Les 14 et 21 mars, clinic les Savoyards sont appelés à se rendre dans l'isoloir pour élire leurs conseillers régionaux. Tour d’horizon des forces en présence et des enjeux de ce scrutin toujours rhônalpin.

Moins d'un an après les élections européennes, click une nouvelle échéance électorale attend les Savoyards. Le 14 mars prochain, ils devront cette fois renouveler leurs conseillers régionaux, qui siégeront à Lyon pour les quatre prochaines années, et non plus six, réforme des collectivités territoriales oblige. Lors de la précédente mandature, la gauche traditionnelle (PS, PRG, PCF, PG) et les écologistes (Les Verts) étaient alliés au sein de l'exécutif régional et gouvernaient ensemble, sous la présidence du socialiste Jean-Jacques Queyranne. Une alliance rose-vert-rouge qui a tenu bon malgré l'apparition de divergences notables au cours du mandat, que ce soit sur le soutien financier à la candidature d'Annecy pour l'organisation des JO 2018 ou celui relatif au projet de Center Parc du groupe Pierre et Vacances en Isère, pour ne prendre que les exemples les plus récents. Derrière ces divergences, faisant essentiellement référence à des mesures symboliques, se cache une opposition fondamentale.

L’élévation de la Savoie en duché, diagnosis sous le règne d’Amédée VIII, thumb fait entrer la Savoie dans la cour des grands. Pour Henri, c’est un événement qui vaut bien le 14 Juillet.

Le 19 février 1416, quatre siècles de fidélité au Saint Empire romain germanique sont récompensés. Comme la Bavière ou l’Autriche, la Savoie, en devenant duché, devient un Etat souverain au sein de l’empire. Elle aura désormais droit de vote à la diète, comme les nations ont aujourd’hui droit de vote à l’ONU. Un événement énorme, mais méconnu. A l’époque, les factions commencent à déchirer la Françie. La guerre civile bat son plein dans un royaume à moitié conquis par les Anglais. La confusion règne au sein de la papauté car trois papes portent la tiare. Coté Saint Empire, Sigismond de Luxembourg et Josse de Moravie sont candidats au titre d’empereur. Et en Savoie, le compte Amédée VIII profite de la tranquillité qu’il retire de tout ça. Il accroît son domaine tout en perfectionnant l’administration du pays. Sa noblesse ne manque pas une occasion de briser des lances pour mieux acquérir renommée. Amédée soutient le roi de Hongrie contre les Turcs, puis les Franciens contre les Anglais. Et il supporte Sigismond, déjà reconnu comme roi des Romains.

Le Salomon de son époque

Les conseils d’Amédée VIII sont toujours suivis. On le nomme le Salomon de son époque. Il appuie de son autorité l’université de Paris dans son désir de terminer le schisme de l’Eglise. Sigismond, lui, parcourt l’Europe afin de convaincre chacun d’élire un pape ayant l’agrément de tous. Il entreprend ainsi de rendre visite en Aragon à Benoit XIII, qui refuse de se démettre. Amédée l’accompagne et lui facilite le voyage en mettant à sa disposition à Seyssel huit barques superbement parées pour descendre le Rhône. Le futur empereur envisage alors de procéder à l’élévation d’Amédée au rang de duc à Lyon, comme pour rappeler les anciens droits de l’empire sur cette ville. Mais il se rabat sur Montuel où, sur un territoire qui la veille encore était francien, il fait acte d’autorité et élève la Savoie en duché à la fin juillet de l’an 1415. Quelques mois plus tard, il devient empereur et va vite se rendre en Savoie pour officialiser la création du duché. Mais aussi pour se « prévaloir des lumières d’Amédée VIII » en vue de ses futurs voyages à Londres et à Paris, destinés à réconcilier deux rois.

Au moins huit départements français

A Chambéry, un théâtre est construit pour la cérémonie. Des tournois sont organisés durant plusieurs jours. En faisant d’Amédée un duc héréditaire, Sigismond élève aussi la Savoie qu’il décrit comme un être vivant dont il énumère les villes, les châteaux, les villages, les montagnes et les collines, les forêts et les taillis, les lacs et les fleuves, les barons et les vassaux, les paysans et cultivateurs, mais aussi nos bestiaux qui, tous, contribuent à la vaillance et à la loyauté de la grande patrie de Savoie. Une terre qui s’étend de Mâcon aux limites du Piémont et des confins de l’Helvétie allemande à la Méditerranée. L’équivalent d’au moins huit départements français, beaucoup plus que n’ont jamais compté les duchés de Bretagne, de Lorraine ou même de Bourgogne. Ceci explique que, en ce 19 février 1416, la Savoie soit haussée au rang de grande puissance. En 1972, j’ai considéré que cet événement, sans doute le plus considérable de toute notre histoire, pouvait constituer notre fête nationale, plaçant la Savoie sous la prédominance du pouvoir civil. Cette invention, faites par le titulaire d’un CAP d’ajusteur, personne parmi l’élite n’y avait songé depuis 1416. Elle a fait depuis son chemin.

Henri Dénarié

 

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