A une semaine du premier tour des régionales, les réprésentants de chacune des formations engagées (sauf l’UMPS) nous livrent leurs prioriétés. De quoi donner envie d’aller voter ?
A la veille du premier tour des régionales, nous avons sollicité l’ensemble des têtes de liste dans les deux départements savoyards pour mieux connaître leur programme et ce qu’ils comptaient faire lors de la prochaine mandature. Nous leur avons donc demandé quelle serait leur priorité et ce qu’ils feraient pour la mettre en œuvre dans chacun des domaines suivants : transport, tourisme, politique économique, agriculture, éducation, situation de la Savoie en temps de réforme des collectivités locales. La plupart nous ont répondu, parfois en nous faisant parvenir des communiqués déjà envoyés au Daubé et souvent sans se concentrer sur une priorité, proposant plutôt un catalogue de mesure. Seul deux formations n’ont pas daigné nous répondre, le PS et l’UMP. Pas très étonnant, mais comme on ne comptait pas voter pour elles dimanche prochain… On vous livre donc tout ici tel quel, en commençant par les premiers qui ont répondu. Alors d’abord, bon courage, et ensuite à vous de faire le tri afin de décider quel bulletin glisser dans l’urne dimanche. Du moins si ça vous dit d’aller voter, ce qui est loin d’être évident alors qu’on arrive à la fin d’une campagne guère enthousiasmante.
LUTTE OUVRIERE (envoyé par Jean-Paul Macé, tête de liste dans le 74)
Economie
Notre priorité, c’est le chômage qui a connu une véritable explosion en 2009 sans compter les salariés en précarité ou exerçant un travail à temps partiel imposé. Sous prétexte « d’aider l’économie et l’emploi »ou la formation, la Région a surtout volé au secours du patronat. Face à cette situation révoltante, il n’y a pas d’autre solution que l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous sans diminution de salaires, et l’expropriation des banques qui sont responsables de la crise financière. Cela ne pourra être imposé que par la lutte des travailleurs, la plus large et la plus déterminée.
Education, formation
Il faut rénover les établissements publics qui ont encore besoin de l’être puisque la Région en a la charge. L’argent public doit aller aux établissements publics. Nous dénonçons la suppression par l’État des dizaines de milliers de postes d’enseignants et de personnel d’encadrement ces dernières années. Le désengagement de l’État a aussi favorisé le transfert au privé de services comme les cantines. Quant aux centaines de millions engagées par la Région dans la formation professionnelle, ils sont bien souvent des soutiens indirects au patronat. Il faut un contrôle de la population sur ces fonds.
Transport
Nous sommes pour le développement des transports en commun publics et à la gratuité la plus large. La région dit avoir fait un gros effort sur les TER : mais de fait elle a compensé le désengagement de l’État. Et à quoi servent de nouvelles rames de TER si les suppressions de postes à la SNCF continuent ? Ce problème dépasse de loin le cadre régional. Par exemple, l'explosion du transport routier est due à la politique de « flux tendus »imposée par les grands groupes industriels et à la diminution du nombre de cheminots voulue par l'État Dans ce domaine aussi, il faut en finir avec le diktat des capitalistes sur la société.
FRONT NATIONAL (envoyé par Dominique Martin, tête de liste en 74)
Transport
La voiture, c'est la liberté. Nous reprendrons les projets bloqués par la gauche, pour que les impôts des automobilistes leur profitent aussi. Il faut reconsidérer les TER, moduler les subventions à la fréquentation, financer les équipements, le confort, la ponctualité et la sécurité. Nous mettrons l'accent sur les zones les moins bien desservies. Nous stopperons les projets pharaoniques et inutiles (Lyon-Turin), et reprendrons la mise aux normes du canal Rhin-Rhône. Nous interviendrons financièrement pour aider au désenclavement du Chablais, à l’amélioration de la circulation autour du lac d’Annecy, à la réduction du transit des poids lourds sous le tunnel du Mont-Blanc.
