Les opposants aux gaz de schiste ont manifesté ce week-end à Annecy en espérant faire reculer le futur gouvernement. François Hollande sera-t-il le chef de l'Etat qui laissera forer en Savoie ?

Entre deux averses, pas loin de 200 personnes se sont rassemblées le 12 mai sur le Pâquier, à Annecy, pour redire leur opposition aux recherches et aux forages d’hydrocarbures. C'est la quatrième manifestation en pays de Savoie en seulement quelques mois, après celle de Lantenay (voir notre reportage), de Saint-Julien-en-Genevois (voir notre reportage) et de Bourg-en-Bresse (voir notre reportage). Cette fois-ci, ils espèrent faire reculer François Hollande et le futur gouvernement sur cette question des gaz de schistes en rappelant qu’il y a urgence, car la menace de forage serait de plus en plus pressante. A Viry, dans le Genevois, la compagnie pétrolière détentrice du permis d'exploration aurait ainsi trouvé un terrain privé où installer prochainement ses derricks. Et dans la vallée d'Abondance, le ministère n'a toujours pas validé un avis défavorable émis par le préfet de la Haute-Savoie.


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Image : Julien Olivari

Interview et montage : Mikaël Chambru

 

Commentaires  

 
-3 #11 20-06-2012 09:04
Pour info, lettre de l'Amicale des foreurs au Président de la République:
"A la suite de la constitution du nouveau gouvernement, nous souhaitons au titre de notre association (l’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole), qui rassemble plus de 1700 professionnels actifs et retraités de l’industrie pétrolière, attirer votre attention sur le sujet aujourd’hui « tabou » des hydrocarbures non conventionnels (HNC).

Les HNC, plus spécialement le « gaz de schiste », ont en effet été l’objet d’une campagne de dénigrement sans précédent orchestrée par certaines personnalités avec l’aide d’un film dit « documentaire », « Gasland » de l’américain Josh Fox. Cette campagne a été reprise par un certain nombre de collectifs, avec l’appui de médias plus soucieux de sensationnel que d’exactitude technique. Les politiques de tous bords ont suivi le mouvement sans malheureusement écouter les avis des personnes compétentes, ce qui a conduit à la loi interdisant la « fracturation hydraulique » et à l’annulation de plusieurs permis de recherche dont les titulaires ont d’ailleurs déposé un recours.

Nous souhaitons en premier lieu attirer votre attention sur l’aspect technique de l’exploitation de ces HNC :
1. Les HNC sont des hydrocarbures identiques à ceux qui sont exploités à ce jour : la seule différence étant qu’ils sont restés dans leur matrice d’origine (les roches-mères), alors que les conventionnels ont été expulsés de cette matrice et se sont retrouvés dans des pièges stratigraphiques.
2. Les techniques de forage pour accéder à ces roches mères sont les mêmes que celles qui se pratiquent depuis des décennies : il y a eu plus de 6000 puits forés en France sans incident notoire, en particulier sans pollution des nappes phréatiques qui sont traversées et isolées au cours de ces forages.
3. C’est la technique d’exploitation qui diffère puisqu’il est nécessaire de fissurer ces roches afin de créer une micro-perméabilité qui permettra au fluide de s’écouler : c’est ce que nous appelons la stimulation hydraulique (la « fracturation » dans le langage commun).
4. La stimulation hydraulique est une technique ancienne systématiquement utilisée dans certains réservoirs « conventionnels ». Elle est donc bien maîtrisée.
Ce qui fait la différence dans le cas des HNC, c’est le fait de son utilisation sur une plus grande échelle.
5. Le fluide de stimulation est essentiellement composé d’eau (plus de 99%) : il en faut certes des quantités importantes, variables d’un puits à l’autre, mais :
a. La consommation d’eau est ponctuelle et non permanente
b. Une bonne partie de cette eau est récupérée et traitée (notre législation est très stricte en ce domaine) et peut être réutilisée.
c. Il ne peut être question de prélever cette ressource au détriment de besoins prioritaires (agricoles par exemple).
d. Elle représente une infime portion de ce qui est utilisé industriellement ou même pour des besoins moins nobles comme le lavage des véhicules.
6. Les additifs, présentés comme hautement toxiques et en quantités phénoménales, ne sont que des produits d’une utilisation courante dans notre vie quotidienne (alimentation, cosmétiques, produits ménagers) ; ils sont en nombre très limité (une douzaine environ) et la profession n’a rien à cacher à leur sujet.
7. Le « mitage » du territoire que présente le film Gasland a pour origine la loi nord-américaine où le propriétaire du sol est aussi propriétaire du sous-sol, ce qui incite chaque propriétaire à avoir un puits sur son terrain. Ceci n’existe pas en France et la profession sait depuis longtemps forer un grand nombre de puits à partir d’une empreinte au sol réduite.
8. On sait également depuis longtemps minimiser les nuisances occasionnées lors du forage : de nombreux puits ont été forés en France en zone urbaine ou péri-urbaine sans que les riverains en soient sérieusement incommodés. Ces nuisances sont de plus très limitées dans le temps et la production en elle-même n’en produit aucune.
On peut rappeler que 7 puits ont été forés en plein PARIS, le dernier ayant été exécuté en juillet/août 1999 au Square VERLAINE, par la Société COFOR. Ces forages n’ont donné lieu ni à pollution ni a manifestations de contestation de la part des riverains.
De plus amples détails techniques sont disponibles sur le site internet de notre Amicale (www.foreurs.net).

