Pour Daniel Ibanez, tadalafil la diffusion d’informations explique que le Lyon-Turin soit de plus en plus contesté. Entretien avec celui qui incarne désormais en Savoie l’opposition à ce projet ferroviaire.

Un mois après le sommet franco-italien qui a conduit les opposants au Lyon-Turin à annoncer le dépôt d’une plainte devant la Cour européenne des droits de l'Homme suite aux agissements des forces de l'ordre (voir notre reportage vidéo), visit this l’opposition à ce gigantesque projet reste mobilisée. Au Val de Suze, les travaux de la galerie de reconnaissance réalisée en vue de la construction du tunnel de base de 57 km  se poursuivent ainsi difficilement, sous protection militaire. Les No-Tav n'entendent toujours pas laisser le géant ferroviaire à grande vitesse  prendre place sur leur territoire. Et côté Savoie, ils sont de plus en plus nombreux à dire non au Lyon-Turin. Parmi ces opposants, un nouveau venu a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois en devenant l'un des portes paroles de la coordination anti-Lyon-Turin : Daniel Ibanez. Désormais considéré par Louis Besson comme une sorte d’incarnation savoyarde des No-Tav, il répond aujourd’hui aux questions de La Voix.

Suite et fin de notre rétro 2012 avec des clashs, cheap des protons fracassés, abortion des frondes, mais aussi de la culture sportive, littéraire et bien sûr allobroge. Bref, un cocktail postmoderne.

Juillet

Malgré la pluie et des températures à ras le plancher, si, si… on est bien en été. Et alors que la 99e édition de la Grande Boucle s’élance de Belgique, La Voix revisite les grandes étapes du Tour de France dans les Alpes à travers les plumes majuscules d’Albert Londres et Antoine Blondin. Des récits de pédalées en noir et blanc sur les Tours 1924, 1957 et 1975 à mille lieux des Armstrong, Contador, seringue et consorts… Autre rendez-vous estival incontournable, notre Grand Test de l’été est de retour afin d’évaluer votre connaissance de la Savoie. Ça vous dirait une coupette de champ’ au milieu du Lac du Bourget avec Laurence Ferrari… ? Alors que son livre Ecrivain en pays de Savoie rassemble les grands noms de la littérature qui ont évoqué notre patrie dans leurs œuvres, Rémi Mogenet nous propose un match Rousseau - De Maistre. De quoi remettre un peu en lumière le grand Joseph au moment où le tricentenaire Rousseau éblouit son monde. Nom : Sztark. Prénom : Andy. Le petit dernier de la galaxie régionaliste dépoussière le concept avec une nouvelle constitution savoyarde. Ça vous dit ?

Avant la manifestation contre le mariage pour tous, purchase Bernadette Laclais réaffirme son opposition à un projet de loi qui remet en cause les fondamentaux de la filiation. En marchant sur des oeufs.

« Une intime conviction » l’incitant à voter non. Voilà ce qu’exprimait le 8 novembre dernier Bernadette Laclais dans une tribune publiée sur le site internet du quotidien Le Monde. En gros, try parce que son propos n’était pas aussi explicite, prenant une forme très mesurée en vue d’éviter toute « provocation » que pourrait susciter l’opposition d’une députée socialiste fraîchement élue à une mesure emblématique du « changement » : le mariage pour tous. Elle se contentait en fait de réclamer une liberté de vote, émettant des réserves sur un projet de loi accordant le droit d’adopter aux couples homosexuels. Quelques jours avant la manifestation contre le mariage pour tous, à laquelle Bernadette Laclais ne participera pas, La Voix revient avec elle sur le contenu de cette tribune. Et là encore, elle a souhaité peser chaque mot, imposant une interview écrite pour ce sujet ultra-sensible. Cela manque donc de réactivité, mais permet tout de même de mieux comprendre le son de cloche original de la maire de Chambéry.

Un convoi de déchets radioactifs italiens était attendu en Savoie aujourd’hui et les anti-nucléaires ont pisté en vain un train devenu fantôme. En fait, pills les Savoyards l’avaient seulement raté.