Tourisme
Suite à la disparition inéluctable de nos entreprises industrielles, l’activité touristique va devenir à terme l’activité principale de notre département. C’est pourquoi nous y porterons toute notre attention. Le tourisme, ce sont des savoir-faire. C’est pourquoi nous créerons une « École des Métiers de la Montagne ». Le tourisme, ce sont des paysages entretenus. C’est pourquoi nous interviendrons pour aider la ruralité, les agriculteurs, et l’aide à l’installation des agriculteurs. Le tourisme, ce sont des voies de communications. C’est pourquoi, nous participerons au désenclavement du Chablais, au règlement du problème de la circulation autour du Lac d’Annecy. Le tourisme, c’est le tourisme associatif et les acteurs privés du tourisme (hôtels, restaurants, etc.). C’est pourquoi nous aiderons à parité égale tous les acteurs du tourisme, qu’ils soient associatifs ou privés. Nous cesserons de privilégier le tourisme associatif au détriment des acteurs privés, comme cela se pratique depuis des décennies. Le tourisme, c’est un département soulagé du transit des transports internationaux. C’est pourquoi nous mettrons en place toutes mesures pour réduire le passage des TIRS sur le département.
Economie
L'action économique de la Région s'apparente plus à du saupoudrage qu'à une action en profondeur. Les subventions accordées relèvent souvent de l'effet d'aubaine pour les grandes entreprises qui auraient investi de toute façon. Nous favoriserons les PMI-PME et les TPE. Nous sommes pour la liberté des entreprises qui doivent être allégées des contraintes, réglementations et taxes en tout genre, et libérées de la concurrence des "emplois-associatifs". Nous préconisons la préférence régionale, pour favoriser les entreprises locales.
Agriculture
« Pas de pays sans paysans », tout doit être fait pour conserver nos filières agricoles. Nous aiderons nos agriculteurs : par l’aide à la reprise ou la transmission des exploitations agricoles; par l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs; par la valorisation et la promotion de nos productions agricoles : campagne massive de communication « Savoyards, consommez les produits de chez vous », par exemple.
Formation/lycées
Nous voulons des lycées à taille humaine, plus sûrs et conviviaux, avec égalité de traitement public/privé. Il faut un lycée professionnel des métiers de la montagne pour maintenir nos savoirs faire locaux. Des universités régionales soutiendront la recherche et la formation. Une réforme de la formation professionnelle valorisera la transmission des savoirs au sein de l'entreprise, et formera aux emplois pour lesquels il manque de main-d’oeuvre. Les maîtres d'apprentissage seront directement rémunérés, et les dispositifs simplifiés.
Quelle région pour demain (réforme territoriale) ?
L’organisation administrative de la France doit être simplifiée et rapprochée du citoyen : en réduisant le nombre d’échelons administratifs, en éliminant la dualité déconcentration/décentralisation (Département et Conseil Général, par exemple), et en clarifiant les compétences (suppression de la compétence générale). Il faut ramener la démocratie, en adoptant partout le scrutin proportionnel intégral (gage de la représentation de toutes les sensibilités politiques, et de la liberté d’expression), et en soumettant au vote direct les structures non élues, comme actuellement les intercommunalités. Que les Lyonnais s’occupent de Lyon, et que les Savoyards s’occupent des Pays de Savoie : nous défendrons la création d’une Région Savoie.
Environnement
L'environnement est sous le diktat de la gauche verdâtre. Nous cesserons d'étendre les zones bloquées par la Région (parcs, lacs alpins...), pour libérer les maires ligotés par des contrats et plans de toute sorte. La nature, c'est les paysans. Valoriser leur travail, leur permettre de rester ou revenir à la terre, c'est la préserver. Il faut aussi limiter l’expansion urbaine : zones commerciales ou résidentielles (souvent pour accompagner l’immigration…). Nous mènerons une politique de reconquête de nos campagnes par la défense du monde agricole, du petit commerce et des services de proximité.
FRONT DE GAUCHE (envoyé par Antoine Fatiga, tête de liste en 73)
Transports : priorité aux transports collectifs et modes doux gérés en service public.
