Pendant que tous les projecteurs sont braqués sur les bleus de Domenech, Fred nous emmène à la découverte des Aigles. Un autre regard sur le foot. Américain, et chambérien.
Bissy, 11 avril. Au cœur de la banlieue pavillonnaire qui s’étend au nord de Chambéry, je fends d’un pas allègre la pelouse du stade Mager, un complexe sportif constitué essentiellement de terrains de jeu posés les uns à coté des autres. D’ici, la vue est magnifique et l’endroit semble comme béni par les massifs alentours qui alignent leurs silhouettes rassurantes. Mon regard se perd et reste accroché un moment à la paroi abrupte du Granier qui s’expose plein sud, là-bas au loin. Du terrain voisin résonne une clameur dans un franglais impeccable : « Allez les gars, on jogge ! on jogge ! » Jogge venant vraisemblablement de jogger, ça doit donner un truc du genre : on court ! on court ! Au milieu du rectangle vert, un gars en survet’ braille ses ordres à vingt-deux bonshommes harnachés de manière impressionnante.
Les fameux Aigles de Chambé
Casques équipés de grilles de protection pour la mâchoire, épaulettes surdimensionnées, gants design et une sorte de panta-court blanc super moulant qui laisse entrevoir toute leur personnalité, surtout au niveau de l’entre-jambe. Pour parachever cette tenue de néo-chevaliers des temps modernes, un maillot au rouge éclatant, barré par un énorme numéro, lui-même surmonté d’un mot s’étalant en lettres blanches : AIGLES. Les voilà donc, les fameux Aigles de l’équipe de foot américain de Chambéry. Enfin fameux… Relativisons, nous ne sommes qu’en troisième division du championnat de France et encore loin de l’effervescence que déclenche la NFL (championnat de foot américain) aux Etats-Unis. Mais, tout de même, les Aigles Chambériens, qui sont sortis de leurs coquilles il y a 17 ans et comptent aujourd’hui près de 150 adhérents, ont acquis au niveau régional une sacrée expérience et fini d’asseoir leur réputation. Et, en ce dimanche après midi, ils font planer sur ce petit bout de Savoie comme un léger parfum venu d’ailleurs. Une fragrance américaine.
Dieux du stade
Alors que les rouges et blancs répètent leurs phases de jeux devant quelques curieux, je traîne mes baskets du côté de la buvette. A l’accueil, Catherine, une dame brune au sourire aussi franc que son parlé, se lance dans une plaidoirie en faveur de son sport favori : « C’est un sport où il règne un véritable esprit d’équipe, une vraie solidarité sur le terrain et en dehors… Ici, vous allez découvrir le vrai fair-play. » Avec une étrange lueur dans les yeux, Catherine se fait même prophète : « De toute façon, ce sera le sport de demain en France parce que c’est ouvert à tous… » Retour vers le terrain où en effet, certains sont loin d’avoir la silhouette bodybuildée des dieux du stade. Plutôt réjouissant en ces temps ou l’uniformisation des corpulences semble formater le sport jusque dans les rangs les plus amateurs. Au moment où l’équipe adverse toute de blanc vêtue investit un bout de terrain afin de jogger à son tour, je m’installe à l’écart dans un coin d’herbe grasse et tente de comprendre, brochure du club en mains, les règles de ce sport qui m’est complètement étranger.
Le classico
Soudainement, je sens une ombre se pencher vers moi. « Tiens ! Tu t’intéresses au Foot US toi maintenant ? » Je reconnais Mathilde, une jeune chambérienne perdue de vue depuis au moins deux ans. Initiée au foot américain par son copain Alexis, un ancien joueur des Aigles, elle est désormais une inconditionnelle de l’équipe.
Elle fait même partie des Eagirls (contraction judicieuse des mots Eagles et girls), une équipe de sept filles qui pratiquent le Flag, sorte de foot américain version light où les contacts sont bannis. C’est donc à une spécialiste que j’ai à faire. Je profite de l’aubaine et lui colle illico aux basques, tout en gardant un œil attentif sur Alexis, histoire de parer à toutes embrouilles. D’emblée, Mathilde, qui ne peut contenir une certaine excitation en pensant à la rencontre à venir, m’annonce que j’ai de la veine. Car je vais assister à la confrontation entre l’équipe première des Aigles et les Falcons venus de Bron, éternels rivaux des Chambériens et leur actuel dauphin au championnat. Une sorte de classico donc, qui se révèle d’autant plus important que si les Chambériens s’imposent, ils accéderont directement aux Play Off, compétition que l’on peut comparer à la coupe de France et qui fonctionne sur un système identique d’élimination directe à chaque tour. Effectivement, j’aurais pu tomber plus mal.
