Leader du projet de sillon alpin, il rêve d’une ville unique de Genève à Valence. Mais Jean Therme est un Savoyard « fils de paysans ». Reportage dans son village de Saint Jean d’Arvey où une place vient de lui être dédiée…

Directeur du CEA-Grenoble (Commissariat à l’Énergie Atomique) ; directeur de la recherche technologique et directeur délégué aux énergies renouvelables au CEA-France ; membre de l’Académie des Technologies et de multiples conseils d’administration ; président du High Level Group «Key Enabling Technologies» à la Commission Européenne... Jean Therme a des journées bien remplies et n’a rien à envier aux politiques cumulant les mandats. Lui n’a jamais été élu, est inconnu du grand public et porte pourtant de lourdes responsabilités dans des domaines publics. Il est l'instigateur de Minatec (premier pôle européen pour les micro et nanotechnologies) et de l’urbanisation intensive du Sillon Alpin qu'il veut transformer en une grande ville lumineuse (voir notre article). Reste que ce Savoyard habite toujours dans son village natal de Saint-Jean-d’Arvey, sur les hauteurs de Chambéry.

Le mythe journalistique veut que là-bas, le week-end, il « monte sur son tracteur, fait les foins et protège ses moutons des attaques des lynx » (JDD, 5/07/2009). Pour vérifier cette légende et en apprendre un peu plus sur le personnage, La Voix et Le Postillon ont envoyé deux reporters sur place.


Bienvenue à Saint-Jean-d’Arvey. Sa vue dominant la cluse de Chambéry. Sa situation idéale, à moins de 10 kilomètres de la préfecture de la Savoie, déjà aux portes du bucolique massif des Bauges, surplombé par le charmant mont Péney. Ses vieilles fermes résistant au milieu de nombreuses constructions récentes. Ici comme ailleurs dans la région, les champs, forêts, et autres espaces agricoles subissent de multiples assauts immobiliers, principalement de la part de personnes plus ou moins aisées en quête d’un peu de nature à proximité de la ville. De 391 habitants en 1962, la commune est passée à 1422 en 2007. 

Le mythe de la ferme

Premier arrêt à la mairie, pour essayer d’avoir quelques renseignements. On salue la secrétaire et lui indiquons que nous cherchons la ferme de Jean Therme, le directeur du CEA-Grenoble... « La ferme ? C’est un bien grand mot. Allez-y, vous verrez que sa maison ne ressemble pas vraiment à une ferme. Elle est toute récente, avec une grande piscine... » Et la secrétaire de mairie de nous donner l’adresse. Arrivé devant, on constate la véracité de ses propos. Hormis un tracteur stagnant dans la cour, et une petite dizaine de moutons pâturant non loin, l’ensemble ressemble davantage à une nouvelle maison bourgeoise, au gazon tondu bien ras et à la cour impeccablement rangée, qu’à une bâtisse de paysans. Si les différents articles à la gloire de Jean Therme avaient parlé des « panneaux solaires » de cette « maison à énergie positive », aucun n’avait évoqué cette grande piscine qui pourtant saute aux yeux. A croire qu’elle ne correspond pas tout-à-fait au mythe du « gentleman farmer » que ce « fils de paysan » a voulu construire. 

Ni le boulanger, ni le postier, ni la coiffeuse, ni le vendeur de la supérette ne connaissent Jean Therme. La pharmacienne le voit seulement deux-trois fois par an. Bigre. On venait se renseigner sur une star, « connu, respecté, écouté, y compris à Paris » (Acteurs de l’Economie Rhône-Alpes, 11/2009) influente en Europe ; et on se rend compte que les commerçants de son village ne le connaissent pas ou très peu. Déception. Une native du village, nouvellement réinstallée, nous confirme qu’il est très discret sur ses terres, que les nouveaux habitants de Saint-Jean-d’Arvey n’entendent jamais parler de lui et qu’elle le connaît car son mari travaille à STMicroélectronics. « Nul n’est prophète en son pays », philosophe-t-elle.