Les transports ferroviaires doivent être amplifiés, améliorés et gérés par l’opérateur public SNCF. Nous rejetons toute mise en concurrence et proposons de mettre en place dans les régions un syndicat mixte des transports collectifs avec une tarification unifiée. Nous proposons dans un premier temps, la gratuité pour les trajets domicile/travail avec une prise en charge des employeurs et domicile/école par les collectivités compétentes. Nous renforcerons les comités de ligne afin de répondre aux aspirations des usagers et des salariés. Priorité à la Transalpine fret et voyageurs : l’Etat doit financer les infrastructures ferroviaires en faisant payer à chaque mode ses véritables coûts. Ces mesures prendront mieux en compte l’environnement, la relocalisation de l’économie au service de l’emploi local et le transfert des marchandises de la route vers le rail ou le fluvial. En Savoie, nous disons non au contournement autoroutier de Chambéry et non à l’utilisation de la galerie de sécurité du tunnel du Fréjus comme voie de circulation.
Economie – tourisme : Notre priorité, l’emploi
Le capitalisme sacrifie nos vies et notre environnement. Nos propositions régionales s’appuient sur des logiques réellement alternatives, capables de répondre aux urgences sociales, économiques, démocratiques et écologiques. La région doit être un lieu de résistance pour répondre aux urgences sociales. La création d’une « banque régionale publique » permettra de construire avec les salarié-e-s et leurs représentants des solutions alternatives afin : d’apporter un soutien financier, juridique et politique; d’agir pour la sécurisation des parcours professionnels ; de valoriser les filières de la recherche au développement local ; de privilégier le partenariat et les innovations plutôt que les pôles de compétitivité. Un développement harmonieux de la Savoie doit reposer sur l'industrie, l'agriculture, le tourisme, la production hydroélectrique, les énergies renouvelables et les services publics. Le tourisme doit aussi être à la disposition de la population locale, notamment par des tarifs attractifs. La Région doit contribuer à favoriser le tourisme social et l’accueil des saisonniers en incitant notamment au développement des espaces saisonniers.
Environnement :
La première catastrophe écologique, c’est le capitalisme ! Pour être écologiques, les Régions doivent porter un nouveau mode de développement en rupture avec le libéralisme, le traité de Lisbonne, le productivisme et le « consommer toujours plus ». A cela nous opposons une vision sociale et une approche radicale de l’écologie en s’appuyant sur : une « charte écologique et sociale » imposant des normes contraignantes à toutes les politiques régionales ; une maîtrise publique des biens communs, meilleure garantie tant au niveau de l’égalité d’accès que de la qualité ; une gestion publique de l’énergie ; une agriculture et une alimentation de qualité accessible à tous ; un développement et une accessibilité plus grande des transports en commun dans le cadre du service public, sans oublier le fret ferroviaire et fluvial ; une localisation ou une relocalisation des activités. Un soutien aux collectivités qui respectent la loi SRU, s’engagent pour la construction, la rénovation et l’isolation de logements sociaux. Repeindre en vert le capitalisme ne règle rien. Nous proposons un autre mode de développement.
Formation - Education :
En matière de formation initiale, continue et professionnelle nous avons besoin d’une région pôle de Résistance, contre le désengagement de l’Etat dans l’éducation. Les formations ne peuvent être considérées comme une marchandise ! Il est nécessaire de ne pas rester passif ou « suiviste » en accompagnant les besoins locaux du Patronat mais plutôt prendre en compte les besoins des salariés. Mise en place d’une Conférence Régionale des Formations Initiales et Continues qui s’appuierait sur les partenaires Sociaux, et les organismes de formation. Réintégration des GRETA au sein des Lycées Professionnels. L’AFPA doit garder son statut public. Les Contrats Territoriaux Emploi-Formation outil territorial de démocratie participative, doivent être redynamisés avec une plus grande place aux Citoyens, Syndicats, ainsi qu’aux personnels de la Formation Continue. Le réseau des Missions Locales en RHONE-ALPES doit faire l’objet de toute notre attention. Instauration d’une Clause Sociale pour les structures de formation travaillant pour la Région. Poursuivre la rénovation des lycées et mieux répondre aux besoins de places en internat. Sur les repas scolaires, favoriser les filières courtes et bio, aller vers l’unification des tarifs de cantine avec une aide aux familles en difficultés. Intégrer dans le service public tous les restaurants.