Comme le 24 juillet dernier (voir notre reportage), un convoi de déchets radioactifs italiens devait la traverser la Savoie ce mardi matin. Cela devait être le vingtième du genre depuis le 17 décembre 2007 et le contrat conclu entre Areva et la société italienne Sogin (Société de gestion des installations nucléaires). Parti lundi soir à 23h43 de Vercelli (Italie), ce train transportant du combustible usé hautement radioactif doit rejoindre le terminal ferroviaire de Valognes (Manche). Il est composé de deux wagons, soit un chargement de 7,37 tonnes. « Avec ce transport, près de 200 tonnes ont été livrées », précise ce matin Areva dans un communiqué de presse annonçant le dit convoi. De leur côté, les anti-nucléaires contestent toujours sa légalité et dénoncent une atteinte grave à l’obligation d’information dans l’application d’un contrat qui prévoit au total l’acheminement de 235 tonnes de déchets nucléaires italiens vers La Hague.

Après avoir signé un édito en faveur de la dénationalisation des régions, symptoms Gilles Martin-Chauffier, rédacteur en chef à Paris Match, revendique dans La Voix son indépendantisme breton.

Juste avant noël, Paris Match a publié un édito plutôt surprenant. Gilles Martin-Chauffier, rédacteur en chef de son état, y fustigeait une France qui serait le seul pays où « chacun prend pour acquis que la nation est une et indivisible ». Renvoyant notamment au million de Catalans qui est descendu dernièrement dans la rue pour réclamer l’indépendance, l’éditorialiste constatait que l’air du temps était à la dénationalisation des régions, à l’instar de ce qui s’est passé dans certains pays de l’est. Dans ce contexte, la France est en retard d’une guerre avec son « rêve jacobin » qui piétine la vérité historique. En Savoie comme à Nantes, là où Jean-Marc Ayrault perpétue un déni de Bretagne confinant au ridicule, ce que déplore Gilles Martin-Chauffier. Bref, son édito nous a bien plu et il nous a donné envie d’interroger ce journaliste de renom qui assume ici tranquillement son indépendantisme breton. De quoi inspirer d’illustres Savoyards ?

Gilles Martin-Chauffier, pourquoi avez-vous écrit cet édito ?

Je voulais parler du livre que vient de publier l’excellent journal Bretons (voir ici). Il rassemble de très bonnes interviews de Bretons remarquables par leur travail, qu’il s’agisse de l’ancien PDG de TF1 Patrick Le Lay ou d’une sardinière, du Grolandais Gustave Kervern ou de François Pinault. Quand on le lit, on s’aperçoit que tous ces gens ont eu une passion pour la Bretagne qui est un élément essentiel de leur vie. C’est aussi mon cas, et comme cela fait des années que je pense que la Bretagne va redevenir indépendante, j’ai saisi cette occasion pour présenter ce beau livre comme un cadeau à offrir pour noël en abordant la question de l’émancipation des régions.

Et comment a été accueilli un tel papier à Paris Match ?

Très bien, mais il faut dire qu’il y a un lobby breton puissant dans ce journal. Paris Match est comme un dolmen dans le paysage médiatique français ! Et puis il n’y a aucune censure, la France n’est pas la Syrie. C’est quand même un bon pays. J’espère qu’on le quittera, mais j’aurais aussi des regrets à ce moment-là.

Vous êtes indépendantiste ?

Oui, de cœur. Et j’estime que la Bretagne a toutes les armes pour redevenir indépendante. Au XVème siècle, elle était aussi riche que le Portugal et plus que l’Ecosse. Elle a une longue histoire et a compté comme un Etat pendant 600 ans, avec un budget supérieur à celui de la République de Venise. Une fois devenue française, on l’appelait le Pérou du Royaume. Ce sont les guerres anti-anglais de Louis XIV à Napoléon qui l’ont ruinée.

On n’apprend pas ça dans l’éducation prodiguée par l’Etat-nation...

