Deux jours après l’impressionnante mobilisation dans le Val di Susa contre le projet de TGV Lyon-Turin, voici la vidéo de cette manifestation où les NO-TAV ont tenté de prendre d'assaut le site de la Maddalena.
Après l'interruption provisoire du chantier du TGV Lyon-Turin suite à sa tentative de prise d'assaut par les militants No-tav lors de la manifestation du 3 juillet dernier, les travaux ont depuis repris sous une étroite protection. 2 000 policiers sont mobilisés pour permettre le percement de la galerie de la Maddalena. Selon la coordination No-Tav, le dispositif militaire mis en place contre l'opposition populaire coûtera 868 millions d'euros pour 56 mois de travaux, soit deux fois plus que la valeur du financement de l'Union européenne qui s'élève à 417 millions d'euros. Et ce alors que les travaux de la galerie de la Maddalena à proprement dit ne coûterait que 143 millions d'euros. En extrapolant pour les quinze années de travaux de prévues pour la construction de ce tunnel de 57 km, la coordination No-Tav annonce un coût de 2,79 milliards d'euro pour la défense militaire du chantier. Du côté du gouvernement italien, le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, reste ferme : « je confirme que cette infrastructure sera réalisée et que les mesures de sécurité seront garanties ».
Après un premier compte-rendu, avec photos et bandes son enregistrées en direct, La Voix vous propose maintenant un reportage vidéo du cortège qui s'est élancé de Giaglione. Une manifestation qui a réuni plus de 70 000 personnes et qui s'est achevée, après plusieurs heures d'affrontements, par 200 policiers et 233 militants No-Tav blessés.
Interview : Frédéric Delville
Image et montage : Mikaël Chambru


Commentaires
Determinazione e resistencia contro il Tav.
Tav : No Passaran !
Solidarité internationale .
Tous a Val Susa !
Alors pourquoi ce silence sur la galerie pharaonique du tunnel routier ?
Bien sur, 110'000 personnes habitants le Val Susa ont des actions au Tunnel du Fréjus! Ah Ah Ah!
la priorité, c'est le doublement du Fréjus en cours ou les Notav sont totalement silencieux. Ils ont peut-être des actions des sociétés d'autoroutes ?
Ça se voit que tu n'es pas sur Suisse. L'UE a expressément demandé à la Suisse ce tunnel.
Pour le Val Susa, quand on t'attaque, toi ou ta famille (des enfants) tu reste sans rien faire, surtout si tu es chez-toi et qu'on vient te détruire ton pays?
Pour les photos, on ne doit pas regarder les mêmes site, face-book est plein de photos et vidéos ou l'on voit bien que les flics balancent de tout, mais surtout les lacrimo à hauteur d'homme, et en plus un gaz interdit lors des guerres! Ils y utilisent chez-eux. Ah ah ah.
Et puis dire que les no-tav sont pour les tirs et plus de trafic routier, c'est un peu débile. Pour le moment, la priorité c'est la Tav, on les a déjà bafoué avec l'autoroute, la coupe est pleine.
L'UE qui oblige la Suisse, alors qu'ils ne sont même pas dans l'Europe. et quoi encore, plus c'est gros, plus ça passe ?
Et encore du lavage de cerveau. les gaz lacrymo ont été lancés par la police en réplique des pierres lancées par les NOTAV ( voir photos sur tous les sites).
Que devaient-il faire ? attendre les premiers morts ?
Quand à l'eurovignette ou au magot des autoroutes, on n'a jamais rien vu sur un site ou sur une panneau d'une manif notav. toujours que contre le tgv.
Les Suisses ont fait le tunnel parce que l'UE les a obligé. D'ailleurs l'UE exigeait un tunnel routier, et les Suisses ont insisté pour faire un ferroviaire. (propos entendus de la bouche de Couchepin ou de Ogi, je ne me souviens plus très bien, lors de la jonction du tunnel)
Et les Suisses sont bien contents de récupérer la taxe poids-lourds, taxes qui ne pourraient pas être mise en place en UE.
