La Voix a sollicité Louis Besson pour qu’il nous livre une tribune sur le projet du Lyon-Turin, suite aux manifestations dans le Val di Suza. Il nous fait parvenir ce texte également envoyé à nos confrères.
Les SAVOYARDS, comme leurs compatriotes de l’HEXAGONE et comme tous les EUROPEENS, ont besoin du « LYON/TURIN »
Le projet ferroviaire connu sous le nom de LYON/TURIN est le maillon stratégique d’une infrastructure structurante de tout le Sud européen allant de BARCELONE à BUDAPEST, voire de LISBONNE à KIEV. En effet elle créerait une jonction performante pour 5 000 km de lignes ferroviaires de part et d’autre des ALPES, mettant la SAVOIE et toute la REGION au cœur de l’EUROPE.
Le LYON/TURIN n’est pas un « TAV » (LGV en français, c’est-à-dire Ligne à Grande Vitesse) mais une ligne mixte -voyageurs et marchandises- qui assurera une jonction à haute capacité entre la Plaine du PÔ et la Vallée du RHÔNE, effaçant la barrière alpine comme en son temps le Tunnel sous la MANCHE a supprimé l’insularité britannique. Il est l’infrastructure indispensable au report modal massif souhaité par tous les défenseurs de l’environnement de nos vallées car la ligne du 19ème siècle, même rafistolée, n’offrirait en aucun cas la capacité nécessaire aux tonnages en cause sur l’ensemble des franchissements alpins… même après élimination des transports inutiles que d’ores et déjà l’augmentation des péages des ouvrages routiers contribue à réduire sensiblement.
Après l’engagement d’études de faisabilité décidées au Sommet franco-italien de CHAMBERY le 3 octobre 1997, le LYON/TURIN a fait l’objet d’un accord franco-italien signé à TURIN le 29 janvier 2001 qui, par son approbation par les Parlements français et italien, est devenu un Traité international s’inscrivant pleinement dans les objectifs de la Convention Alpine signée en 1991 par tous les Etats alpins.
Du côté français, les concertations avaient été entreprises avec les collectivités territoriales et les acteurs économiques et associatifs dès le début des années 90. La méthode italienne a été différente et les manifestations qui ont eu lieu à VENAÜS en novembre 2005 ont conduit les autorités de ce pays à désigner un Commissaire extraordinaire – Monsieur Mario VIRANO - qui a fait un travail de dialogue approfondi tout à fait considérable, débouchant pour la Vallée de SUSE –après cinq longues années de concertation - sur un véritable projet alternatif approuvé désormais par une majorité des conseils municipaux des territoires concernés.
Ces approbations rejoignent celles –massives - des deux principales composantes politiques (Droite et Gauche) du Parlement italien mais aussi de la Région PIEMONT, de la Province et de la Ville de TURIN. Cette quasi unanimité aurait pu laisser espérer que les travaux s’engagent dans un contexte apaisé. Il n’en a pas été ainsi et, après des déclarations irresponsables de dirigeants du mouvement NO TAV invitant « à prendre d’assaut le chantier », une manifestation a dégénéré en affrontements avec non seulement plus de 200 membres des Forces de l’Ordre victimes de blessures mais également des ouvriers du chantier lui-même… Les projectiles de toute nature utilisés par les manifestants ont témoigné de ce qu’il ne s’agissait pas d’une contestation « à mains nues et à mains propres » comme d’aucuns l’avaient annoncé : en effet quand on ne manifeste pas à « mains nues » on ne peut pas revendiquer le faire à « mains propres » !
Il semble complètement établi d’une part qu’il y avait en terme de participants à la manifestation ce 3 juillet globalement moins de manifestants - sûrement moins d’habitants du Val de SUSE lui-même et semble-t-il davantage d’invités extérieurs - que pour la manifestation de novembre 2005 avec, hélas, un plus grand nombre d’adeptes du recours à la violence…
Tous les niveaux de décision publique s’étant exprimés de façon convergente et ne s’agissant pas de réaliser une voie de liaison entre deux villages mais d’une infrastructure internationale ne pouvant justifier une quelconque « vicinalisation » de la démarche démocratique… le bon sens et le bon droit se rejoignent pour inviter à un retour de tous à la raison.
