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Capable de communiquer à tout va puis de se transformer en grande muette, l’industrie nucléaire serait-elle la menace numéro un ? (dossier le temps des catastrophes)
Une note adressée aux parents d’élèves de Savoie vient de les informer sur l’utilisation de pastilles d’iode en cas d’accident dans la centrale nucléaire du Bugey. Cela n’avait jamais été fait auparavant. Au même moment, des pharmaciens de la région Ile-de-France ont reçu une note les invitant à stocker des comprimés d’iode stable. La France craindrait-elle des accidents dans ses centrales nucléaires ? Située à 30 km de Lyon, celle du Bugey constitue pour nous la menace la plus proche.
L’universitaire genevois Sébastien Bertrand a beaucoup étudié le problème du nucléaire et la stratégie de communication d’EDF. Il confie qu’« EDF admet qu’un accident est envisageable. Et quelle qu’en soit la cause – tremblement de terre, défaillance technique, attentat…-, il peut y avoir contamination. L’iode, pour qu’elle soit efficace, il faut la prendre quelques heures avant d’être contaminé. C’est d’un cynisme absolu car même si la thyroïde est protégée, ce n’est pas une solution pour les autres organes. En fait, le discours des communicants change en fonction de l’actualité. Avant, on disait que les centrales résisteraient à un avion de tourisme. Depuis le 11 septembre, on est passé à l’avion de ligne sans qu’il y ait eu de travaux. Il y a beaucoup d’effort de com’ qui sont fait, mais si quelque chose tourne mal, on passe tout de suite au secret militaire. C’est ce qui s’est passé pendant la canicule de 2003 pour des documents relatifs à la résistance à la chaleur. Cela devrait pourtant intéresser tout le monde. » Sans doute que comme à Gilly, les responsables pensent que l’on ne peut pas comprendre.
B.P.
(article publié dans le numéro 5 de la VDA, novembre 2005)
