n’a pas eu gain de cause et l’expérimentation savoyarde sera finalement mise au placard. A compter de ce jour, Bouvard va passer à autre chose et les élus vont déserter un à un l’association qui publiera encore un livre blanc avant d’entrer dans un profond sommeil. « Pour que les choses bougent, estime Claude Barbier, il faudrait qu’un élu se jette à fond dans ce projet. Mais électoralement, ça ne paie pas. »

B.P.

Article initiallement publié dans n° 13 de la VDA (été 2007)

 

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