Les jeunes générations ne pourraient dans l’avenir comprendre qu’une grande partie de l’EUROPE bénéficie de moyens de communications plus écologiques et plus sûrs comme vont le permettre les tunnels ferroviaires du LÖTSCHBERG, du GOTHARD et du BRENNER et que seuls les pays du Sud du Continent soient contraints à continuer à privilégier la route faute de performance du mode ferroviaire pour le franchissement des ALPES entre le LEMAN et la MEDITERRANEE :
- plus écologiques car la présence naturelle et ponctuelle de roches uranifères ou amiantifères est tout à fait maîtrisable comme l’a démontré le creusement récent du LÖTSCHBERG ;
- plus écologiques aussi car le report modal de la route au rail est la condition de la protection de nos vallées d’accès aux tunnels routiers face aux conséquences des rejets polluants constatés aujourd’hui ;
- plus sûrs enfin car il ne faut pas oublier les 39 victimes de l’incendie du tunnel du MONT BLANC du 24 mars 1999 !
Les communes du Val de SUSE concernées par la première phase des travaux, c’est-à-dire CHIOMONTE et SUSA, ont vu leurs conseils municipaux délibérer favorablement à l’instar de 10 communes sur 14 territorialement concernées entre la frontière italienne et TURIN. Ces communes ont compris qu’une gare à SUSE, un kilométrage de la ligne nouvelle majoritairement en tunnels et un report modal massif de la route au rail étaient de nature à améliorer tout à la fois la desserte de la vallée et la qualité de son environnement. Là réside l’enjeu le plus fondamental de cet important et coûteux ouvrage : concilier les besoins des humains et les besoins de l’économie avec les exigences du développement durable.
Le LYON/TURIN est un projet engagé côté français, déclaré d’utilité publique de SAINT JEAN DE MAURIENNE à la frontière italienne depuis décembre 2007, avec 9 km de descenderies creusées ; c’est un projet prioritaire pour l’EUROPE ; c’est un projet voulu avec affirmation d’une détermination par les Etats concernés et leurs principales collectivités territoriales. Il doit donc se poursuivre dans la sérénité sans justifier en quoi que ce soit le recours de qui que ce soit à la violence.
Louis Besson
Président français de la Commission intergouvernemental franco-italienne pour le Lyon-Turin


Commentaires
Tav : No Pasaran !
Tous a Val Susa !
Resistance !
après perquisitions" chez des personnes "dites des NO-TAV"
Les carabinieri "exposent ces saisies" mais du matériel de protection contre les gaz lacrymos principalement !
Après, qu'il y ait eu "montage photographique ou vraies saisies" reste à officialiser !
Allez consulter ce site : "jura libertaire" Pour ma part, je suis perplexe !
il faut absoluement voir cette video ou l'on voit des personnes agées et des enfants lancer des fleurs sur la police
http://www.youreporter.it/video_Scontri_NoTav_violenza_contro_polizia_le_pietre_1
en 2012, on risque d'avoir une des plus grave crise économique depuis 1929! tous les indicateurs sont au rouge!
le 21 aout, manif unitaire non au lyon turin/non aux déblais, non à la casse des services publics à la carrière du paradis au mont cenis avec les no tav
Quand à la démocratie de Besson...j'en doute! Les infermation de Besson sont celle venue de journalistes enfermés dans un fortin entouré de barbellés qui prennent des photos quand les forces de l'ordre lancent des bombes lacrymogènes et urticantes. les manifestants mettent des écharpes et les plus prévoyants ont pris des masques : c'est les fameux black blocs. quand aux flics blessés, c'est pour la plupart qu'ils se sont tirés dessus + l'exageration des média.
du projet en comprend les appétits de nos politiciens et leurs valets.
Ne laissons pas défigurer la vallée,luttons avec determination contre ce funeste projet.
Solidarité internationalme avec les populations italiennes de la vallée.
Tous a Val Susa !
Tav: No Pasaran !
Resistance !
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