Dans la 2e circonscription du 74, Lionel Tardy va-t-il démontrer qu’il est désormais la figure incontournable de la droite annecienne ? Entretien avec le twitter député.
En 2007, en infligeant une sévère défaite à Bernard Bosson, Lionel Tardy débarqua dans la vie politique savoyarde de façon fracassante. Chef d’entreprise quadragénaire, il envoyait à la retraite l’élu annecien qui régnait sur la ville en accumulant les mandats de maire et de députés depuis plusieurs décennies. Sans étiquette, mais disposant du soutien de Bernard Accoyer et de Pierre Hérisson, Lionel Tardy fut alors perçu comme un sous marin de l’UMP missionné pour dégommer un Bernard Bosson devenu l’homme à abattre. Une fois élu, il allait d’ailleurs rejoindre sans tarder le groupe UMP à l’Assemblée. Mais tout en prenant pleinement place dans la majorité présidentielle, Lionel Tardy n’a pas vraiment été le bon petit soldat du parti sagement soumis au détenteur savoyard du perchoir de l’Assemblée. Et au fil des années, il s’est fait une place bien à lui aussi bien au Parlement que dans le paysage politique annecien.
L’e député
Tout en demeurant le patron d'une société d’informatique qui fonctionnerait très bien sans lui malgré la crise, Lionel Tardy a été un député hyperactif, multipliant les interventions – plus de deux mille dans l’hémicycle et en commission -, les amendements et les questions au gouvernement. Mais il s’est surtout révélé un utilisateur habile des nouvelles technologies de l’information, devenant même l’« e député » qui se sert d’internet de manière systématique et innovante. Via twitter, il a été à la pointe de l’info en balançant en direct des extraits de l’audition du sélectionneur Raymond Domenech après le fiasco de la coupe du monde 2010. Avec ses tweets, il a aussi pu influencer des textes votés en commission, et a attiré l’attention des lobbyes et des journalistes politiques. Bien que se disant focalisé sur sa mission de député, Lionel Tardy s’est aussi fait sa place à Annecy où il se pose même aujourd’hui en candidat naturel à la mairie. Bref, il a bien fait son trou et entend le confirmer en se faisant largement ré-élire dans la 2e circonscription du 74. A sa façon, en conciliant les impératifs partisans et une liberté de ton et d’action, ce qui est tout de même assez rare. De quoi susciter notre intérêt et un entretien dans La Voix.
Lionel Tardy, vous voilà reparti en campagne cinq ans après avoir été la surprise des législatives 2007. Quel bilan tirez-vous ce premier mandat ?
J’ai tenu mes engagements. J’avais dit que j’exercerais uniquement mon mandat de député, et cela m’a permis d’avoir été parmi les trente députés les plus actifs. Cela demande du temps et beaucoup d’interventions dans l’hémicycle. Mais là où je me suis bien débrouillé, c’est que, via internet, je me suis crée un réseau d’« e démocratie » qui m’a permis d’intervenir sur tous les sujets avec à propos, là où beaucoup se contentent d’intervenir sur leur commission permanente. La mienne, c’est la commission des affaires économiques, et normalement je ne serais censé intervenir en commission que dans ce cadre. Mais quand ma commission ne siège pas, je vais en commission des lois, en commission des finances…
On a le droit d’aller dans n’importe quelle commission ?
Bien sûr, et je défends des amendements, mais je ne peux pas les voter. En fait, j’ai un peu « décloisonné » les commissions, puisque j’interviens un peu dans toutes.
Vous ne vous faîtes pas taper sur les doigts quand vous faites fuiter via twitter des infos sur le travail des commissions ?
Si, mais ce n’est pas grave, car grâce à moi l’Assemblée nationale s’ouvre. Avant, seul les travaux de l’hémicycle étaient connus, pas ceux des commissions qui sont pourtant importants. Avec twitter, j’ai un peu créé les quatre colonnes numériques. Et c’est mieux que de faire fuiter l’info, car on fait connaître le travail des commissions trois jours avant leur parution au Journal officiel. Cela permet de proposer des amendements avant que leur possibilité de dépôt ne soit close. Et quand je lance un tweet, je vais recevoir une centaine de propositions d’intervention dans la nuit.
