A Albertville, une famille en demande d'asile, avec un bébé de 21 mois, vient d'être placée en rétention. Philippe Masure, le maire de la ville, demande leur libération et le réexamen du dossier.
Le 20 septembre dernier, la police nationale interpelle à Albertville Gevorg et Arpine Poghosyan, respectivement âgé de 25 et 24 ans, et leur garçon de 21 mois. Ils sont ensuite remis à la Police aux frontières, puis placés le soir même au centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry sur ordre du Préfet de Savoie. Cette famille arménienne, menacée dans son pays, est en fait arrivée en Savoie en 2008 pour chercher l'asile en France. Celui-ci leur a été refusé, comme c'est bien souvent le cas. Mais pour Philippe Masure, maire divers gauche d'Albertville, cela ne justifie pas ce qui se déroule depuis quelques jours. Il sera dimanche matin à 11 heures devant les grilles de la Préfecture de Savoie, au côté de l'antenne savoyarde du Réseau éducation sans frontières (RESF), pour réclamer leur libération et le réexamen de leur dossier. Interview.
Philippe Masure, comment s'est déroulée cette arrestation ?
Lors d'un contrôle routier mardi après-midi, la police nationale a procédé à la vérification de l'identité de cette famille. C'est à ce moment-là qu'ils se sont aperçus qu'il s'agissait d'une famille de demandeurs d'asile à qui ce droit avait été refusé. La police est ensuite venue les interpeller un peu plus tard devant chez eux, avant de les transférer dans les locaux de la Police aux frontières à Chambéry. J'ai eu connaissance de la situation en début de soirée et j'ai immédiatement essayé de joindre cette dernière à plusieurs reprises. Sans succès. Ce n'est que le lendemain matin qu'ils m'ont annoncé que les deux parents et leur bébé avaient été transférés en centre de rétention la veille au soir.

Vous connaissez cette famille ?
Effectivement, je la connaissais. Elle est arrivée il y a maintenant trois ans en Savoie pour fuir son pays d'origine, l'Arménie, où leur vie était menacée par la mafia. En venant en France, elle espérait obtenir le droit d'asile, comme le reste de leur famille d'ailleurs, dont une partie vie également à Albertville tandis que l'autre a trouvé refuge en Turquie. Pendant deux ans, la famille Poghosyan a épuisé tous les recours administratifs pour obtenir ce droit d'asile, sans jamais y parvenir. En juin 2010, elle se retrouve sous le coup d'un avis d'expulsion. Accompagnée par les associations de défense des droits de l'homme, elle dépose un nouveau recours en avril dernier à la Préfecture de Savoie pour obtenir une autorisation de séjour. Depuis plus de nouvelles, jusqu'à leur arrestation ce mardi, et l'arrivée chez eux, comme par hasard, le jour même de leur arrestation, d'une obligation de quitter le territoire français.
Pourquoi soutenez-vous aujourd'hui cette famille ?
Tout simplement parce que la place d'une famille et d'un bébé n'est pas dans un centre de rétention. Dans un pays comme la France, on ne devrait pas avoir le droit de faire cela. Il est donc normal de les soutenir, surtout quand on sait ce qu'ont vécu ces familles dans leur pays et les difficultés qu'elles ont une fois arrivée en France. Pour les Poghosyan et leur enfant, ce qui arrive est vraiment incompréhensible, car une partie de leur famille, qui est menacée de la même façon qu'eux en Arménie, a déjà obtenu le droit d'asile. Et à eux, on leur refuse.
Ce refus n'est-il pas simplement le résultat de l'application de la loi ?
La politique du chiffre menée actuellement par le ministère de l'Intérieur est insupportable. Là, on parle de personnes humaines et on doit agir en tant qu'humain. Le durcissement de la réglementation du droit d'asile est à la limite du droit international et cette politique doit changer. Je ne dis pas que l'on doit recevoir toutes les personnes de la planète en difficulté, mais dans le pays des droits de l'homme, la dimension humaine ne doit pas être oubliée. C'est indigne pour la France qu'un bébé soit brutalement arrêté et aussitôt conduit dans un centre de rétention. On ne peut pas l'accepter.
Que demandez-vous maintenant aux autorités ?
Toute la famille doit être libérée et leur dossier réexaminé. La famille a des attaches familiales à Albertville et a toujours respecté la législation française. Gevorg Poghosyan a travaillé à chaque fois qu'il en a eu l'autorisation. Ses employeurs ne sont jamais plaints, bien au contraire. Il a même eu plusieurs promesses d'embauche sérieuses. Quant à sa femme, elle prenait des cours de Français. Bref, cette famille est parfaitement intégrée sur le territoire et a fait preuve de sa volonté de vivre paisiblement à Albertville. Il n'y a donc aucune raison pour qu'elle soit expulsée.
Propos recueillis par Mikaël Chambru


Commentaires
Le culot de mélanger l'hymne savoisien dans cette affaire...
La famille est originaire d'Arménie. Quel rapport avec la Savoie, autant historique que contemporrain?
Le maire de Passy qui s'insurge de la décision des tribunaux français est un nordiste pur souche. Quel rapport avec la Savoie?
La Savoie est maintenant peuplée majoritairement de colons, au dépens des savoisiens.
Quelle responsabilité de la Savoie historique dans l'affaire?
Et laquelle des deux est le plus victime, au jour d'aujourd'hui, des migrations de populations?
Cependant, je ne remets nullement en cause vos convictions... Mais vouloir lier l'hymne savoisien et in-extenso la Savoie historique à l'affaire est hors de propos.
Chance et hasard, pour nous, nous sommes nés dans l'hémisphère nord, l'europe, la france, 5ème puissance mondiale.
Je ne suis pas persuadé que la déclaration universelle des droits de l'homme soit respectée par tous les pays signataires...malheureusement .
le truc qu'il faut voir c'est ces gens fuient leur pays car ils sont menacés de mort... ce qui n'est pas du tout la même situation que quand tu pars en vacances en Australie !
nous nous avons les moyens de programmer un départ.
eux sont poussé par la pauvreté et tentent leur chance. c'est très différent.
nos société "riches" via la publicité leur envoie une image de paradis... on est puni par là ou on a péché.
et ça ne fait que commencer.
sinon je rappelle au passage que la déclaration universelle des droits de l'homme garantie la libre circulation
vous vouliez dire tous les maux ?
Il y a tout de même un truc que j'ai du mal à comprendre avec tout ces demandeurs d'asile: avant de partir pour un pays, on commence par demander le droit d'y aller, et ensuite on fait le voyage. Si je devais partir en Australie, par exemple, je ne me pointerai pas là-bas sans rien dire et ensuite exiger qu'on me garde.
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