Cet aspect technique ayant été précisé, nous souhaitons maintenant attirer votre attention sur des considérations socio-économiques.
1. L’important déficit de notre balance commerciale est dû en grand partie (plus de 65 milliards d’euros) aux importations de pétrole et de gaz : il est inutile d’insister sur l’aspect positif qu’aurait une production nationale.
2. Le prix du gaz ne cesse d’augmenter en France en raison des contrats passés avec les fournisseurs étrangers, alors qu’une production domestique pèserait sur les prix comme c’est le cas actuellement aux USA.
3. Les emplois qui pourraient être générés par l’exploitation des HNC sont des emplois nationaux non délocalisables. On sait par l’exemple des USA que cette activité nécessite une main-d’œuvre importante.
Nous avons en France une expertise dans tous les domaines nécessaires à ces travaux et les industriels sont prêts à faire face à un développement de la demande.
C’est essentiellement à ce titre que l’AFMP intervient dans ce débat car elle souhaite que les métiers du forage (dont tous nos adhérents sont ou ont été les acteurs) retrouvent en France une nouvelle période faste : ce sont de magnifiques métiers auxquels nous sommes tous très attachés.
4. La France est un des derniers pays d’Europe à n’avoir pris en considération que les aspects négatifs de l’exploitation des HNC : ailleurs les travaux avancent et les premières productions sont attendues dès 2014. Nous ne comprenons pas cette frilosité et nous avons peur de voir notre pays prendre du retard en ce domaine.
5. Nous ne sommes pas des citoyens inconscients des enjeux du réchauffement climatique et de la nécessité de réduire l’utilisation des énergies fossiles, mais :
a. L’humanité aura encore besoin pendant de nombreuses décennies des hydrocarbures pour certains modes de transport, pour l’industrie chimique, etc.
b. D’autres pays vont utiliser des HNC et en fournir à bien meilleur marché que les énergies renouvelables pendant de nombreuses années : il faut donc développer les techniques de captage et de stockage du CO² pour limiter les effets négatifs des hydrocarbures.
c. Certaines énergies renouvelables comme le photovoltaïque et l’éolien sont très consommatrices en ressources naturelles (terres rares) et leur fabrication tend à dépendre d’un seul pays, la Chine : il y a donc un grand risque à leur faire une part trop grande dans notre politique énergétique. De plus, le photovoltaïque comme l’éolien ne présentent aucune garantie de disponibilité immédiate en cas de besoins ponctuels : ils nécessitent donc d’être complémentés par des centrales thermiques fonctionnant généralement au gaz.

Il nous semble aujourd’hui nécessaire de mettre en place des expérimentations pour évaluer les risques liés à l’utilisation des techniques d’extraction des HNC, comme le prévoit la loi votée en juin 2011. Par ailleurs, la poursuite de forages de recherche permettrait d’obtenir une estimation des ressources de notre sous-sol. J’attire votre attention sur le fait que ces programmes d’expérimentation et de recherche ont été préconisés par le Conseil Général de l’Industrie et le Conseil Général de l’Environnement dans un rapport publié en mars dernier.