Ce n’est pas interdit de twitter comme ça depuis l’Assemblée ?
Non, ce n’est pas prévu par le règlement. Et comme aujourd’hui on a un accès internet en commission, c’est possible.
Résultat : vous voilà devenu le député twitter !
Oui. En temps que député de base, je devrais être totalement inconnu, mais, comme je fous le bordel sur twitter, j’ai ce réseau que personne n’a. Quand il y a une polémique, les journalistes vont appeler Tardy pour savoir ce qu’il se passe. Résultat, je suis sans doute vu comme un des dix députés les plus chiants à droite. Aucun député de droite ne devrait d’ailleurs être dans les trente premiers à intervenir à l’Assemblée, car en intervenant on fait traîner les débats et la gauche applaudit.
Comment avez-vous constitué votre réseau ?
Les réseaux qui tournent autour de l’Assemblée regardent comment se comportent les députés. Première chose : ceux qui sont là ou pas. Après, il y a ceux qui sont prêts à prendre des amendements contre le gouvernement, et puis ceux qui ne les retirent pas et vont jusqu’au vote. Donc on est vite repéré par les groupes de lobbying sur Paris, mais comme ils vont voir tous les députés, ça n’a pas un grand intérêt. En revanche, en province et ailleurs, beaucoup de gens qui ont suivi des débats sur internet me disent : vous avez raison sur ce truc là et je peux vous amener des éléments en plus. J’ai ainsi permis à des gens qui n’avaient pas accès à l’Assemblée nationale d’y entrer via internet. Ils sont plein de bon sens sur des problèmes qu’ils doivent résoudre au quotidien. Et comme on est là avant tout pour amender des textes qui viennent à 90 % du gouvernement et à 10 % des parlementaires, ça permet de corriger les lois.
Et parfois de vous opposer aux textes proposés par votre majorité.
Tout à fait, mais j’ai fait le choix de dire ce que j’ai à dire même si derrière je ne monte pas dans les organigrammes. Ce n’est pas grave, le but n’est pas d’être ministre. Et puis alors que beaucoup sont élus après des primaires au sein de leur parti, ce qui les rend beaucoup moins libres politiquement, j’ai eu la chance d’être élu sans investiture. Ça m’a laissé une liberté de parole que beaucoup de députés n’ont pas.
Vous étiez certes sans investiture, mais vous êtes aussi apparu comme envoyé par Bernard Accoyer et Pierre Hérisson pour régler son compte à Bernard Bosson.
Si ça avait été le cas, je l’aurais peut-être eu l’investiture. En tout cas je n’ai pas eu beaucoup de soutien pendant la campagne, je me suis débrouillé tout seul.
Comme un envoyé non assumé à qui l’on ne donnerait pas l’étiquette UMP…
Je crois que c’est plutôt le député sortant qui a fait des erreurs. Il a été le dernier élu Nouveau centre à se prononcer pour Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle alors qu’il avait l’investiture UMP - Nouveau centre. Ça faisait vraiment le type qui tourne sa veste au dernier moment pour garder son poste. Et il y a surtout eu le fait qu’il n’était jamais présent dans les communes tout en étant totalement absent de l’Assemblée nationale, car exclusivement concentré sur sa ville. Alors que ce soit Tardy ou un autre, je crois que le résultat aurait été le même car il y avait un vrai problème d’absentéisme du député sortant.
En 2007, vous avez donc été élu sans investiture, mais vous avez immédiatement rejoint le groupe UMP à l’Assemblée.