Mais elles sont où les pom pom girls ?
Il est 15 heures, le ciel est limpide, le soleil bien présent, mais une forte brise souffle sur le parvis du stade. Le match va bientôt démarrer et j’ai beau chercher du regard autour de moi, il faut bien que je me rende à l’évidence : pas le moindre morceau de jupette de pom-pom girls en vue. Je suppose qu’il ne faut pas non plus compter sur une chanteuse locale débarquant au milieu de la pelouse et arrachant une partie de sa tenue pour nous dévoiler un sein, telle Janet Jackson en ouverture du Super Bowl 2004. Bien en ligne, les deux équipes se font maintenant face avant le coup d’envoi et les cinq arbitres se positionnent à leur tour. Le temps semble un moment comme suspendu. Dans un étonnant silence, c’est finalement une bonne centaine de personnes, agglutinées aux barrières, qui retiennent leur souffle. Accoudé à l’une d’entre elles, je me surprends à ressentir une étrange exaltation. Enfin, le coup d’envoi libère cette tension presque palpable que la foule évacue sous forme d’hurlements aussi primaires que libérateurs à la gloire des rouges et blancs : « Allez les Aigles ! Allez Chambé ! »
Quenelles vs tartiflette
Le jeu démarre et les Aigles ont le ballon. Les joueurs se déplacent extrêmement rapidement et tentent de percer le rideau défensif blanc. Vu d’extérieur, tout ça semble brouillon.
Les joueurs paraissent courir dans tous les sens sans réelle logique, même si j’imagine sans mal qu’ils obéissent en réalité à une technique bien huilée. Dans un coin du terrain, Catherine, qui a délaissé un moment sa buvette, s’échine à faire sortir des sons dissonants d’un clairon visiblement à l’article de la mort : « Pouet ! Allez les Aigles ! » Ça joue depuis à peine quelques secondes, quand, sur le premier choc, deux joueurs se rentrent dedans de plein fouet. L’impact est terrible. Le bruit sourd. Je mesure instantanément l’utilité de toutes ces protections, et notamment du casque. Quelques minutes plus tard, c’est le numéro 60 de Bron qui est à terre. L’arbitre principal gueule : « Médecin ! » en imitant à la perfection la voix du sergent instructeur dans Full Metal Jacket. Un des trois secouristes de la Croix Rouge postés là en attente bondit soigner le joueur rhodanien au bord du terrain. Allongé de toute sa longueur, au loin, dans sa tenue blanche, le malheureux me fait penser à une quenelle lyonnaise. Devant ce spectacle, je m’interroge ouvertement sur la dangerosité de ce sport, mais tout le monde autour de moi s’accorde à me répéter que ce n’est pas une discipline à risque, en tout cas beaucoup moins que son cousin germain, le rugby.
Le foot américain pour les nuls
Les phases de jeu s’enchainent et le spectacle est au rendez-vous, mais je n’y comprends pas grand-chose. Pour m’aider à y voir plus clair, Mathilde se lance dans une explication succincte des règles les plus élémentaires, sorte de football américain pour les nuls : « L’équipe qui attaque a quatre tentatives pour parcourir 10 yards (soit environ 9 mètres) avec le ballon. Si elle y arrive, elle peut continuer avec une autre tentative et ainsi de suite jusqu'à l’en but adverse. Si par contre elle échoue, c’est l’équipe adverse qui reprend le rôle d’attaquant. Il y a donc deux compositions différentes d’équipe : une d’attaque et une de défense. » Je crois comprendre aussi que chaque joueur a un rôle bien défini suivant les tactiques adoptées et que, contrairement au rugby, il n’y a pas besoin d’aplatir le ballon, il suffit de franchir la ligne adverse. Par contre, il y a quand même une similitude avec l’ovalie : les drops, (coup de pieds entre les poteaux) appelés ici field goal et qui rapportent trois points. Et puis, il y a le fameux quarterback, celui dont toutes les filles des lycées américains sont amoureuses et qui finit toujours par sortir avec la chef des pom-pom girls dans les séries pour ados. C’est un élément essentiel car il distribue le jeu. Pour le reste, il y a bien des histoires de lignes, de safety ou de receveur et autres subtilités, mais tout ça, à vrai dire, m’échappe un peu.
