Pour Dominique Frey, co-présidente de l’ACALP à Gilly-sur-Isère, nos dirigeants n’ont aucune volonté d’identifier les risques liés aux imprévus technologiques. (dossier le temps des catastrophes)

 « Aujourd’hui, je ne suis pas capable de faire le lien entre les cancers et l’usine. Je sais juste qu’il y a eu beaucoup de cancers et une grosse pollution à la dioxine, qui est un produit cancérigène. Après, c’est le rôle des experts, mais ils ne semblent pas plus capables que moi de faire ce lien. C’est comme pour l’amiante ou Tchernobyl, c’est sûr que les informations sont contrôlées. Les responsables pensent que nous ne sommes pas capables de comprendre. Donc on ne nous dit pas tout.

Ici, on jetait le lait des vaches et on détruisait l’élevage, mais on disait qu’il n’y avait pas de danger et que les mères pouvaient continuer d’allaiter. Mais nos responsables connaissent-ils les risques ? Se donnent-ils les moyens de les connaître ? Dans le cas de Gilly, c’est clair que non. Est-ce un manque de courage, de curiosité ? Je suis persuadée que s’il y a une méconnaissance, c’est parce qu’on ne cherche pas. Regardez avec le foin contaminé. Ça montre à quel point les élus sont perdus, c’est le reflet de leur incompétence. Il pourrit depuis quatre ans et personne ne sait qu’en faire. Il fallait le traiter. Il lui a été attribué tout un tas de qualificatifs suivant à quoi on le destinait, et aujourd’hui, il est toujours là. C’est un symbole de l’absence d’identification des risques. On laisse pourrir plutôt que de savoir. De toute façon, aucune décision ne démontre que l’on a tiré les leçons de l’affaire de l’incinérateur de Gilly-sur-Isère. Il n’y a que de beaux discours sur les exigences d’excellence. »


Propos recueillis par B.P.

(article publié dans le numéro 5 de la VDA, novembre 2005)

 

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