Un enfant du village 

L’aubergiste, installée pourtant depuis seulement trois ans, le croise régulièrement. « Il vient manger quelquefois et je le vois parfois passer en tracteur. Et puis certains soirs, j’héberge son chauffeur. » Ah bon, Jean Therme a un chauffeur ? « Oui, il en a un à Grenoble, qui vient le chercher le matin et le ramène le soir. Quand celui-ci est en vacances, c’est son chauffeur de Paris qui descend et qui, du coup, dort à l’auberge. » Pour information, du CEA-Grenoble à Saint-Jean-d’Arvey, il y a 66 kilomètres et, même en prenant l’autoroute, on met au minimum 50 minutes pour les parcourir. Ce qui fait faire au minimum 264 kilomètres par jour au chauffeur « grenoblois » de Jean Therme. Un gros bilan carbone pour quelqu’un qui se vante avoir «compris qu’il fallait préserver la planète à 19 ans en lisant le rapport du Club de Rome » (JDD, 5/07/2009). A part ça ? « C’est quelqu’un de discret et très gentil », conclut l’aubergiste. D’autres villageois rencontrés sont du même avis. Eux le connaissent parce que c’est « un enfant du village ». « C’est un super gars, nous assure un de ses proches voisin. Ce n’est pas un paysan, mais il coupe son bois, et, des fois, il s’occupe un peu des champs à côté. » Et vous savez ce qu’il fait comme métier ? « Ah non ça je ne sais pas. On n’en parle jamais ».

Un ancien militant antinucléaire

Voilà en gros la position de plusieurs « anciens » rencontrés. Ils le connaissent, lui « le fils à Jojo », « le beau-frère à Dédé », le croisent quelquefois, le trouvent « sympa », mais n’ont aucune idée de ses responsabilités. « Il est gentil Jeannot, nous assure un jeune retraité en train de découper une truite. Il est resté très simple, discret, tout le monde dans le village l’aime bien. Ce qu’il fait ? Je ne sais pas, des fois il passe à la télé, c’est quelqu’un d’important. » Un peu plus loin, un marcheur nous dit « bien le connaître. Je le vois souvent se balader le soir, le long de la route avec un bâton. C’est le bâton qu’avait son père. C’est une tronche, il a même un chauffeur qui l’amène et vient le chercher. (…) Je crois qu’il travaille dans les technologies, dans l’énergie atomique mais moi je ne peux pas vous dire, j’y connais rien. En tout cas, je sais qu’à l’époque il était allé à la manifestation à Creys-Malville, contre la centrale ». La bibliothécaire confirme : « Je crois qu’il est directeur ou quelque chose comme ça, mais on ne parle pas de ce qu’il fait, on parle de la famille. »

Une activité professionnelle cachée

Ainsi, lui qui a fait des centaines de présentations, powerpoint et réunions pour convaincre des milliers de personnes du bien-fondé de Minatec et Giant, ne parle jamais de tout ça à ses voisins et ses amis d’enfance. S’il n’évoque pas avec eux son activité professionnelle et ne leur expose pas ses rêves de métropole lumineuse, c’est peut-être parce qu’il sait qu’eux ne feront pas partie de ceux qui « auront gagné » quand ce rêve se réalisera. Eux qui ont une vie moins proche de la sienne que de celle de son père « paysan et distillateur savoyard ». « C’est le dernier homme libre que j’ai connu », confiait-il à Acteurs de l’Economie Rhone-Alpes (11/2009). Et effectivement, avec tout ce qui sort des laboratoires (du CEA, de Minatec et des autres), des caméras de vidéosurveillance dernier cri aux puces RFID, des nanocapteurs aux téléphones portables « GPS intégré », plus personne ne pourra être libre comme pouvaient l’être, à leur manière, certains paysans du XXème siècle.

De sa maison, Jean Therme a une vue magnifique sur une belle forêt et de petites collines. Quelques constructions de-ci, de-là, mais presque rien. Quasiment exclusivement de la nature. En tout cas, il ne voit rien du « ruban technologique de Lausanne à Valence (…) illuminé de manière continue » qu’il promeut pour « attirer les investisseurs ». Ici, c’est un petit paradis, loin des autoroutes, des lignes ferroviaires, des grandes tours, des nouveaux quartiers high-tech, et de tout ce qu’il faut pour bâtir la métropole compétitive chère à Jean Therme. Et qu’il habite ici laisse à penser qu’il fuit  le week-end tout ce qu’il construit la semaine.