Quel avenir pour la région et la démocratie citoyenne ?
L'organisation territoriale pour répondre aux besoins de démocratie doit être au plus près des populations; bénéficier d'une autonomie de fonctionnement et des moyens financiers; organiser la solidarité et les coopérations; refléter la diversité des opinions. C’est pourquoi, au niveau du conseil régional, nous avons initié et comptons renforcer la démocratie participative en proposant y compris la prise en compte de référendums populaires. Or, la réforme engagée par l'UMP vise à faire reculer la démocratie, à priver les collectivités locales de ressources et à organiser le cumul des mandats. En créant des élus territoriaux (aux pouvoirs encadrés par l'Etat), ils cumuleront les mandats régionaux et départementaux. En limitant les compétences des régions et des départements le projet à pour objectif de ramener ces collectivités au rôle d'application de la politique de l'Etat, sous la tutelle des préfets. De plus, le système électoral retenu, inconnu en France jusqu'à ce jour, uninominal à un tour sera particulièrement anti démocratique, supprimant la parité homme/femme et favorisant la bipolarisation politique. Voter pour la liste Ensemble à Gauche sera un moyen fort pour exiger le respect de la démocratie dans notre pays.
EUROPE ECOLOGIE (envoyé par Yves Paccalet, tête de liste dans le 73)
Environnement
La Savoie est une des plus belles régions de France : notre priorité consiste à préserver cette splendeur pour les générations futures. C’est notre capital le plus précieux – non seulement la garantie de nos revenus futurs, mais celle de la qualité de notre vie de chaque jour. Nos paysages, nos villages, auxquels nos ancêtres agriculteurs, éleveurs, artisans, ouvriers, ont travaillé durant des siècles, méritent notre respect. La pureté de nos eaux n’est pas négociable, qu’il s’agisse de celle de nos torrents, de nos sources, de nos rivières, de nos nappes souterraines ou de nos lacs. Et pas davantage la qualité de notre air, à laquelle nous veillerons tout particulièrement là où se posent des problèmes de transports par camions, d’incinérateurs, d’usines classées « Seveso »… Le parc de la Vanoise, mondialement connu, mais aussi nos parcs régionaux des Bauges et de la Chartreuse, feront l’objet de nos soins quasi amoureux. Nous voulons, comme dans toute la Région Rhône-Alpes, créer des couloirs, des « trames » vertes et bleues qui permettent aux espèces végétales et animales de bénéficier d’un espace vaste et sûr, propice à leur bien-être – comme aux bonheurs de nos balades et aux rêves de nos enfants.
Transports
La Savoie comporte deux grandes zones : un petit croissant très urbanisé (Aix-les-Bains-Chambéry-Montmélian), où vivent la moitié des Savoyards ; et de longues vallées. Nous devons optimiser les transports dans chaque cas. Les écologistes réclament depuis toujours la priorité aux transports en commun, aux dépens des véhicules individuels auxquels nous sommes encore condamnés, mais qui polluent l’air et contribuent au réchauffement climatique. Nous avons l’ambition que chaque citoyen se trouve à moins de 10 minutes d’une solution de transport en commun. Les trains express régionaux (TER) doivent être plus ponctuels et plus nombreux. Nous voulons créer une tarification « mini-groupe », pour que le train reste toujours moins cher que la voiture, qu’on voyage seul, à deux ou à plusieurs. Des lignes de bus, de cars, de minibus ou de taxis collectifs (chaque fois, de taille adaptée) doivent desservir les stations de ski et les villages. La marche à pied, le vélo, le covoiturage et l’autopartage ont, depuis longtemps, nos faveurs et notre soutien. À l’inverse, Europe Écologie refuse l’augmentation continuelle du trafic de camions, notamment sur l’axe qui mène à la Maurienne et au tunnel du Fréjus, dont on assiste en ce moment même à un doublement qui ne dit pas son nom, par le biais du creusement d’une galerie de sécurité deux fois plus large que nécessaire. Cette aberration entraînerait aussi le contournement autoroutier de Chambéry, dont nous ne voulons pas. Nous voulons réduire les transports de marchandises, nuisibles et coûteux, en rapprochant les producteurs des consommateurs. Par principe hostiles à l’augmentation permanente des transports par la route, nous donnerons un coup d’accélérateur régional au grand projet de tunnel ferroviaire Lyon-Turin, jusqu’ici sans cesse repoussé par les décideurs.