Touch down
15h20, le numéro 74, le kicker (je crois), profite d’une pénalité pour envoyer un shoot entre les poteaux (le fameux field goal) et marque les trois premiers points pour Chambéry. Le public, en liesse, applaudit à tout rompre. « Allez les Aigles ! Let’s go ! Let’s go ! » Dix minutes plus tard, le Quarterback savoyard est stoppé sur la ligne adverse. Il y a un temps d’attente pour savoir si le ballon a franchi la ligne. La foule invective gentiment l’arbitre. « T’es bigleux ou quoi ! » Au bout de trois minutes, le touch down est accordé. Chambé prend le large : 9 à 0. « Ouaaaiisss… Allez les Aigles ! Allez ! Let’s go Eagles !!! » Le numéro 17 des rouges et blancs, un certain Jojo, parait surexcité avant d’entrer en jeu. Il se retourne sans cesse pour prendre à témoin ses supporters : « Le grand là-bas, j’vais lui casser les dents ! » Il finit par entrer en jeu et va tamponner directement le joueur lyonnais. Quelques instants plus tard, on le voit revenir, boitant à mort. Il enlève son casque et le visage grimaçant, toujours au même groupe de supporters : « J’me suis fait une déchirure, j’suis fini. »
En terrain connu
Mathilde s’approche de moi et me désigne discrètement un grand black costaud monté sur un transformateur électrique. Caméra à la main, il filme le match sans en perdre une miette. Elle pense que c’est un espion à la solde d’un club concurrent, venu enregistrer le jeu chambérien. Ces fameux schémas tactiques que les coachs s’évertuent à mettre en place suivant le jeu développé. Le temps passe et les arrêts de jeu se multiplient, profitant de l’un d’eux, je m’approche d’un petit groupe d’ados en grande discussion et, tendant l’oreille, en vole quelques bribes. « Comment il a pu voir le smack alors qu’il avait un flag. Ben ouais ! Right, surtout que le mec fait un spire devant lui ! » Un véritable charabia, une langue étrangère presque, que j’imagine être assez proche du phrasé de certaines contrées québécoises (l’accent savoyard en moins) et qui, à son écoute une bonne partie de l’après-midi, me procure l’étrange sensation d’être plongé au cœur d’une peuplade lointaine. Un peu comme si je participais à l’émission Rendez-vous en terre inconnue, sans Frédéric Lopez et les lacrymales autochtones. En tout cas, c’est une peuplade des plus charmantes qui n’hésite pas un instant à voler à mon secours à la moindre expression interrogative que trahit mon visage.
Temps mort
Le vent froid redouble, Chambéry reprend le ballon et repasse à l’attaque. Même pour un novice comme moi, ça saute aux yeux : les savoyards dominent largement. Les Falcons, eux, semblent démobilisés et même déjà un peu résignés. De là où je suis, au milieu du bruit des casques qui s’entrechoquent, j’ai parfois l’impression de pouvoir distinguer, se perdant dans les airs, les plaintes des joueurs souffrant sous les coups… 16h00, l’entraineur de Bron discute avec l’arbitre à propos d’une faute commise par l’un de ses joueurs et même les plus fanatiques semblent un peu las d’un jeu qui s’est progressivement retrouvé saucissonné par les temps morts. « Putain… trois heures à discuter ! » 16h30, après une heure et demie de jeu, dont les dernières minutes m’ont paru aussi longues qu’un hiver sans tartiflette, c’est enfin la mi-temps. Et finalement, après enquête, le grand black s’avère être un simple badaud en goguette, filmant pour son plaisir. « Moi, un espion ? Mais non, j’suis de Belley ! » Mathilde semble presque déçue par la nouvelle. Quant à moi, giflé par le froid, traversé par des frissons permanents, j’ai la désagréable sensation d’être sur le point de choper la crève du siècle. Je préfère donc quitter le stade précipitamment.