Une place pour Jean Therme

Certains ont donc estimé qu’il fallait que les habitants de la commune connaissent d’avantage l’œuvre de leur prestigieux concitoyen. Et le  9 juillet dernier, une trentaine de personnes – dont quelques habitants de la commune – ont assisté à l'inauguration de la place Jean-Therme à Saint-Jean-d'Arvey, encadré par un important dispositif de sécurité de la gendarmerie. Sur les 300 personnes invités par courrier, seul le maire du village a  fait une brève apparition avant le début de la cérémonie qui visait à rendre hommage à « l'enfant du pays qui incarne mieux que quiconque les valeurs de l'innovation, du progrès et de la marche avant ». A l'origine de cette inauguration de place se trouve l'association Alpes innovation qui se bat depuis 2005 pour que le village savoyard rende hommage à son illustre habitant. Au même titre que nos confrères savoyards, nous faisions partis des invités.

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Cette inauguration était bien sûr une action potache menée par des citoyens Dauphinois et Savoyards visant à dénoncer l'emprise croissante de la techno-science sur nos territoires à travers le projet de Sillon Alpin. Un événement néanmoins annoncé par l'hebdomadaire savoyard La Vie Nouvelle qui n'a pas vu la supercherie et a présenté dans ces colonnes qu'il s'agissait ni plus ni moins d'un hommage de la commune de Saint-Jean-d'Arvey…

Le Postillon, avec Pierre-Emmanuel Desgranges

 

Commentaires  

 
+2 #34 Nico 17-08-2011 12:20
Ah là là, les bobos-écolos-régionalistes sont drôles à lire ... Quand la France sera réduite à un grand parc touristique que viendront visiter les riches chinois ils pourront leur vendre du fromage de chèvre en toute bonne conscience. Les autres pointeront au RSA en se réjouissant que le grand capital ne les ait pas corrompu ...
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0 #33 Aymon 15-08-2011 15:08
Au temps pour moi les vacances et le décalage horaire ne me réussissent pas, au contraire votre idéologie supprime les lobbies sur l'état je voulais parler d'organisation de type cartels bien entendu. Les lobbies se créeraient sur les groupes privés. L'erreur de sémantique ne change pas le problème.
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0 #32 Aymon 15-08-2011 13:28
Vous voulez donc laisser les lobbies diriger le monde, plus qu'ils ne le font déjà.
Ceux (groupes privés) qui ont le plus d'argent et le plus de pouvoir vont imposer librement leur vision économique du monde et leurs désidératas aux simples quidams, parce qu'il n'y aurait pas de contrôle des États. Quelle avancée !

ça ressemble au libéralisme vu par les capitalistes aux dents longues. "Pas de contrôle, le système est parfait" en substance ça revient à cela. On voit bien où l'on en est aujourd'hui, de cette absence de contrôle.
Les États sont sans nul doute trop intrusifs dans certains domaines et pas assez dans d'autres, mais cette quasi anarchie que vous défendez est un fabuleux non-sens. Le résultat serait l'exact contraire de celui espéré, car il ferait le jeu des lobbyistes.


La technologie a apporté des avancées sociales et des reculs, elle est peut-être un peu trop défendue parfois, mais ce ne sont pas des idéologies lapidaires qui apporteront des réponses.
Quand l'aspirateur ou la machine à laver libèrent dans les années 50 la femme de la pénibilité des tâches c'est une avancée sociale, qui a participé à tendre vers une égalité des sexes.
Par contre, quand on invente des caisses automatiques qui vont libérer les magasins de leurs contraintes salariales, c'est un recul.

On est donc dans le cas par cas, l'universalisme et la pensée unique, ça n'a jamais marché pour juger un domaine ou une action.