Économie et tourisme
L’écologie, c’est l’emploi. Mais l’emploi durable… Nous pouvons créer, en quatre ans, plus de 50 000 emplois en Rhône-Alpes sans croire en un miraculeux « retour de la croissance » qui mettrait « fin à la crise ». Car la « crise » découle de l’épuisement des ressources de la planète, notamment en pétrole. Nous devons (nous pouvons !) reconvertir notre économie en la tournant vers les filières impossibles à délocaliser, dans les énergies nouvelles et les économies d’énergie, dans la construction et la rénovation des bâtiments (nous triplerons le budget du logement), dans les circuits agricoles courts (AMAP, etc.), dans l’agriculture biologique, les services à la personne, le recyclage sous toutes ses formes, la réparation et la maintenance. Nous mettrons une condition écologique, sociale et éducative à toutes nos aides financières. L’artisanat, la petite et la moyenne entreprise constituent, à nos yeux, des agents essentiels : nous les privilégierons. Nous aiderons à la reconversion des salariés, y compris par un vigoureux effort de formation. Nous protégerons les emplois menacés par les délocalisations sauvages, entre autres les industries de l’aluminium en Maurienne, pour lesquelles il existe des solutions moins énergivores. Nous inaugurerons notre mandature par l’organisation d’états généraux de la reconversion durable de l’économie régionale.
Le tourisme représente la moitié du produit intérieur brut (PIB) de la Savoie. Les quatre cinquièmes des revenus qu’il génère sont imputables au tourisme d’hiver. Cependant, ce dernier est menacé par le réchauffement climatique, qui pourrait, au cours des trente prochaines années, nous faire perdre un mois d’exploitation sur quatre. La neige artificielle ne compensera jamais ce manque. Nous transformerons la « monoculture » du ski en un tourisme « tout au long de l’année », plus respectueux de la beauté de la montagne, de ses paysages, de ses ressources en eau et de sa diversité biologique.
Formation et lycées
L’humanité se pose de graves problèmes. Outre la solidarité et les valeurs de l’amitié ou de l’amour, elle n’a d’autre ressource que son intelligence (la science, la technique, la pédagogie, la culture au sens large) pour trouver les solutions nécessaires et urgentes. La création, l’innovation, la connaissance, le savoir ne sont pas des marchandises comme les autres. Près de la moitié du budget de la région Rhône-Alpes est consacrée à l’éducation : nous devons mieux utiliser cet argent. Europe Écologie désire une formation ambitieuse, libérée, accessible et partagée. Nous favoriserons la formation aux nouveaux métiers « verts », durables, non délocalisables et de proximité. Nous accompagnerons la reconversion écologique et la requalification des chômeurs, en particulier dans les filières manuelles et techniques. Nous exigerons une formation pour tous, tout au long de la vie. Nous voulons des lycées ouverts aux citoyens et à l’environnement, dont les locaux soient construits ou rénovés aux normes de haute qualité environnementale. Nous créerons un service public régional de la formation et de la culture. Nous engagerons un effort sans précédent pour soutenir l’université de Savoie, la culture, le livre, la presse, le cinéma, le théâtre, les beaux-arts et toutes les disciplines de la création artistique.
Quelle région pour demain (réforme territoriale) ?
