Le documentaire de Clarisse Feletin sur l’affaire de la dioxine à Gilly-sur-Isère est enfin diffusé à la télé. Peut-être de quoi éclairer la justice à la veille d’un nouveau procès.

Souvenez-vous, c’était une époque où, en guise de réveil, une population retrouvait chaque matin leurs tables de jardin, leurs vitres, leurs voitures recouvertes d’une couche de poussière noire… Rappelez vous ce temps où simples citoyens, écologistes, élus s’interrogeaient à haute voix sans être entendus… De cette période où, aux alentours d’un incinérateur à ordures, on battait le sinistre record de France du taux le plus élevé de dioxines jamais décelé (soit environ 750 fois plus que la norme admise), de ces 365 exploitations agricoles contaminées, de ces 7 000 bêtes abattues, enfin, de ces 41 000 habitants exposés aux fumées toxiques… C’était il y a moins de 10 ans, à quelques encablures de la cité olympique d’Albertville. Dans une bourgade nommée Gilly-sur-Isère.

Dans les pas de la juge d’instruction

Réalisé entre 2002 et 2007 et, depuis cette année, remarqué dans nombre de festivals, le film de Clarisse Feletin nous plonge dans les entrailles d’ordinaire si discrètes d’une instruction, celle du scandale du scandale de Gilly. Promenant le spectateur dans les pas d’Hélène Lastera, la magistrate en charge du dossier, il met en lumière le travail, les doutes et les espoirs de cette jeune juge d’instruction qui, pour son premier poste, à 30 ans, marchait sur un fil.  « Pour elle, c’était une position difficile à tenir. Au moindre faux pas, à la moindre erreur, ça aurait pris des proportions énormes », témoigne la documentaliste qui dit également avoir voulu, à travers ce film, montrer que l’indépendance de la justice est surtout simplement une affaire d’hommes et de femmes qui ont des valeurs, des idéaux, bref, une morale. Et de tirer, à cette occasion, un signal d’alarme : « Aujourd’hui on parle de la suppression du juge d’instruction, c’est un projet qui m’apparait dangereux pour la démocratie. Au contraire, il faut encourager ce genre de personnes qui ont beaucoup de cran. »

« Et vous, que faisiez-vous ? »

Côté justice, après huit ans d’instruction, un nouveau procès se prépare à Albertville ; il est prévu pour les 29 et 30 novembre prochains. En attendant cet hiver, à Gilly, du côté de la rue rebaptisée « Rue des cancers », on pourra toujours méditer devant cette scène du film où Hélène Lastera, derrière son bureau, le ton calme, prenant un moment entre chaque phrase pour que la sténo ait le temps de retranscrire le PV,  s’adresse  au directeur de l’usine à propos des poussières chargées de dioxine et de métaux lourds recrachées régulièrement dans l’atmosphère sans être filtrée. « Et vous, que faisiez-vous pour mettre un terme à ces incidents qui provenaient en partie de l’opérateur ? » Et l’autre de répondre : « Quand j’arrivais le matin et que je m’apercevais qu’il y avait des incidents répétés… Ben je…. Je me fâchais. » Terrifiant.

Frédéric Delville.

Retrouvez ici un extrait du film.

Le documentaire de Clarisse Feletin, La juge et les dioxines (75 minutes), sera diffusé sur France 2 le 9 septembre à 23h05.  Rediffusion samedi 11 septembre à 00h40.

A noter, que le numéro 11 de la revue XXI, disponible uniquement en librairie, traite également du film à travers des dessins d’Olivier Tallec commentés par la réalisatrice elle-même.

 

Commentaires  

 
0 #19 Niko 04-12-2011 10:59
les français aiment se repaitre d'"affaires" vieilles de 10 ans en oubliant que le jeux médiatique consiste à respecter scrupuleusement un délais, et à sortir des "vieux gros dossiers" afin que la populasse s'offusque des vielles affaires en oubliant de regarder celles présentes sous leurs yeux.
Regardez la Libbye .... une guerre coloniale masquée en restauration de la démocratie sur fond de neutralisation d'un dictateur .... dire ceic aujourd'hui est subversif....demain le citoyen lambda s'en offusquera....persuadé d'être au top de la veille citoyenne .... mais quand on a 10 ans de retard sur une analyse c'est de la masturbation mentale, surtout à l'époque ou l'on vit....
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-2 #18 Féfé 17-09-2010 06:45
COOOooolllLLL Raoul!
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-4 #17 Mikaël 14-09-2010 07:40
Pour ceux que ça intéresse, voilà une interview vidéo de la réalisatrice : http://environnement.doctissimo.fr/un-air-plus-pur/pollution-et-sante/La-juge-et-l-affaire-des-dioxines-Interview-de-Clarisse-Feletin-2.html
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+2 #16 Paulo 13-09-2010 22:54
Barnier est le seul politique d'envergure national a ne s'etre pas présenter devant la juge, alors qu'il n'était convoqué qu'en tant que témoin.
De deux chose l'une: soit il a des choses a se reprocher, soit il est simplement lache.
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0 #15 BAUDU Evelyne 13-09-2010 19:47
Je suis à 100% d'accord avec presque tous les commentaires excepté celui sur Barnier (que je n'ai peut être pas compris). Quant à l'heure de diffusion et de rediffusion honte à France 2 qui se montre aussi courageuse que le procureur. C'est une émission de salut public qui aurait dû passer à 20H30. Il faut se battre contre la suppression du juge d'instruction car sinon c'est la fin de la démocratie déjà qu'elle est mal.Moi aussi j'aimerais savoir ce qu'est devenu la juge.
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+5 #14 Marie 10-09-2010 08:38
et on parle de supprimer le juge d'instruction ,ou va t-on ?
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+3 #13 paulo 10-09-2010 06:47
Et Barnier, il l'a regardé le documentaire lui?

sinon, moi j'aime le chocolat, gaco. Faudrait nous en livrer.
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+2 #12 tahar 09-09-2010 23:38
belle et rebelle
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+2 #11 Giacometti suisse 09-09-2010 23:34
Je viens de visualiser ce documentaire, Madame la juge chapeau !! Quand a ce procureur de la republique, pauvre homme, il me fait penser a votre ministre du travail, un vrai faux cul !!
Salutations du pays du chocolat
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+3 #10 penitygoulven 09-09-2010 23:09
j'aurais aimé savoir deux choses.pourquoi le directeur de la drire n'a-t-il pas été jugé au moins pour faute professionelle grave?et ensuite qu'est devenue ce jugz d'instruction bien plus courageuse que beaucoup d'hommes dont je fais partie ne l'auraient été dans ce cas.
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