Loge présidentielle
Dimanche 2 mai. Après plusieurs semaines passées soit fiévreux titubant soit cloué au lit, je suis de retour au stade Mager. Le nez planté dans le gazon, j’espère trouver dans de grands shoots à la chlorophylle une inspiration quasi-mystique qui m’aidera enfin à démarrer mon article. Le Granier est toujours là, au fond, mais finit par disparaître peu à peu dans les vapeurs d’un plafond nuageux extrêmement bas. Au moment où quelques gouttes de pluie finissent par tomber, je remarque un étrange défilé de voitures du côté du parking des vestiaires. En arrivant sur place, surprise : une bonne partie du staff des Aigles est là, à bavasser joyeusement. Visiblement heureux de me revoir, la petite troupe m’accueille avec une chaleur aussi sincère que touchante. Catherine, m’apostrophe, le visage souriant : « Alors, vous en êtes où de votre article ? » Heu… Profitant de cette rencontre inattendue, je demande audience auprès du président du club. Pierre Marmion me reçoit dans sa loge qui est, en fait, le vestiaire des arbitres. Dans ces locaux vieillissants aux murs beiges carrelés, ce quinqua à la bouille ronde et sympathique revient d’abord sur les bons résultats du club cette année et sa probable accession en division 2. Des succès selon lui indissociables d’un vent de fraicheur apporté par de jeunes joueurs depuis quelques saisons. « La création en 2004 d’une section junior a fini d’asseoir notre stature en apportant un gage de sérieux et a fait progresser de manière importante le club. D’ailleurs, aujourd’hui, 75 % des points marqués dans l’équipe séniors le sont par des joueurs passés par la case juniors. » Un vent de jeunisme bien salutaire, que l’on doit notamment à une campagne de rabattage aux portes des lycées, mais aussi tout simplement à un intérêt grandissant dans l’hexagone pour tous les sports à la saveur chewing-gum. Culture de l’entertainment, influence des jeux vidéos ou tout simplement soif de nouveauté sportive nourrie par Internet, toujours est-il que le nombre d’inscrits dans les clubs de foot US a explosé en France pour atteindre cette année le chiffre non négligeable des 20 000 licenciés.
A l’origine
Lui, on est sûr au moins que ce n’est pas internet qu’il l’a amené au foot américain. Emmanuel Doussot, qui vient de débarquer à son tour dans le vestiaire, est le co-fondateur des Aigles.
Alors qu’une odeur poivrée, si caractéristique du baume du tigre, envahit la pièce, il revient avec un certain amusement sur l’histoire du club qu’il a créé avec Sébastien Gaillard, il y a un siècle, il y a une éternité, il y a 17 ans. « A l’époque, on m’avait prêté un décodeur Canal +. Un soir, je tombe sur un match, Denver-San Francisco je crois. J’ai tout de suite accroché. Seb, lui, revenait de Londres où il avait baigné pendant un an dans la culture anglo-saxonne. Ça nous a pris comme ça. On s’est dit que ce serait génial de monter un club. Alors, on a posé des affiches en ville, mais on n’y croyait pas vraiment… » Pourtant, les deux loustics réunissent quarante personnes à leur premier entraînement. Pendant des mois, ces pieds-nicklés font du sport sans matos, ou presque, sans même de locaux. Ils se changent dans leurs voitures avant de se rendre compte qu’il suffisait d’une simple demande auprès de la mairie pour avoir la clef des vestiaires. « On était naïfs, c’est vrai, mais aussi animés d’une grande envie. » Elle est restée intacte jusqu’à aujourd’hui et l’esprit cool et familial des débuts a su traverser les années pour s’inscrire de façon quasi-génétique dans l’histoire du club. Pour le reste, c’est l’épopée classique d’un groupe qui a grandi échelon par échelon, jusqu’à devenir incontournable et souffler ses quinze bougies, il y a deux ans, en jouant devant plus de 400 personnes en transe.