Ce qui est gênant dans l’Etat-nation, c’est qu’il est fondé sur le mensonge. Vous qui êtes Savoyard, à l’école, on va vous apprendre la guerre de 100 ans. Mais en quoi êtes-vous concernés ? Vous n’y avez pas participé un seul jour. Les Bordelais, eux, étaient dans le camp anglais, comme les Rouennais. Et en Bretagne, on a connu une grande prospérité à ce moment-là, car on vendait des armes aux deux camps. Sauf que ça, on ne nous le dit pas. On apprend en revanche que Charlemagne était notre empereur, alors qu’il était l’ennemi juré de la Bretagne. En fait, l’histoire de France en tant que telle n’existe pas. Du moins, elle commence en 1789, et tout ce qu’il y a avant est une fabrication politique. Une histoire qui n’est donc pas défendable. Et bien que les Bretons ne s’en rendent pas compte, leur passé a été totalement effacé. C’est pour ça que j’ai écrit Le Roman de la Bretagne, un livre qui revient sur une quinzaine de moments clés. Maintenant, je crois qu’après avoir intégrée la France sans se battre, la Bretagne la quittera de la même façon. Le combat sera fait par d’autres.

Pensez-vous à ce qui se passe actuellement en Catalogne ou en Ecosse ?

Oui, mais je crois surtout que l’Europe va être complètement redessinée d’ici à une cinquantaine d’années. Les frontières ne seront pas du tout celles que l’on a aujourd’hui. Et l’avantage de la Bretagne, c’est qu’elle bénéficie d’une géographie qui est l’œil de l’Histoire. Quand on regarde une carte, on voit bien que la Bretagne n’est pas en France. Partout dans le monde, on sait où elle se trouve. La Bretagne a une forte personnalité, donc elle s’intégrera tout naturellement dans une Europe des régions.

En France,  presque personne ne défend politiquement cette idée d’Europe des régions. Lors de la dernière présidentielle, il y avait certes Eva Joly qui avait pris position pour des régions autonomes, mais personne ne l’a relevé et elle-même ne l’a guère revendiqué.

Il y a quand même des gens qui revendiquent ce projet en Bretagne, au Pays Basque, en Corse, en Alsace ou en Savoie. Quant à Eva Joly, elle était pathétique, odieuse, juste bonne à lancer des oukases, donc c’est normal qu’elle n’ait pas été écoutée. Je suis membre de Greenpeace depuis quinze ans, mais il était hors de question que je vote pour elle. Après, je ne crois pas que l’indépendance reviendra par le fait d’activistes, mais plutôt de facto. Car tout va se passer à Bruxelles. L’an 2000, c’est un peu comme l’an 1000 où des seigneurs puissants, les ducs de Bretagne, d'Aquitaine ou de Provence se sont réunis en disant qu’ils avaient besoin d’un arbitre. Ils ont donc pris un chef symbolique, le comte de Paris. C’était le moins puissant d’entre eux et ils ont pensé qu’ils pourraient le contrôler, mais finalement ils se sont tous fait éliminer. Bruxelles, c’est pareil. D’ici à cinquante ans, Paris et Berlin seront devenues l’équivalent de préfectures. Autant il est difficile pour Bruxelles d’avoir face à soi des Etats puissants, autant il sera simple de donner des consignes à des régions. Bruxelles va donc pousser à cette régionalisation de l’Europe et la Bretagne retrouvera ainsi son indépendance.

Ce que vous dites renvoie à l’argumentation développée par Pierre Hillard qui voit cela comme un cauchemar programmé. Selon lui, le but des instances européennes est d’affaiblir les Etats et même de les éliminer en les remplaçant par des régions. Un plan plus ou moins secret, une sorte de complot contre les nations qui se révèlerait petit à petit à travers des textes comme la charte des langues régionales, par exemple.

Ce n’est pas un plan secret, mais un plan naturel et logique. Quand on a le pouvoir, on veut l’exercer efficacement. Cette évolution est écrite dans l’Histoire. D’ailleurs, la plupart des lois votées à Paris proviennent déjà de textes européens. Cela ne relève pas d’un complot mais du sens de l’Histoire. Et puis imaginez que Bruxelles veuille travailler sur un aménagement des Alpes. Les intérêts des populations concernées, comme les Savoyards, seraient-ils mieux défendus par des Français que par une association alpine qui délèguerait des responsables ? Non, et Bruxelles n’a pas intérêt à passer par les capitales mais par les régions. La Corse, la Sicile ou les Baléares ont aussi des intérêts communs qui n’ont pas à être défendus par des jacobins. Et comme ce qui est logique finit toujours par l’emporter, cela arrivera.