Je ne vois pas le rapport avec Sarkosy, à Suse ils ne votent pas pour lui, il me semble.
Et puis bordel, ils sont chez-eux, ils peuvent et ont le droit de décider oui ou non de ce qui passe chez-eux que l'idée soit bonne ou mauvaise.
Je m'en vais construire un tunnel dans le terrain des pro-tav pour voir si ils vont être contents.
Dans tous les cas, il n'y a pas de sous pour ce tunnel, ni en Italie, ni en france, ni en Europe.
C'est bien vrai que les pro-tav sont passés maîtres dans le lavage de cerveau. La preuve, pas un savoyard qui se bouge! Pas de manifestation pendant qu'à Suze ils se prennent les gaz lacrimo et les pierres dans la gueule. (oui, ces abrutis de policiers s'amusent à tirer n'importe quoi, pourvu que ça fasse mal)
Et les No-TAV parlent aussi du magot des autoroutes et du tunnel, c'est pour ça qu'ils ne veulent plus que l'argent servent à enrichir les riches!
Il n'y a pas besoin de faire partir des camions alors qu'on pourrait mettre les remorques sur les wagons qui seraient récupérés en local par des tracteurs. Mais les pro-tav ne savent pas arriver jusque-là, ils sont trop occupés à défendre les intérêts des gros groupes financiers.
Réponse aux affabulateurs
Le peuple Suisse a voté la construction des NFLA (tunnels ferroviaires du Lotsberg, du Saint Gothard) pour réduire LEUR trafic de transit de moitié (à 650 000 poids lourds), et ainsi embellir leurs vallées, mais certainement pas pour récupérer le trafic des autres pays.
Pendant que les notav sont passés maitre du lavage de cerveaux, les Suisses pendant ce temps-là, visitent en masse le chantier du Saint Gothard
http://www.alptransit.ch/fr/news/article/2011/05/28/1800-besucher-am-tag-der-offenen-baustelle-in-biasca/
A quoi reconnait-on un NoTav (ou un Sarkozyste):
- jamais un mot sur le deuxième tube du tunnel routier du Fréjus
- jamais un mot sur le magot des autoroutes (+ 1.5 Milliard d'euros de bénéfice en 2010 en pleine crise)
- jamais un mot sur la redevance poids lourds qui pénaliserait le transport routier et favoriserais ainsi la production locale
Grace à eux, Sarkozy aura bientôt quelques milliards de plus pour faire son Grand Paris.
Réponse à quelques argumentocs
« Ce projet est nécessaire pour désengorger les vallées savoyardes »
C’est complètement faux, et pour de nombreuses raisons (1) : A l’échelle européenne, les tunnels suisses récemment construits (Lötschberg et St-Gothard) et d’autres nouvelles liaisons ferroviaires (Angleterre-Italie via Bâle par exemple) vont capter une part de plus en plus importante du fret qui transite actuellement par les vallées savoyardes. D’autre part, il serait beaucoup moins cher (un milliard d’euros au lieu de vingt à vingt-cinq milliards), de moderniser la liaison ferroviaire existante Ambérieux-Fréjus, qui pourrait alors absorber la totalité du fret actuel passant par les tunnels routiers savoyards.
« Le chantier va créer de l’emploi en Maurienne »
Quel genre d’emplois ? Tunneliers, conducteurs de camions, et autres travaux pénibles et temporaires du génie civil... Être employé à détruire son propre territoire, est-ce vraiment souhaitable ? Il y a de sots métiers et de sales boulots. « Avoir du travail » n’est ni une valeur en soi, ni un argument politique valable. Les italiens du Val de Susa, qui s’opposent massivement au projet depuis vingt ans, n’ont pas cédé à ce chantage à l’emploi. Ils et elles continuent à affirmer que la beauté de leur vallée, que leur qualité de vie, n’est pas négociable.