Bien sûr, car c’est très dur de pouvoir influencer les choses si vous n’êtes pas dans la majorité. Il vaut mieux être dedans. L’intérêt de ma façon de faire, c’est que derrière j’ai l’oreille du ministre. Comme le public, les ministres regardent les députés qui sont régulièrement à l’Assemblée, ceux qui sont pénibles et ceux qui sont là le vendredi soir quand il y a un amendement à défendre. Si on fait partie de ces députés-là et qu’on dépose un amendement, ils vont convoquent dans leur cabinet pour savoir ce que vous avez voulu dire. S’ils voient qu’on ne lâche pas le morceau, ils se disent que la proposition doit être bonne et se demandent comment l’adapter pour qu’elle soit adoptée. C’est un rapport de force qu’il faut créer avec les ministres, et j’ai su le faire tandis que beaucoup d’autres, qui arrivent le mardi midi et partent le mercredi après midi, défendent des amendements déjà portés par 70 députés et n’apportent aucune valeur ajoutée.
Cultivez-vous aussi le rapport de force au niveau local ? Par exemple au sujet du centre des congrès d’Annecy…
J’ai 43 communes dans ma circonscription, et il y en a 42 avec lesquelles ça se passe bien. Je dis régulièrement en réunion publique que je ne suis pas là pour jouer le rôle de super maire, mais je veux avoir un minimum d’info sur ce qui se passe et sur les grands chantiers. Il se trouve qu’avec Annecy, je n’ai aucun contact, donc sur le centre des congrès, sur les haras, sur le stade de foot de l’ETG, comme il n’y a pas de concertation avec la mairie, j’ai ma liberté de penser et je dis ce que j’ai à dire. Pour le centre des congrès, le problème est que le site de l’Impérial est peut-être très bien, mais comme rien n’a été fait en concertation, dans quinze ans on y sera encore le temps de régler tous les recours, alors que ça devrait prendre cinq à sept ans. C’est un choix, on fait la concertation après avoir pris la décision. Ce n’est pas ma vision des choses et je souhaite qu’en 2014 les choses changent.
C’est un peu contradictoire avec votre positionnement d’élu national qui prétend ne s’occuper que de sa fonction législative.
Je donne mon avis quand on me pose la question, mais je ne m’implique pas plus que ça. Beaucoup de mes confrères aux législatives confondent le local et le national, mais moi je fais mon boulot au national. Au niveau local, quand les gens en auront marre, je serai peut-être le recours. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se passer, donc je laisse les gens s’enfoncer. Ils ne veulent pas avoir affaire au député ? C’est comme ils veulent, les Anneciens verront quel choix ils auront en 2014.
Vous vous posez en candidat à la mairie d’Annecy ?
Je me pose en recours car il faut changer d’exécutif au niveau de l’agglo et je l’ai dit à qui de droit. Les choses sont claires : si ça ne bouge pas, on ne s’interdit pas de faire des choses en 2014.
En attendant, vous assistez au conseil municipal en spectateur…
Oui, quasiment tout le temps.
Un député qui se consacre à fond à sa mission doit-il prendre le temps de se rendre à chaque conseil municipal ?
C’est une fois par mois le lundi soir et ça tombe bien, car le mardi je pars à Paris.
C’est un peu une façon de narguer le maire ?
Pas du tout, ça me permet de découvrir les dossiers sur place, car, contrairement à toutes les autres communes, je ne reçois pas l’ordre du jour du conseil municipal. On prépare l’avenir et c’est important de savoir comment ça se passe. Ça fait partie du travail de veille d’un député.
Pour revenir à l’Assemblée, pourquoi n’avez-vous pas voter la ratification du traité sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) défendue par le gouvernement ?
La Grèce, c’est le tonneau des danaïdes, on y rajoute 100 milliards tous les trois mois et la situation n’évolue pas d’un poil. Donc à un moment, il faut dire stop. On pourrait bien sur faire des eurobound comme le souhaite la gauche, comme ça on mutualiserait toutes les pertes au niveau de l’Europe. On n’a déjà pas assez de dette, il n’y a qu’à régler celle des autres ! Continuer comme ça en faisant du super Madoff et, à la fin, tout saute. Donc le MES, pour moi, ce n’est pas une solution, juste un emplâtre de plus.