Trouver de l’argent pour la course à l’armement
Mais réduire l’histoire contemporaine de ce club à une promenade bucolique le long de chemins fleuris sous un soleil infiniment radieux serait occulter de façon peu objective les nuages noirs qui pointent leur nez à l’horizon. Car le football américain est encore loin d’être considéré comme un sport de premier plan, surtout au moment de boucler les financements publics. « De toute façon, c’est simple, il y a quinze clubs qui font partie de ce que l’on peut appeler l’élite et qui, eux, sont soutenus financièrement par Chambéry Métropole. Nous, nous sommes aidés par la mairie chambérienne », m’apprend Pierre, au moment de quitter son maillot des Springboks pour enfiler sa tenue d’arbitre. Pour les premiers des enveloppes de plusieurs centaines de milliers d’euros par an tandis que les Aigles doivent se contentent de 1 600 euros. Une disparité flagrante et un manque de moyen qui risque de peser lourd aux vues des exigences de la FFFA (Fédération française de football américain) qui, se voyant déjà trop belle, a anticipé, sans doute un peu tôt, la popularité grandissante de la discipline. Dès la saison prochaine, la FFFA va imposer un cahier des charges aux contraintes administratives et financières trop lourdes pour la plupart des clubs. Une véritable course à l’armement qui met en péril des structures telles que Chambéry, mais aussi des clubs plus aguerris comme Thonon qui, bien que maintes fois titré et actuellement vice champion d’Europe, risque néanmoins de ne pas passer l’hiver.
United States of culture de masse
Plus tard, alors que le ciel est plus menaçant que jamais, deux matchs ont lieu simultanément. Au bout de dix minutes, les Aigles, royaux, mènent 7-0 face à Perpignan, en 8ème de finale des Play-offs. Visiblement, le 67 de Perpignan a mangé trop de paëlla. Les petits aiglons, eux, dominent Cannes : 8 à rien. (Fanny paye à boire). Soudain, une averse terrible s’abat sur nous pauvres pécheurs. Une fois de plus, je suis contraint de quitter prématurément le match. Mais je me promets de revenir bientôt. Quelques instants après, dans un fast-food de la zone commerciale Chamnord, je teste moi aussi l’American way of j’ai trop la dalle. Mordant avec délectation dans mon Big Mac, les doigts pleins de ketchup, je m’interroge sur ce projet de grand stade, dont m’a parlé Pierre Marmion dans l’intimité virile du vestiaire. Un stade en commun, à partager avec d’autres sports américains. Un projet privé, porté par un mystérieux investisseur canadien. Posé au milieu du centre universitaire de Technolac (à 10 km de Chambéry), il serait le point central d’un complexe plus important encore avec centre commercial, hôtels, restaurants, salles de muscu… et transformerait de manière définitive l’endroit en véritable campus décalqué sur les modèles américains. Tout ça, ce serait pour 2015, au plus tôt. Enfin, si ça se fait.
Troisième voie hybride
Dans Mainstream, le journaliste et sociologue Frédéric Martel, qui décortique le système de stratégie et de diffusion de la culture dominante, a cette phrase : « Chaque homme sur terre a deux cultures, la sienne et la culture américaine. » Espérons que les Aigles continueront, même dans les succès futurs qui s’annoncent, même dans le regard ambitieux des jeunes loups de l’équipe junior et même dans un futur où le foot américain gagnerait ses galons professionnels en France, à être un club qui cultive ses différences.
Un club ni totalement de culture américaine, ni totalement de culture française, mais plutôt d’une culture hybride, une sorte de troisième voie, faite de chaleur, de convivialité, d’humanité et de sourires édentés. Allez les Aigles ! Pouet !
Frédéric Delville
Photos : Magali Gaspard
Plus d'infos sur www.les-aigles.com et www.fffa.org
Le samedi 29 mai, un nouveau classico entre Les Aigles et Les Falcons pour la 1/2 finale des play-offs. Stade minicipal de Chambéry, 19h, 2 euros.


Commentaires
Mais avec le style relevé, piquant, incisif et drôle de Frédéric Delville, moi je dis :Youpi! pouet! tralala!
Un journaliste qui donne envie d'aimer le foot US! Pouet! pouet! pouet!
Let's go Mister Delville!
Julien
Ce sont des articles comme cela qui vont faire aimer le sport à ceux qui ne le pratiquent pas. MERCI. Let's Go les Aigles!
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