« Il faut être réaliste : comment on fait, maintenant, avec ces flux de marchandises ? »
Ces flux de marchandises existent parce que nous leur avons donné les moyens de traverser les Alpes plus vite, pour moins cher, à de plus en plus d’endroits. Vingt millions de tonnes par an circulent aujourd’hui sur les camions en Savoie, mais le projet Lyon-Turin permettra d’en transporter quarante millions : l’objectif n’est donc pas de réduire le trafic mais bien de l’augmenter. Dans sa logique d’emballement, le capitalisme ne mettra pas sagement les camions sur les wagons, mais profitera de cette infrastructure pour faire circuler encore plus de marchandises : nous aurons à subir le train ET les camions. Il faut être réaliste, oui : creuser un nouveau tunnel, c’est faire un cadeau de vingt milliards d’euros d’argent public aux grosses entreprises de BTP, pour que le système industriel dans son ensemble puisse continuer à gaspiller de l’énergie, à pourrir nos vies et à dévorer nos espaces.
« C’est un projet écologique, le train c’est moins pire que les camions »
Le percement du tunnel principal (53 kms de long) implique dix à quinze ans de circulation de camions chargés de déblais, notamment de roches contenant de l’amiante et de l’uranium. Les descenderies de reconnaissance creusées en Maurienne ont déjà modifié les écoulements d’eau dans la montagne, par exemple à Villarodin-Bourget. Le train n’émet pas de gaz d’échappement, certes. Il ne pollue pas sur place, mais ailleurs et autrement : au fait, comment est produite l’électricité pour le propulser ? Faire traverser les Alpes à des millions de tonnes de marchandises chaque année représente une dépense d’énergie colossale. Cela n’est pas, et ne sera jamais « écologique ». Le problème n’est pas les camions, c’est bien le transport. Pourquoi, au fait, toutes ces marchandises traversent-elles les Alpes ? Au profit de qui ? Si ces millions de tonnes qui circulent nous rendaient plus heureux, ça se saurait non, depuis le temps ? Reporter le fret des camions sur le rail, c’est repeindre en vert l’absurdité capitaliste. C’est « gérer les nuisances » au lieu de les supprimer. C’est, de « moins pire » en « plus efficace », accompagner la destruction durable de nos vies et de nos territoires.
« Les opposants sont contre tout, que proposent-ils ? »
Et les défenseurs du projet, que proposent-ils donc ? Sacrifier le Val de Susa et la Maurienne à quinze ans de poussière et des millions de mètres cubes de déblais, pour que leurs habitant.e.s puissent ensuite y voir défiler toute la journée des containers sur des trains, content.e.s de contribuer ainsi à la sacro-sainte circulation des marchandises d’une Europe résolument moderne : capitaliste, compétitive et écologique. Habitant.e.s désormais un corridor industriel entre les usines du nord et les ports du sud (et vice-versa), se consolant sans doute d’un « avant, avec les camions, c’était pire ». Avec quelques services publics en moins, parce qu’évidemment il n’y a plus d’argent dans les caisses, le tunnel a coûté plus cher que prévu... mais quand même, quelle fierté, c’est le plus long d’Europe et « le chantier du siècle » !
Face à cet enthousiasmant projet de société, pas besoin d’aller chercher très loin pour trouver mieux.
Et si on relocalisait la production, au lieu de faire fabriquer l’essentiel et le superflu à l’autre bout du monde à « moindre coût » financier, mais au prix du désastre écologique et social ?
Et si on s’inspirait des italien.ne.s du val de Susa, qui à travers leur lutte contre le projet (2) réinventent la cohésion de leur vallée et défendent la convivialité, la lenteur, et une certaine idée du vivre-ensemble ?
Ni camions, ni wagons. Habitons nos vallées et résistons !
Quelques habitant.e.s des Alpes, février 2011 contact : notavgrenoble
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