Vous qui vous situez clairement à droite, là, vous avez voté comme la gauche.
Ça ne me dérange pas, mais j’ai refusé le MES pour des raisons différentes. Eux, c’est parce que ça ne va pas assez loin alors que je pense que ce n’est pas une solution de faire tourner la planche à billet et de se retrouver toujours dans la même situation. En tant que chef d’entreprise, je sais que si vous avez une croissance négative, vous ne risquez pas de rembourser vos dettes. Tant qu’on a un pays en croissance négative, ce n’est pas la peine de s’entêter alors qu’on va droit dans le mur. Donc est-ce qu’on fait le point pour voir ce que coûte une sortie, ou est-ce qu’on continue à rajouter des milliards pour arriver au même résultat dans quelques mois ou quelques années ?
François Fillon a qualifié de faute historique le vote des socialistes qui comme vous se sont abstenus sur le MES. Avez-vous l’impression d’avoir commis une telle faute ?
C’est peut-être une faute historique, mais je l’assume et on verra dans quelques mois qui avait raison. Ça ne me pose aucun problème de m’opposer au gouvernement. Sur les OGM, j’ai voté contre. Idem sur l’immigration où un certain nombre de dispositions ne m’allaient pas. Pareil sur le fichage des personnes, la loi adopi, les jeux en ligne, un certain nombre de dossiers emblématiques où soit je me suis abstenu soit j’ai voté contre. Il faut savoir être critique. Je dépose des amendements et s’ils ne sont pas adoptés alors que j’estime que le texte pose des difficultés, je ne le vote pas, quelle que soit la majorité. Et quand dans la rue des gens de gauche me disent qu’ils ont apprécié que je me positionne ainsi, ça fait plaisir, même si je ne me fais pas que des copains dans la majorité. Mais d’habitude, pour devenir député, il faut d’abord être maire ou conseiller général. Moi, j’ai eu la chance d’être passé de rien à la case député, donc je ne dois rien à personne.
Avec la crise que l’on traverse, le grand perdant semble être l’environnement. Ce n’est plus la préoccupation de grand monde.
Je rappelle quand même que 260 dispositions ont été adoptées dans les lois Grenelle 1 et 2 sur l’environnement. Elles ont un certain coût. Par exemple, on vient de construire à côté un bâtiment qui a coûté 15% plus cher à cause des normes environnementales, et elles ne sont pas toute en application. En 2015, ça aurait coûté 30% plus cher. Donc des mesures ont été prises, mais c’est sûr que ça a été mis sous l’éteignoir avec la crise, car il ne faut pas se leurrer : on peut être vert, mais si on est mort ça ne sert à rien. Le problème est toujours de trouver le juste milieu. Et puis le Français, quand il n’y a pas de carotte fiscale, comme par hasard il devient beaucoup moins écologiste. On l’a bien vu avec le photovoltaïque ou avec les voitures. L’environnement a un coût et s’il n’y a pas d’aide, ce n’est pas le moment pour les gens de se lancer dans l’isolation de leur logement avec une espérance de gains de trente ans.
Mais le coût, c’est aussi une terre saccagée, un air et une eau pollués…
Oui, et la France et les pays européens se doivent de montrer l’exemple, car ce ne sont pas les africains ou les asiatiques qui vont le faire en premier. Tout le problème est qu’on est dans un marché mondialisé. Si on n’était qu’entre Français, tout le monde aurait les mêmes normes, les mêmes coûts et il n’y aurait pas de problème. Sauf qu’en Chine ils continuent d’envoyer tout à l’égout et qu’on a des écarts de compétitivité qui se creusent. On parle de produire français, mais l’industrie française est soumise à de plus en plus de normes que n’ont pas des pays asiatiques ou autres, et chaque fois qu’on rajoute une norme, ça va dans le bon sens pour préserver notre environnement, mais dans le mauvais en termes de compétitivité. Ça pose un vrai problème à l’échelle internationale.
