La députée européenne Malika Benarab-Attou déplore dans un communiqué l'inauguration d'un square dédié au général Bigeard à Aix-les-Bains. Elle accuse le maire d'honorer un tortionaire.
Le Dauphiné Libéré nous apprend dans son édition du 15.06.2012 que le maire UMP d’Aix-les-Bains Dominique Dord inaugure, le 23 juin, un square portant le nom du général Bigeard. Attribuer le nom de Bigeard à un square n’est pas un évènement anodin en cette 50e année de l’indépendance de l’Algérie. Alors que ce cinquantenaire doit être le moment opportun pour rapprocher les peuples Français et Algérien, de cicatriser les blessures de cette période, la municipalité d’Aix-les-Bains ravive la douleur des victimes de Bigeard et la colère de celles et ceux qui en France se sont opposés à ses méthodes.

Rappelons pour mémoire que Bigeard a été l'un des protagonistes de la bataille d'Alger en 1957. Il se livra à la torture, une pratique qu'il qualifia en juillet 2000 de « mal nécessaire ». Le recours fréquent à la torture - supplice de la baignoire et utilisation de la gégène (décharges électriques) - avait été dénoncé en France par les intellectuels puis par quelques rares militaires, comme le général Jacques Pâris de la Bollardière, Compagnon de la Libération. Mais contrairement à Massu, qui a regretté l'usage de la torture, Bigeard n'avait émis aucun remord. « Je ne regrette rien ! » avait-il déclaré en 2007 à un quotidien Suisse.
Dans ces conditions, attribuer le nom de Bigeard à un square et diffuser l’information 2 jours avant les élections législatives, auxquelles Monsieur Dord était candidat, sonne comme un signal aux tenants de l’Algérie française et de l’extrême droite. Cela constitue une provocation à l’endroit des défenseurs des droits de l’homme et du principe des peuples à disposer d’eux-mêmes. Aix-les-Bains mérite mieux que cela, ville de Savoie, région qui fut un haut lieu de résistance et de défense des valeurs de la République. Monsieur Dord se serait distingué en honorant une femme ou un homme de Paix. Je déplore qu’il ait préféré un tortionnaire.
Malika Benarab-Attou - Eurodéputée Les Verts/ALE - le 19 juin 2012


Commentaires
En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.
35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.
Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net
Qu'ils s'égorgent entre eux, ces assassins et nous laissent vivre.
Le Ministre de la Justice de l’époque était François Mitterrand. Déjà en 1954, alors ministre, il déclarait : « La rébellion algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la guerre. » et « L'Algérie, c'est la France. »
Ce gouvernement Mollet (SFIO) a donné les pleins pouvoirs à l’armée pour faire le ménage. Mitterrand a défendu la proposition de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l’armée. Il a couvert l’exécution de 45 militants algériens jugés de manière expéditive.
Je suis contre l’appellation d’une place au nom de Bigeard parce que justement il y a eu l’utilisation de la torture raisonnée, planifiée dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre.
Mais je refuse de voir des politicien(ne)s de tous bords (Dord d’un côté, et Malika Benarab-Attou de l’autre) faire de la récupération à tous va.
La classe politique française savait ce qu’il se passait en Algérie ; elle a laissé faire.
La gauche française de l’époque, en remettant les pleins pouvoirs à l’armée, a sali l’institution militaire déjà bien remise en cause pendant la guerre d’Indochine.
La classe politique française a fait perdre 20 ans à la France en laissant les Français engluer dans des problématiques coloniales dépassées.
Cette même classe politique (Guy Mollet) a rejeté la Communauté Européenne de Défense au profit du merdier colonial.
Aujourd’hui, cette classe politique n’est même pas capable de faire une Défense européenne commune et elle est même prête à flinguer l’Europe politique (fédérale) pour garder ses prérogatives et son fonds de commerce.
Alors Mesdames Messieurs les politiques donneurs de leçon, balayer d’abord devant votre porte.
Dès lors que ceux qui s'indignent sont les mêmes que ceux qui baptisent leurs places Lénine ou Karl Marx -qui ont engendré tant de tortionnaires, dont Staline et Pol Pot, ils sont automatiquement décrédibilisés.
Non les habitants d'Aix-les-Bains ne sont pas d'accord!
Comparer la présence française en Algérie et lea présence nazi en France est stupide ...
Quant à " Bruno " il fut un grand soldat qui méritait les invalides puisque les viets ont refusé que ses cendres soient, selon ses dernières volontés, dispersées sur Dien Bien Phu ...
Rigolum, en Savoie annexée (political correct de "colonisée") 28 ans Après l'Algérie, et où le droit des peuples est bafoué, ça fait effectivement double peine pour les défenseurs des droits des peuples.
Dans une guerre il n'y a pas les gentils et les méchants, je ne rentrerai pas dans les échanges. Tortures contre attentats, on ne va pas faire un concours d'horreurs, hors contexte et 50 ans après.
Franklin D. Roosevelt : "En politique, rien n'arrive par hasard."
D. Dord aurait pu choisir un autre lieu, une autre date, un autre personnage. Je crois que F. Roosevelt a raison.
D. Dord supportera les conséquences de ses choix.
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