Pour toutes les raisons que nous venons de vous exposer, nous vous demandons de reconsidérer la question des HNC avec plus de pragmatisme, hors de toute idéologie et sans céder aux inévitables pressions que les détracteurs démagogues ne manqueront pas d’exercer sur vous.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération."
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+1 #10 22-05-2012 21:38
Personnellement, je pense que l'accès à une eau propre à la consommation et aux besoins quotidiens de la population est la priorité, nous n'allons pas saccager notre environnement et déstabiliser nos sous-sol pour faire plaisir à des compagnies gazières qui ne veut eux que leur profit à court terme. La société a tout a gagné à apprendre à économiser l'énergie, à recycler et à innover. La diversification des énergies renouvelables est une voie, l'innovation comme le moteur magnétique en est une autre. Pour ceux pour qui la consommation énergétique est un crédo, qu'ils se proposent à jouer les cobayes de la fracturation hydraulique en acceptant un forage dans leur jardin par exemple, je pense qu'ils seraient vite refroidis dans leur enthousiasme ! La mobilisation ne fait que commencer, si ces permis ne sont pas abrogés par le nouveau gouvernement et les futurs élus de la nation, cette mobilisation sera exponentielle. Mes chaleureuses salutations aux citoyens qui ont formé cette chaîne humaine.
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+1 #9 16-05-2012 16:24
Citation en provenance du commentaire précédent de visiteur :
Il me semble qu'il y a pas mal d'énergie hydraulique en Savoie!


Bien vu mais cela suffit-il ? Les barrages ne sont-ils pas vieillissants?

Les voitures ne roulent pas à l'eau, et les batteries sont encore incompatibles avec nos montagnes et le froid de nos hivers.

Les transitions énergétiques ne doivent pas être trop rapides pour être réussies sur les plans technologiques, économiques et sociaux. Elles sont cependant inéluctables.
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+2 #8 16-05-2012 08:07
Citation en provenance du commentaire précédent de JPB :
On résume : pas de nucléaire, pas d'éolienne, bientôt plus de pétrole... comment croyez-vous pouvoir maintenir notre mode de vie énergétivore ?... Le gaz nat, c'est quand même mieux que les sables bitumineux ou le charbon promis pour faire tourner nos centrales élec... Moins de réactions émotionnelles et plus de réflexion permettrait au débat sur notre avenir énergétique de gagner en maturité.

Il me semble qu'il y a pas mal d'énergie hydraulique en Savoie!
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+3 #7 15-05-2012 05:28
Pour tout ceux qui préferent continuer à vivre sans économiser quitte à saccager leur propre pays (dont nous sommes fier ?!) et sans penser à leur santé : http://vimeo.com/38843993
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0 #6 14-05-2012 23:43
Cadeau de l UMP,NKM a refusée l'amendement n°10 du PS concernant "les détournements" sur les contrats d'exploration du gaz de schiste.Le 10 juin pensez y.
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-4 #5 14-05-2012 21:22
Dans 2 ans quand la France sera en faillite économique, les savoisiens, leur souveraineté retrouvée, iront le chercher ce gaz de schiste.
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-3 #4 14-05-2012 20:21
On résume : pas de nucléaire, pas d'éolienne, bientôt plus de pétrole... comment croyez-vous pouvoir maintenir notre mode de vie énergétivore ?... Le gaz nat, c'est quand même mieux que les sables bitumineux ou le charbon promis pour faire tourner nos centrales élec... Moins de réactions émotionnelles et plus de réflexion permettrait au débat sur notre avenir énergétique de gagner en maturité.
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+4 #3 14-05-2012 18:57
Ils n'ont pas le droit de forer. Les contrats ont été passés avec la france, qui n'est pas propriétaire des terres savoisiennes. Il s'agit d'une escroquerie française et les contrats de concessions sont donc caducs. C'est peut être le moment de faire valoir le droit international du pays de Savoie, non ?
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+4 #2 14-05-2012 18:25
Ne touchez pas au châblais avec cette merde.
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