Dans tous les pays d’Europe, les régions sont dotées d’une marge d’autonomie et de budgets beaucoup plus conséquents que dans notre France ultra-centralisée. Or, la réforme qui s’annonce vise à renforcer le pouvoir des préfets de région et à vider de leur contenu les compétences des régions et des départements : davantage qu’une recentralisation, c’est la mise en place d’une « région d’Etat » qui réduirait la région des élus à peu de choses ! Dans ces élections, Europe Écologie est la seule à prôner le « fédéralisme différencié » : cela signifie que les collectivités doivent prendre en charge tout ce qu’elles peuvent décider et assumer elles-mêmes. Nous souhaitons, en outre, une vraie péréquation entre les régions riches et pauvres. Nous ne désirons pas des régions toujours plus grandes et des métropoles toujours plus puissantes. Il nous suffit de regarder dans les pays voisins : les régions de l’arc alpin sont, pour la plupart, plus petites que les pays de Savoie et dotées d’une autonomie plus grande. Elles ont des années d’avance sur la Savoie en matière d’écologie, de respect des paysages et du patrimoine ; et leur économie (de proximité) est nettement plus solide.
OPERATION SPARTAKUS (envoyé par Kamel Boutiab, porte parole)
Economie
La Région Rhône-Alpes doit reconnaître, mettre en avant et protéger le patrimoine économique que représente l’activité du décolletage. Les concurrents américains rachètent nos entreprises qui ont un savoir-faire unique et liquident nos actifs. Or, n’oublions pas que quand le décolletage va, toute la Haute-Savoie va ! D’autre part, la Région se doit de lancer un grand projet pour les stations de moyenne montagne pour les aider dans leur reconversion. Le tourisme fait vivre notre département et nous devons le maintenir à tout prix !
Environnement
La Haute-Savoie est riche de sites exceptionnels. Du fait de ses milieux variés : zones humides et milieux associés, alpages, milieux de conditions extrêmes en altitude, glaciers…c'est un département où la biodiversité explose. De nombreux sites sont protégés ou préservés. Nous pensons que l’interdiction de ces sites au public n’est pas la bonne solution et sommes plutôt partisan pour la défense de cet environnement. Oui à l’organisation des Jeux Olympiques, mais attention à l’argent public et à la préservation des paysages et des espèces.
Formation/Lycée
Opération Spartacus milite pour la gratuité des livres scolaires dans les lycées. De plus, la Région doit permettre à la Haute-Savoie de perpétuer son patrimoine par des formations adaptées. Il faut investir dans les formations aux métiers de la montagne : espaces verts et forêts, protection de la nature, guides de montagne, moniteurs de ski, animateurs nature sans oublier les métiers de la viande et du lait ou l’artisanat. Enfin, le coût de l’apprentissage sera pris en charge par la Région et totalement gratuit pour les petites entreprises.
Réforme territoriale
Enfin une mesure qui va permettre de réduire les frais de fonctionnement de l’Etat et qui ne devrait pas se transformer en impôt supplémentaire. Il faut réduire l'empilage territorial, simplifier et rationaliser les formalités et procédures pour les citoyens, accélérer la mise en oeuvre de projets pour les entreprises. Moins de locaux à entretenir, moins de fonctionnaires ou des fonctionnaires à recycler dans des tâches plus utiles, au service des citoyens que nous sommes ; moins de services centraux… Bref, un effet boule de neige qui devrait faire beaucoup d'économies !
Transport
Malgré l’augmentation de l’offre ferroviaire dans notre région, nous regrettons que la Haute-Savoie ait été la grande oubliée du Conseil Régional. La ligne de TER Annecy-Lyon est calamiteuse. Distante de plus de 2 heures, c’est la plus lointaine de toutes les préfectures. D’autre part, la voie entre Annecy et Aix-les-Bains n’est pas doublée et limite de ce fait le nombre de trains. Enfin, les trains sont très souvent bondés et les usagers voyagent régulièrement debout. Il convient de doubler les voies, augmenter le nombre de rames et les cadences.