Il n'y a pas à dire si l'investissement d'état est bien ou mal, ce n'est pas RM qui va fixer le baromètre du bien penser dans les quelques 200 états du monde.
L'investissement de l'État dans TOUS les domaines est un état de chose.
Il est parfois mal réparti, partisan et intéressé. C'est vrai, mais l'anarchie, la faillite de l'État dans son devoir de protection économique et social et donc la lobbyisation ne sont pas des réponses.
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-1 #31 RM 25-07-2011 07:42
Oui, c'est ça, je pense qu'aucun domaine en particulier ne doit être aidé par l'Etat, ce que l'Etat doit faire, c'est fixer les prix et les salaires dans un souci d'égalité, pour le reste, il ferait mieux de s'abstenir, n'ayant en fait aucune forme de compétence particulière pour intervenir d'une façon réellement utile. C'est effectivement mon opinion, et si je m'acharne contre la technologie, c'est parce que c'est le sujet que nous abordons depuis le début, et qu'il est patent que l'Etat y investit. Or, cela correspond à une forme de culte, de superstition, qu'a exprimée indirectement Mitterrand, par exemple, comme je le montre ici : http://remimogenet.blog.tdg.ch/archive/2011/05/17/78148135bb0fd76c8bf25d54184f9df1.html . Mis à part ça, j'utilise bien la technologie, je n'ai pas dit que c'était mal de l'utiliser, ce n'est pas parce que l'Etat n'a pas à investir dans le domaine que c'est mal de l'utiliser, l'Etat n'a pas à intervenir dans tout et partout, ce n'est pas Dieu. L'Etat est la garantie des droits des citoyens, mais pas de leur salut. Les machines qui vont sauver l'homme de sa condition, c'est du flan, et l'Etat se sert de cette idée plus ou moins clairement partagée (et qui est, au moins, discutable, si on ne croit pas que c'est "du flan") pour imposer ses choix en faveur de la technologie et de l'industrialisation. Je l'en désapprouve.
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0 #30 Aymon 24-07-2011 20:49
Je ne comprends toujours pas pourquoi vous visez particulièrement la technologie, vous en utilisez certaines de gré j'en suis sûr.
Là dans votre commentaire vous ne faites pas que reprocher l'investissement de l'état, vous vous acharnez contre un domaine d'ailleurs vaguement défini "la technologie" c'est quoi? Vous êtes dans le pathos avec ça.

Si je vous suivais, et par principe d'équité, je dirais alors qu'aucun domaine ne doit être aidé par l'état (culture, écologie, technologie numérique, industries, enseignement, transports etc.).
Je laisse à chacun en apprécier les conséquences.
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0 #29 RM 24-07-2011 12:04
Non, les élèves ne demandent pas d'utilisation de la technologie, c'est une idée de la hiérarchie qu'il faut les baigner dans la technologie afin qu'ils s'y habituent et s'apprêtent à vivre dans le monde moderne de façon productive. Mais quoi qu'il en soit, je crois qu'il y a une vraie fascination pour la technologie, même quand elle n'est pas réellement utile. Il y a une fascination pour les moyens nouveaux que permettent les machines, même quand en réalité on n'a aucune idée de la façon dont on pourrait employer utilement ces moyens. Les films et livres de science-fiction manifestent cette fascination de façon claire. Ce ne sont pas des films et des livres qui ne connaissent aucune forme de succès, n'est-ce pas. Discuter de la réalité de cette fascination de la machine et ce qu'elle permet n'a pas beaucoup de sens, elle est patente. La conquête spatiale fascine, et on est obligé d'inventer des possibilités d'application dans la vie ordinaire pour la justifier ; mais elle fascine d'emblée. Il y a un fétichisme réel, autour des machines. Ce sont les nouveaux fétiches, et l'Etat nourrit cette forme de religion nouvelle par ses investissements en leur faveur et en défaveur, par exemple, de la poésie. On voit des films comme "Transformers" qui montrent des machines ayant le rôle des dieux, et, alors que ces films connaissent un grand succès auprès du public, on veut faire croire que les machines ne plaisent aux gens que parce qu'elles permettent d'appeler rapidement au téléphone sa vieille mère quand elle est malade, ou de se rendre plus rapidement à son travail, conformément aux demandes de son patron. Ce n'est pas sérieux. Si les machines étaient aussi utiles qu'on le prétend, les dons privés suffiraient à nourrir les investissements nécessaires. Mais il s'agit ici de nourrir des illusions, sur ce qu'elles peuvent réellement faire, par simple besoin de rêver, ou alors pour que l'Etat ait les moyens de s'imposer sur la scène internationale. Car ce n'est pas par la bonté et le génie de ses chefs, qu'il s'impose, comme on le fait croire, mais par la puissance des machines dont il dispose, notamment par le biais militaire. C'est en tout cas mon avis.
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0 #28 Aymon 24-07-2011 10:16
Ah les technophiles, je me demande d’ailleurs s'ils sont attirés par la technologie en soi ou piégé par la mercatique qui emballe le paquet.

