Seize antennes relais du réseau GSM ferroviaire sont en cours d'implantation en bordure de la voie ferrée qui dessert la Tarentaise. Dans la vallée, about it la mobilisation contre leur installation s'organise.

Nous vous l'annoncions en décembre dernier via notre fil twitter, treatment seize antennes de près de trente mètres de haut sont en cours d'implantation le long de la voie ferrée entre Albertville et Bourg-Saint-Maurice. A Bellentre, Aime, Montgirod, Moutiers, etc. Il s'agit de la partie tarine du futur réseau GSM ferroviaire, dont la gestion a été confiée le 18 février 2010 par Réseau Ferré de France (RFF) à une entreprise privée – Synérail – via un contrat de partenariat public-privé (PPP) d'un montant de 1,4 milliard d'euro. Leur mise en service est annoncée pour la fin de l'année 2013. Sauf qu'en Tarentaise, la population locale n'en veut pas et entend bien faire capoter ce projet afin de préserver le paysage et leur santé. Une association – Antenne Tarentaise Pollution (ATP) – vient d'être créée pour amplifier et organiser la contestation dans la vallée.

Dans la lignée des polars de Simenon, drugs Roger Moiroud nous immerge dans le quotidien d’un commissaire de police amoureux de la nature et de la bonne chair, entre Aix-les-Bains, le Revard et la Dent du chat.

Les romans policiers de l’auteur savoyard Roger Moiroud se déroulent entièrement sur les rives du lac du Bourget. Crime à Saint-Inn, Le Revard pour linceul, Mort sur le golf, Cadavres aixois et L’étrange affaire de Technolac nous racontent ainsi les aventures du commissaire Philibert Féra et de son acolyte Durieux, occupés à démêler d’étranges affaires sur la commune d’Aix-les-Bains. Qui aurait cru que la cité thermale comptait autant de crimes à élucider ? Tout est heureusement imaginaire, nous rassure Roger Moiroud. Les similitudes sont néanmoins réelles entre l’auteur et le personnage. Déjà, les deux sont nés à Aix. Après des études à Grenoble, Féra est monté à Paris et a débuté sa carrière à Saint-Cloud avant de revenir dans sa ville natale profiter des charmes de la région. Un parcours qui donne bel et bien à ce commissaire un air d’avatar.


Roger Moiroud, lui, a d’abord été prof de philo à Mont de Marsan. Il a ensuite bifurqué vers le monde des assurances à La Défense, puis est rentré naturellement en Savoie en fin de carrière. Croisement entre le récit réel de la vie de l’auteur et celui imaginaire des enquêtes du commissaire Féra, l’autofiction de Roger Moiroud nous conduit donc sur les berges du lac du Bourget, un vendredi soir, fin août.

Un cadavre comme compagnon de baignade

« Après une semaine plutôt tranquille, le commissaire Féra allait piquer une tête à Saint-Inn, retrouver la fraîcheur du lac à cette heure et à cette période de l’année où les vacanciers avaient déserté la plage. (…) C’est en tournant sur la gauche qu’il l’aperçut, le visage dans l’eau, à un mètre de la plage. Compte tenu de son aspect ballonné et verdâtre, le corps avait dû séjourner plusieurs jours dans l’eau. » A-t-on jamais vu un commissaire qui tombe sur un cadavre en allant se baigner au lac du Bourget ? C’est néanmoins le point de départ de Crime à Saint-Inn, le premier polar de Roger Moiroud. La cause du meurtre, un projet d’implantation de centrale nucléaire à Aix-les-Bains, ne semble pas non plus très crédible. Pourtant, tous les romans de Roger Moiroud reposent sur une solide documentation et font l’objet, selon les thèmes traités, d’une validation auprès des experts locaux. Et surtout, « lentement, les filets de perche et le Chignin-Bergeron d’exception aidant », le charme opère. Le calme placide du commissaire Féra - un bon vivant qui aime à se retirer du monde pour aller méditer au bord du lac, promener son chien Pluche et boire une bonne Guinness à la terrasse du Skiff - nous rend le personnage rapidement sympathique. Lui qui « se sentait bien dans ce paysage, il y était chez lui ». Un peu comme nous. Roger Moiroud aimant la Savoie, le Savoyard aimera sans aucun doute les aventures de cet enfant du pays qui sait prendre son temps et réfléchir à ses enquêtes en dînant avec de jolies femmes. Ici, pas de folles courses-poursuites à la James Bond, mais le rythme lent et tranquille du calme commissaire Féra, un expert en art de vivre et en bons produits de chez nous.