Agriculture
Le foncier agricole se réduit fortement et de manière continue dans notre région. Plus de 3000 ha disparaissent chaque année au profit de l'urbanisation. Opération Spartacus s'oppose au projet de métropolisation de Rhône-Alpes voulue par l'équipe sortante : le Parti Socialiste, les Verts (!) et l'extrême gauche. Nous pensons que la Région doit investir dans les formations et l'apprentissage à l'agriculture et donner envie à nos jeunes de reprendre des exploitations agricoles. Au Conseil Régional, nous conditionnerons les aides de la région au respect des critères d'éco-conditionnalité : agriculture bio ou en conversion et sous-financerons l'agriculture productiviste. Nous souhaitons également contrôler l'impact environnemental des produits phytosanitaires et nous engageons à développer les circuits courts et à promouvoir une agriculture locale au dépend d’une urbanisation systématique.
MODEM (envoyé par Marina Ferrari, tête de liste en 73)
Transports
Nous créerons un véritable Pass harmonisé « le Régional » pour tous les transports en commun de la région afin de faciliter la mobilité et l’intermodalité. Nous renforcerons la fréquence et le maillage territorial des transports en commun pour en augmenter la fréquentation. Nous favoriserons la construction de parkings relais et autres infrastructures d’intermodalité. Nous équiperons progressivement les TER de connections au web. Nous mettrons en place une ingénierie des transports qui permettra de diminuer le trafic hivernal dans nos vallées.
Tourisme
Nous mettrons en place une ingénierie des transports qui créera une synergie entre les différents modes de déplacement collectif d’accès aux stations en concertation avec les professionnels du tourisme. Tout en développant une nouvelle offre touristique, ce système permettra de diminuer le trafic hivernal dans nos vallées. Nous participerons au renforcement des capacités d’accueil touristique (hôtellerie, chambre d’hôte, campings) dans le respect du développement durable. Nous donnerons également aux territoires la capacité de valoriser leurs atouts.
Environnement,
Nous voulons une région ECO-RESPONSABLE. L’éducation, la formation, la recherche, la créativité et la solidarité seront nos outils. L’éco-conditionnalité sera la règle. Nous développerons les formations à l’écoconstruction et aux énergies renouvelables à destination des artisans et des TPE. Nous mettrons en place une ingénierie des transports qui créera une synergie entre les différents modes de déplacement collectif d’accès aux stations en concertation avec les professionnels du tourisme.
Politique Économique
Nous disons stop à l’éparpillement actuel des dispositifs d’aides multiples et complexes pour les simplifier et en faciliter l’accès aux porteurs de projets créateurs de leur emploi ou d’une entreprise. Nous voulons promouvoir une commercialisation équitable des produits locaux par l’utilisation des circuits courts de vente. Nous pérenniserons et augmenterons le budget du fonds régional d’urgence d’une part et nous doterons la région d’un fonds d’aide à la trésorerie des entreprises sous forme d’avances remboursables.
Agriculture
Nous financerons la mise en place de points de commercialisation courts. La formation continue des agriculteurs sera développée dans les techniques d’agriculture durable, économe en engrais, en polluants et en énergie. Nous financerons les regroupements d’agriculteurs qui s’engageront dans la transformation en produits plus élaborés de leur production de matière première ainsi que dans la promotion de celle-ci.
Éducation
Le rôle de la région en la matière c’est la formation. Nous étendrons les CARED (Contrat d’Aide et de Retour à l’Emploi Durable) aux PME et PMI de moins de 50 salariés en les conditionnant à l’obtention d’un CDI. Pendant les vacances, le soir et le week-end, nous voulons ouvrir les lycées à une nouvelle université populaire pour tous. Nous créerons une Banque Régionale du tutorat. Notre territoire est dépendant du tourisme hivernal, nous nous engageons à développer les formations bi-qualifiantes permettant de pérenniser l’emploi sur l’année.
Réforme des collectivités
Nous sommes favorables à une réorganisation territoriale autour du couple départements/région. En revanche, nous nous opposons fermement au mode de scrutin proposé par le gouvernement, d’une part sur la question d’un seul tour de scrutin et d’autre part sur la part de proportionnelle proposée. Favorables à la décentralisation, nous défendons l’autonomie fiscale de la région or, la suppression de la taxe professionnelle et le transfert des taxes foncières au secteur communal vont réduire fortement cette autonomie.