La plupart des gens ne sont ni dans la catégorie des technophiles ni celle des technophobes. C'est pour tous les sujets pareils, il ne s'agit pas de savoir s'ils sont bon ou mauvais, mais la place qu'on leur accorde.

Citer :
Même sur le plan économique, l'obsession de la technologie laisse réellement en arrière ceux que la technologie n'intéresse pas, elle ne leur fournit pas de travail, et donc pas de revenus.

Les simples utilisateurs de la technologie, en général, n'en tirent pas de travail mais une aide dans leur travail et donc indirectement des revenus.
Si la technologie apporte un confort réel et une souplesse dans un métier pour soi ou pour les personnes concernées, je trouve particulièrement idiot de se refuser à l'utiliser. Si ce n'est qu'un artifice, évidemment, c'est une autre question.

Dans votre cas, c’est un peu particulier, ces fonctionnaires traduisent sans doute les demandes des étudiants.
Peut-être que pour eux c'est utile d'avoir un support de cours par exemple. Si vous ne voulez pas fournir un support de cours numérisé, c'est normal, si vous voulez utiliser votre cours pour faire un livre par exemple.
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0 #27 RM 23-07-2011 08:18
De toute façon, je n'ai pas non plus défendu l'idée que les investissements d'Etat devaient être supprimés du jour au lendemain, mais qu'il fallait y tendre, pour plus de démocratie, et de liberté sur le plan culturel - afin d'éviter l'espèce de culte qu'on voue aux machines, l'obsession qu'elles créent, et les illusions liées aux progrès techniques. Même sur le plan économique, l'obsession de la technologie laisse réellement en arrière ceux que la technologie n'intéresse pas, elle ne leur fournit pas de travail, et donc pas de revenus. Dans mon métier d'enseignant, je suis face à des fonctionnaires qui me mettent en demeure d'utiliser la technologie dans mes cours, et je trouve que c'est anormal.
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0 #26 Aymon 22-07-2011 23:18
Je ne crois pas qu'une richesse provenant de la dette et fondée et sur une économie virtuelle soit "naturelle". Mais c'est un autre sujet, qui n'exclue pas que le principe que vous aviez mis en avant n'est pas général.

Je vous ferais en outre remarquer que je n'ai pas évoqué ni soutenu l'investissement "massif", mais l'investissement de l'état diversifié contre l'absence d'investissement de l'état. Vous semblez essayer de faire glisser ce que j'essaie de dire.

Mais je le concède et le défends, les états centralisés ont une tendance naturelle et structurelle à avoir des entreprises d'État plus grosses et donc plus chères (encore qu'on ait pas calculé la somme des entreprises locales des états fédérés).


@ Cerf volant: Et oui c'est peut-être déplorable mais c'est ainsi, je ne donne pas un avis je constate. Le monde est en compétition, et ce n'est pas en étant isolé et hors jeu qu'on infléchit le jeu, ou je ne vois pas comment et vous avez une idée géniale que les 200 dirigeants des pays du monde n'ont pas ?
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0 #25 RM 21-07-2011 11:59
Les sciences, en soi, ce n'est pas l'économie. Mais quoi qu'il en soit, même les universités et laboratoires de recherche sont plus libéralisés aux Etats-Unis. La part d'investissement dans les sciences prend sans doute en compte le secteur militaire et spatial. Pourquoi le cacher, l'Etat en France investit surtout dans l'aéronautique et le nucléaire, pour les mêmes raisons. Mais les Etats-Unis ne sont pas un exemple à suivre. Contrairement à ce qu'on a cru en France parce qu'on rêvait de rivaliser avec eux. La preuve en est que les Etats-Unis n'ont pas besoin de centraliser tout l'Etat pour nourrir leurs programmes militaires, tandis que la France en a besoin. Sinon, de quel capital en France pourrait-on disposer ? L'activité économique n'est d'elle-même pas assez rentable. La centralisation est le moyen d'y remédier. En France, de soutenir le fédéralisme et l'investissement d'Etat massif dans la technologie reste donc contradictoire. Pour rivaliser avec les Etats-Unis, dont la richesse est spontanée et naturelle, tous les autres pays qui cherchent à le faire uniformisent et centralisent : Union soviétique, Chine, et France.
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