Il faudrait peut-être faire preuve d’un peu de fermeté et ne pas accepter des marchandises produites n’importe comment.
Oui, mais quand on dit produire en France, il faudrait aussi consommer en France. Les Allemands consomment allemand sans qu’on leur donne d’instructions, mais les Français sont les premiers à se précipiter dans les magasins LIDL où il n’y a aucun produit français. On raisonne purement budgétairement en période de crise.
Et au niveau macro-économique on ne raisonne qu’en termes de croissance. On la recherche à tout prix alors qu’on sait bien que cette croissance peut aussi nous envoyer dans le mur de l’épuisement des ressources.
On est trop dans une société de consommation, je le vois en informatique avec l’évolution depuis vingt ans. Avant, quand une imprimante était en panne on la réparait. Mais aujourd’hui qu’elle coûte moins de 100 euros, on la change.
Il y a néanmoins le coût des déchets, des matières premières utilisées…
On est d’accord, mais il y a surtout le coût du bien lui même comparé à celui de la main d’oeuvre. Après, il y a tout le problème du recyclage. Il faut avoir des produits recyclables et il y en a de plus en plus. Téléviseur, hifi, informatique, ce sont des produits qui ne devraient plus être acceptés dans les décharges car il y a une taxe pour le recyclage. Les distributeurs sont censés récupérer le matériel. Et si on faisait la même chose avec le sur-emballage, si tout le monde prenait le réflexe d’enlever les sur-emballages et de laisser les grandes surfaces les traiter, à la fin elles diraient au fournisseur qu’elles en ont marre et on arriverait à des produits beaucoup moins sur-emballés, avec autant de déchets en moins. Mais pour ça il faut de la volonté et un consommateur qui, par ses choix, oriente aussi les choses. Et au niveau politique, ça doit se gérer tant au niveau national que local.
Entre les deux, il y a l’échelon régional. Pensez-vous que notre réalité régionale est bien prise en compte ?
Il y a deux échelons que les Français ne comprennent pas du tout : l’européen et le régional.
N’est-ce pas pourtant les deux échelons d’avenir ?
Peut-être, mais si on regarde leur mode d’élection, ce n’est pas un modèle pour l’avenir, car avec la proportionnelle les élus ne seront pas identifiés. Les gens n’ont jamais vu leur député européen, et c’est pareil pour leur conseiller régional. Pour la région, c’est aussi une question de compétence, car 20% du budget est hors compétence. En fait, en dehors des lycées, on ne sait pas trop ce que fait la région, on ne voit pas ce qu’elle peut changer. Il ne faut pas s’étonner si les plus forts taux d’abstention se retrouvent aux européennes et aux régionales.
L’Europe est malgré cela à l’origine de la plupart des lois que vous votez au Parlement…
Oui, 70% des textes sont issus de directives européennes, mais il y a très peu de liens avec l’Europe. Les députés européens ne sont pas en phase avec les députés nationaux.
Au niveau régional, êtes-vous pour un rapprochement des deux départements savoyards ?
Oui, et j’ai voté la loi qui permet de mener des expérimentations territoriales passant notamment par des fusions de collectivités. Je suis favorable à ce qu’on le fasse en pays de Savoie.
Afin de sortir de Rhône-Alpes ?
Ça se discute, mais on a du mal à comprendre ce qu’on fait avec la Loire, la Drome ou l’Ardêche. On pourrait très bien avoir une région concentrée sur la partie ouest du Rhône et une autre avec les départements de l’est que sont la Savoie et la Haute-Savoie. C’est à nos présidents de Conseil généraux de lancer la manœuvre, la balle est dans leur camp. Mais je soutiendrai toute initiative de fusion des départements savoyards.
Bon, et ces élections législatives, vous les sentez comment ?