NPA (envoyé par Myriam Combet, tête de liste régionale et en 73)
Transport
Au lieu d’investir des sommes faramineuses dans le Lyon-Turin, nous utiliserons cet argent en faveur des TER, en assurant leur développement, leur adéquation avec les besoins de la population, notamment en terme d’horaires et de dessertes, mais aussi leur gratuité totale car la mobilité doit être un droit reconnu pour tous. Nous défendrons la réouverture des petites gares comme celle de Chignin. Nous refuserons l’ouverture des TER à la concurrence, à l’opposé de l’actuelle majorité régionale qui n’est pas hostile à cette libéralisation. Nos oxygénerons nos vallées en fermant les tunnels alpins au trafic des poids lourds. Nous défendrons la relocalisation des productions agricoles et industrielles pour supprimer les transports inutiles et polluants. Nous soutiendrons aussi le fret ferroviaire victime de la politique du tout routier des gouvernements libéraux qui dirigent ce pays depuis 25 ans.
Tourisme
Nous mettrons fin aux aides au tourisme de luxe, en particulier dans les stations de montagne, pour encourager le développement d’un tourisme social, la création de centres de loisirs pour tous, avec des activités créatrices de solidarité et de lien social, en défendant le droit aux vacances vraiment pour tous. Nous mettrons fin aux projets ruineux et écologiquement désastreux comme les JO prévus dans les pays de Savoie en 2018.
Politique économique
Nous exigeons le remboursement de toutes les aides et avantages publics accordés aux entreprises qui licencient, comme Spirel ou Rio Tinto en Maurienne. Nous développerons un fonds pour soutenir les travailleurs qui luttent pour la préservation de leurs emplois et pour leur permettre de reprendre leur entreprise en coopérative. Nous souhaitons redéployer les aides, sous conditions de critères sociaux et écologiques, vers les entreprises du secteur coopératif, de l’économie solidaire, les petits producteurs.
Agriculture
Nous soutiendrons une agriculture paysanne et biologique, de proximité, avec des débouchés régionaux. Nous retirerons les délégations qui ont été données aux grands groupes privés comme Scolarest pour la gestion de la restauration scolaire, en les remplaçant par une gestion directe des cantines publiques, pour distribuer aux lycéens une alimentation de qualité produite en filière courte. Nous lutterons contre les OGM et les trusts de l’agroalimentaire. Nous préserverons la biodiversité. Nous mettrons fin à l’étalement urbain et développerons une politique foncière qui préserve réellement les terres agricoles.
Education
L’argent public ira au service public. Nous mettrons fin aux aides régionales pour les patrons d’apprentis, car l’apprentissage est une voie qui conduit trop souvent les jeunes à l’échec, les ruptures de contrat atteignant 50 % dans certaines filières. Nous développerons l’enseignement professionnel public et nous réaffecterons aux lycées publics les 15 millions d’Euros que la majorité régionale verse aux lycées privés au-delà de ses obligations légales. Nous assurerons la gratuité totale des manuels scolaires dans les lycées. Nous mettrons en place un véritable service public de la formation professionnelle, qui mette fin à la marchandisation de la formation actuellement en œuvre dans notre région. Nous titulariserons les personnels précaires du conseil régional et augmenterons les effectifs des agents TOS.
Situation de la Savoie en temps de réforme des collectivités territoriales
La démocratisation de la région passe par la mise en place d’un scrutin véritablement proportionnel, par une réelle démocratie participative, avec possibilité de référendum citoyen et budget participatif, ainsi que par le droit de vote des étrangers à toutes les élections. Il convient aussi de rétablir un minimum de justice fiscale, par la mise en place d’une nouvelle taxe professionnelle, assise sur les profits des entreprises, mais aussi par la suppression de la TIPP régionale, cette taxe sur les carburants socialement injuste que la majorité régionale a mise en place en 2006.

