A la veille du départ du Tour et alors que Jalabert vient de rejoindre la liste des cyclistes dopés, visit Berto fustige l’hypocrisie des commentateurs et redonne sa couronne à Amstrong.

Une fois n’est pas coutume, salve étant un passionné de vélo, doctor un fan du tour de France, je dédie cette chronique à tous les coureurs de la Grande Boucle qui durant trois semaines vont nous faire rêver. On vient d’apprendre que Jalabert s’est lui aussi dopé et cela semble surprendre tout le monde. Mais foin d'hypocrisie, bon dieu ! Cela fait des décennies que la plupart des champions cyclistes se dopent ! Si Poulidor, notre Poupou national, est encore en vie aujourd’hui, c’est précisément parce qu’en dehors du glucose, produit inoffensif, il ne se dopait pas. Voilà pourquoi il était condamné durant ses plus belles années sportives à voir devant lui, sur nos routes, osciller le cul d’Anquetil qui lui se shootait allègrement. Combien de grands cracs de la petite reine sont morts avant l'heure, victimes de produits prohibés.

Tous à la topette !

Anquetil n’est pas le seul. Louison Bobet, qui a tant fait vibrer les foules, est décédé dans la force de l’âge. Récemment le regretté Laurent Fignon aussi.  A ces trépassés, il faut ajouter ceux qui ont été foudroyés en plein effort. Tom Simpson, au cours de l’ascension du mont Ventoux, Fabio Casartelli au col de Portet-d’Aspet. Et je ne cite même pas le Giro où les contrôles antidopage étant inexistants. Les victimes s’y comptent par dizaines. J’ai en mémoire les propos que me tenait Raphael Geminiani, dans les années 1960, à l’époque où il entraînait l’équipe de France. « Tu sais, Jean, on y est tous allé à la topette, l’épreuve est si dure. » La Topette pour Gem, c’était le glucose, bien sûr, mais peut-être aussi les amphétamines dont Maître Jacques, le Normand, fit un usage excessif.

Magnifique Amstrong

Tout le monde, avec un relent de chauvinisme qui me dégoûte, a crié haro sur Lance Armstrong sans prendre conscience que lorsqu’il gagnait, c’était contre d’autres dopés beaucoup moins bons que lui. Rappelez-vous son mano à mano avec Jan Ullrich qui craque en pleine ascension d’un col alors que le Texan poursuit son irrésistible envol. Rappelez-vous les coups de pompes et les surprenantes résurrections du Kazakh Alexandre Vinokourov, et surtout, n’oubliez pas, n’oubliez jamais, la maîtrise, les réflexes, l'élégance et la maestria du cycliste américain qui a éveillé mon admiration et mes enthousiasmes. Le personnage n’est peut-être pas sympathique, mais, bon dieu, quel magnifique coureur il fut ! Un Campionissimo, comme l’était le grand Fausto Coppi, qui a dû lui aussi toucher un peu aux amphés. On a voulu tirer un trait définitif sur Armstrong. On lui a substitué un Alberto Contador bon grimpeur, un peu geignard, qui était loin d’avoir son coup de pédale. On s’est écrié : « Voilà un vrai coureur qui lui au moins ne se dope pas ». Perdu ! Comme les meilleurs, il marchait aux autotransfusions sanguines et à l’EPO. Et ce matin, ce que dit le Texan est vrai, même si cela décoiffe les organisateurs du Tour. « Cette épreuve-là est si dure, si longue, que l’on a en permanence besoin d’oxygène. » Je le crois, moi, et quand son propre métabolisme n’en fournit pas assez, il est très tentant de lui donner un petit coup de pouce. Jalabert s’est dopé. La belle affaire ! ILS SE SONT TOUS DOPES ! Et le meilleur d’entre eux s’appelait LANCE ARMSTRONG.

Alors que les contrôleurs se montrent aussi vigilants avec le tennis, le foot et tous les autres sports. Et vous verrez que les cyclistes ne sont pas ceux qui se boostent le plus à l'EPO. Il y a eu aussi des morts brutales sur les stades...

Jean Bertolino

 

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