Lors de la visite de la commission du CIO, approved les anti-JO se sont vus privés de voix et de banderoles. Dans la plaine du Mont-Blanc, website certains portent plainte pour atteinte à la liberté d'expression.

C'est à nouveau dans le pays du Mont-Blanc que la mobilisation des anti-JO a été la plus importante lors de la visite de la commission d'évaluation technique du CIO la semaine dernière. De Domancy à Chamonix, cialis 40mg en passant par Passy et Les Houches, des petits groupes de militants ont tenté de déployer des banderoles au passage du convoi du CIO pour exprimer pacifiquement leur opinion sur les Jeux Olympiques de 2018. En vain, puisqu'à chaque fois les forces de l'ordre les ont enlevées et confisquées, profitant de l’occasion pour procéder à des relevés d'identité. L’Association pour le respect du site du Mont-Blanc (ARSMB) a décidé de porter plainte ce mardi auprès du procureur de la République de Bonneville, pour atteinte à la liberté d'expression.


Des banderoles à Chamonix et aux Houches

C'est au rond-point de La Vigie, à Chamonix, que l'ARSMB avait décidé de se mobiliser le 11 février. « Nullement opposé au caractère sportif des J.O., nous souhaitions dénoncer la dérive commerciale, mercantile et affairiste du Comité Olympique, et ses conséquences catastrophiques sur l’environnement », explique Jean-Pierre Coméliau, le président de l'ARSMB. Pour exprimer ce point de vue, deux militants de l'association avait posé une banderole « JO = usine à gaz ». Mais quelques minutes avant le passage de la délégation officielle, une dizaine de gendarmes ont confisqué la banderole et les ont obligé à quitter les lieux. « Il y a eu confiscation (vol) manu-militari de nos banderoles, avec les commentaires d'usage: 'si résistance ou rébellion, alors outrage et garde à vue' », raconte Simon Métral de l'ARSMB, sur Alambik.info.


« Nous avons immédiatement dénoncé l’attitude inadmissible - non pas de la Gendarmerie qui ne faisait qu’obéir aux ordres reçus - mais des hauts responsables de l’Etat. Il est en effet scandaleux qu’on ne puisse plus dans ce pays afficher une simple opinion ! », ajoute Jean-Pierre Coméliau. Il n'y a pas qu'à Chamonix que les anti-JO se sont vus privés de voix et de banderoles sur le passage du CIO. Aux Houches, l'Atelier d'Equités n'a pas eu plus de chance. Ils ont eu aussi tenté de déployer une banderole, cette fois-ci avec le slogan « CIO Mafia », mais la Gendarmerie l’a aussitôt confisquée.

A Domancy et Passy également

Plus bas dans la vallée, un agriculteur de Domancy avait été le premier de la journée à vouloir montrer à la commission d'évaluation technique du CIO que la plaine du Mont Blanc ne voulait pas d'Annecy 2018. Sur son tracteur dans un de ses champs, il a déployé une banderole « Non aux JO ». « Très rapidement, la gendarmerie, a traversé son champ et le lui a fait enlever en affirmant qu'il entravait l’ordre public. Ils lui ont demandé son identité, et pris l’immatriculation de son engin de travail », relate le Comité anti-olympique (CAO). Quelques centaines de mètres plus loin, à proximité du lieu prévu pour l'installation de la patinoire olympique de Passy, une dizaine d'habitants ont déployé une banderole « JO = béton » au passage de la délégation officielle. « Les policiers en civil nous ont arraché notre banderole », précise Barbara.


La commission d'évaluation technique du CIO a ensuite pris la direction du collège de Passy pour prendre le petit-déjeuner. Sur place, les collégiens devaient initialement accueillir les membres de la délégation officielle pour soutenir Annecy 2018... avant que la principale du collège ne s'y oppose suite à de multiples protestations de parents d'élèves. La FCPE - première fédération de parents d'élèves - expliquait la veille de l'arrivée en Haute-Savoie du CIO, qu'elle « s'indignait et s'opposait à l'utilisation des enfants pour faire de la propagande ». Résultat, les collégiens passerands étaient tous en cours ce vendredi. Sauf qu'à dix heures, c'était la récréation et qu'une centaine d'élèves ont voulu se faire entendre... « Mon fils vient de me raconter ce qui s'est passé au collège. (…) Les élèves se sont rassemblés au plus près de la tente derrière le grillage, ils se sont mis à huer les officiels, et à dire des slogans contre les JO. Certains ont ensuite jeté des cailloux de l'autre côté du grillage, sur les policiers et la tente. Le service d'ordre a été complètement débordé semble-t-il, ainsi que les surveillants », explique un parent d'élève sur Alambik.info.


Il faut dire que depuis quelques jours la situation était tendue entre les collégiens et le personnel de sécurité qui gardait les lieux devant accueillir le CIO. « Ce matin (ndlr : le 8 février), un élève de troisième a été molesté par un de ces gardes pour avoir poussé une barrière. Mon fils a été menacé par un garde avec un chien car il leur avait dit qu'il était contre les JO. J'ai moi-même constaté en venant le chercher ce soir que les gardes étaient en haut, au contact avec les jeunes, au lieu d'être à "garder" la tente », témoigne un second parent d'élève sur Alambik.info. Et un troisième d'ajouter : « Quand je suis rentrée dans ma voiture, j'ai vu la sécurité la prendre en photo dans mon rétro. Je suis sorti en le priant de me prendre en photo avec ma voiture. Son malinois ou berger belge me hurlait dessus bien énervé, attaché mais pas muselé. Le maître ne contrôle pas très bien son chien. » Plusieurs parents d'élèves s'étaient alors émus de ce comportement assez agressif auprès de la mairie qui indiquait de son côté des provocations des jeunes.

Déni de démocratie et copinage

Accès interdit sur le site de Passy, collèges et écoles entourées de gendarmes, contrôle d’identité des citoyens venus en spectateurs, fouille des véhicules, surveillance aérienne du site, intimidation en tout genre et menace de mise en « garde à vue » pour toute personne exprimant son opposition aux J.O. Ce qui s'est passé le 11 février dernier dans la plainte du Mont-Blanc, l'ARSMB ne l'a pas digéré et l'a directement fait savoir au procureur de la République de Bonneville : « Ceci représente un véritable déni de démocratie, car ce qui se passe aujourd’hui pour les Jeux Olympiques se reproduira demain pour n’importe quel autre motif, ce qui, à nos yeux, est excessivement grave. »

Lucide, Jean-Pierre Coméliau craint que la plainte déposé par l'ARSMB soit classée sans suite : « Nous craignons, Monsieur le Procureur, que vous jugiez ‘irrecevable’ cette plainte déposée contre… votre ‘employeur’ et contre le Préfet de Haute Savoie, votre collègue et ‘ami’ ! Carriérisme et ‘copinage’ ont leurs raisons… Certes, de tels soupçons sont irrespectueux mais fondés. » Et l'ARSMB de conclure son courrier adressé au procureur de la république de Bonneville : « Pourquoi aurions- nous confiance et respect envers un Etat qui ne respecte pas lui-même les fondements de la démocratie et de la République ? » La commission d'évaluation technique du CIO rendra public son rapport sur la candidature d'Annecy 2018 le 10 mai prochain. Et c'est le 6 juillet, que le CIO élira en Afrique du Sud la ville qui organisera les Jeux olympiques d'hiver de 2018.

Mikaël Chambru

 

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