Cette émergence des régions pourrait-elle résulter de la faillite d’Etats submergés par la dette ?

Les jacobins disent plutôt que l’indépendance des régions est impossible car ce ne serait pas viable, qu’on n’aura plus l’électricité si on quittait la France. Mais tout s’est bien passé quand la Tchécoslovaquie s’est séparée en deux ou quand les pays baltes ont pris leur indépendance. Les gens vivent très bien depuis.

Mais n’est-ce pas finalement la faillite de nations comme la France, l’Espagne ou l’Italie qui pourrait conduire ces pays à laisser la place à des régions qui retrouveraient leur indépendance ? Sans avoir à forcément assumer de dette.

Je ne sais pas, car là, ça devient très technique. C’est peut-être possible vu qu’on a déjà réussi à baisser la dette grecque d’un tiers, mais je ne crois pas que l’indépendance soit aujourd’hui freinée pour des raisons économiques. Ça relève davantage d’une absence de mobilisation politique. En Bretagne, les velléités indépendantistes qui s’étaient manifestées dans les années 1930 ont été tuées dans l’œuf du fait d’une alliance avec Hitler. Résultat, on a perdu cinquante ans, mais la mobilisation pour l’indépendance va revenir.

Qu’est-ce qui pourrait la susciter ?

Que les gens prennent conscience. L’histoire prend du temps, mais dans les cœurs, c’est déjà là, et il suffira qu’un personnage charismatique se lève pour entraîner les autres.

Propos recueillis par Brice Perrier




Ci-dessous une partie de l’édito de Gilles Martin-Chauffier publié le 19 décembre dernier dans Paris Match.


Un million de Catalans réclamant dans les rues de Barcelone de quitter l’Espagne. Un Premier ministre écossais qui prépare son référendum sur l’indépendance en 2014. Des Flamands qui remportent élection sur élection et promettent de renvoyer l’Etat belge aux oubliettes… Partout, en Europe, des régions entreprennent de dénationaliser leur histoire. Les esprits inquiets en font des montagnes mais, en réalité, aucun pays soudain apparu sur la carte n’a fait faillite. La Slovénie, la Slovaquie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, plusieurs autres dans les Balkans ont quitté leur ancienne mère patrie et ne s’en portent que mieux. Les postes fonctionnent, l’électricité n’a pas été coupée, les pensions continuent d’être versées, aucune prédiction apocalyptique ne s’est réalisée…
Il n’y a qu’en France que chacun prend pour acquis que la nation est une et indivisible. Pire que ça, les plus hautes autorités se permettent encore de fouler aux pieds tout ce qui pourrait attenter au rêve jacobin d’un pays constitué de Paris et de son désert. Récrire l’Histoire ne leur fait pas peur. Jean-Marc Ayrault, pour ne citer qu’une huile actuelle, refuse obstinément d’admettre que Nantes, la ville qu’il occupe, est bretonne. Peu lui importe que le plus beau bâtiment de la cité soit le château des ducs de Bretagne. Ici, on est dans les Pays de la Loire ! Point final. Rien dans les salles du palais ne parle des ducs et de leurs gouvernements. On n’épilogue que sur les Petit Lu, les chantiers navals, la traite du bois d’ébène… La visite est une véritable ode aux mensonges par omission.
Dans les documents distribués par la mairie, Montoir-de-Bretagne, une commune voisine, devient même Montoir tout court – pourtant de sinistre mémoire. Surtout ne pas froisser le rêve ligérien (c’est le terme savant et inconnu pour habitant des Pays de la Loire !) du Premier ministre. Gardons notre calme : nous ne sommes pas en Syrie. Mais attention : les choses pourraient changer.

 

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