Vu qu’on avait soixante sièges d’avance, il n’y a pas de raison qu’on en perde autant même si Hollande a gagné la présidentielle. A l’Elysée, on nous a dit que l’équation personnelle du député était de 3% seulement. Cela veut dire que si Sarkozy a fait 50% à la présidentielle dans une circonscription, le score du député sortant devrait être de 47 à 53 %. On pourrait se dire qu’on se casse la tête pour pas grand-chose, mais si tu passes de 48 à 51%, c’est tout bon, et il y a plus de deux cents députés qui ont été élu avec moins de 2% d’écart. Maintenant, je pense que cette équation personnelle est beaucoup plus élevée que 3%, car il y a eu un véritable haro sur Sarko. Alors si les députés ont fait leur boulot, ça va être chaud mais on peut gagner.
Et pour votre cas personnel, vous êtes confiant ?
Je suis surtout curieux de voir quelle sera mon équation personnelle de député. Car après tout ce que j’ai fait, je devrais passer au premier tour !
Entretien : Antoine Foray


Commentaires
Vous avez dit traitres ?
http://www.insee.fr/fr/insee_regions/rhone-alpes/themes/syntheses/lettre_analyses/01101/img/01101_RA_densite.gif
Employé comme adjectif:
(adj.) vaniteux, prétentieux
Employé comme nom:
personne vaniteuse, prétentieuse
Synonyme : présomptueux
Sens 1 : vaniteux · orgueilleux · audacieux · hardi · arrogant · prétentieux · ambitieux · (antonyme) modeste · affable · courtois
Sens 2, substantif : orgueilleux · péteux · (antonyme) modeste
Anglais : présomptueux
presumptuous
Trésor de la Langue Française : présomptueux
PRÉSOMPTUEUX, -EUSE, adjectif
A. — [En parlant d'une personne] Qui a une opinion très avantageuse de soi-même, de ses possibilités physiques ou intellectuelles.Synonymes : prétentieux, suffisant, vaniteux. Les Gantois rencontrèrent un parti de chevaliers et en tuèrent bien six cents; mais ce succès les rendit si présomptueux, qu'ils vinrent attaquer le gros de l'armée à Nivelle (PROSPER DE BARANTE , Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, tome 1, 1821-24, page 212). Le désir m'a pris d'écrire l'histoire d'un jeune écrivain présomptueux, sans talent mais plein d'"illusions sur ses capacités", et dont l'existence ne serait qu'une suite de velléités stériles et de déconvenues (Roger Martin du Gard, Souvenirs autobiographiques, 1955, page LIII).
- Emploi comme substantifJeune présomptueux. Les ingénus ou les présomptueux qui depuis dix ans ont publié leurs rimes dépassent de beaucoup le millier: les vrais artistes ne dépassent point la douzaine (JULES LEMAÎTRE , Les Contemporains, 1885, page 81). Le courageux n'est aussi parfois qu'un présomptueux qui a réussi (EMMANUEL MOUNIER , Traité du caractère, 1946, page 426).
B. — [Par métonymie; en parlant d'un attribut de la personne, d'un comportement] Qui dénote de la présomption, une grande estime de soi, une grande confiance en soi. Ils n'en pouvaient plus de rire devant l'idée saugrenue, présomptueuse même, et qui ne pouvait se discuter, de vouloir donner «un plus beau dîner que le plus beau dîner du monde» (PHILIPPE AUGUSTE MATHIAS DE VILLIERS DE L'ISLE-ADAM , Contes cruels, 1883, page 206). Comment donc interpréter l'optimisme? Comme une flatterie hypocrite et sottement présomptueuse à l'égard de l'auteur du monde, disait Hume (Dictionnaire de théologie catholique (A. VACANT, E. MANGENOT) tome 4, 11920, page 1273). REMARQUE : Présomptueusement, adverbe D'une manière présomptueuse.Synonyme : prétentieusement. N'est-il pas souvent plus difficile, plus courageux, de persévérer, par fidélité à soi-même, dans une conviction, même ébranlée, que de secouer présomptueusement les colonnes, au risque de faire écrouler l'édifice? (ROGER MARTIN DU GARD , Les Thibault, La Mort du père, 1929, page 1338).
STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 172.
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