Un fin gourmet savoyard

Vrai connaisseur de la fine gastronomie savoyarde, Moiroud a l’art de nous mettre l’eau à la bouche, qu’il soit chez lui en train de déguster une excellente tomme des Bauges accompagnée d’un Gamay du terroir, ou aux terrasses des restaurants du secteur. Ses polars constituent d’ailleurs une véritable mine d’or culinaire et œnologique d’Aix-les-Bains et de la région. Le lecteur ne pourra ainsi s’empêcher de saliver à l’évocation de la fameuse Mondeuse de chez Charles Trosset, à Fréterive, celle vieillie en fût de chêne que le commissaire Féra réserve à ses amis et en l’occurrence à son adjoint Durieux, qu’il invite souvent à dîner afin de parler de leurs enquêtes. Féra et Durieux, comme Fogg et Passepartout, un fidèle duo inséparable, contre la mort et jusqu’à la mort. Un classique du genre, mais qui fonctionne à merveille dans les décors bucoliques du plus grand port de plaisance en eau douce de France.

Un amoureux du lac 

En fait, cela faisait 30 ans que Roger Moiroud revenait à Aix avec sa famille pour les vacances. Mais depuis 5 ans qu’il s’est installé au Viviers-du-lac, l’écrivain peut enfin profiter pleinement de la nature : balades en montagne ou au bord du lac, restaurants, visite des caves pour les repérages… C’est aussi à ce moment-là qu’il a commencé à écrire, et ses romans témoignent de son émerveillement pour la nature savoyarde. Ainsi, la photo de couverture du Revard pour linceul a tout simplement été prise de la terrasse de son domicile. « Au début, je ne pensais pas à écrire des romans policiers, se rappelle Roger Moiroud. Mes premiers textes étaient surtout autobiographiques. Mais il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas. Et tout est devenu beaucoup plus simple quand j’ai commencé à écrire des intrigues policières. » Reste que ses polars lui ressemblent. Son alter ego Féra aime les mêmes lieux que lui, et avant tout les berges du lac du Bourget, source intarissable d’inspiration pour l’écrivain. Ce dernier profite d’ailleurs de notre rencontre pour évoquer l’association des Amis du jardin vagabond, dont il est le président. Elle est dédiée à une sorte de réserve créée en 2008 afin de préserver un site naturel d'environ 5 ha. Confié par la municipalité à l’association, il est situé à proximité du lac, entre la plage et le port de Mémard. Un lieu remarquable par la diversité de ses espèces végétales (160 recensées) et animales, et, surtout, par la philosophie qui l’anime. C’est que la nature s’y développe avec un minimum d’interventions humaines, selon le concept du « jardin en mouvement » élaboré par le grand paysagiste Gilles Clément.

Bientôt des adaptations ?

Les polars du Maigret savoyard seront-ils bientôt adaptés en BD ou en série télévisée ? Avis aux scénaristes et illustrateurs de la région, des projets et des contacts seraient déjà en cours. Le meilleur est de toute façon sans doute à venir, car, mystère culinaire ou littéraire, un peu à la manière des bons produits qui savent bien vieillir, les personnages et les intrigues de Roger Moiroud s’améliorent à chaque nouveau polar. Son dernier opus publié l’été dernier, L’étrange affaire de Technolac, met ainsi en scène une affaire d’espionnage international digne du Rainbow Warrior. Le lecteur s’attend à voir tomber des têtes parmi les dirigeants de notre pays, alors que la clé du mystère repose sur un désaxé mental en quête du meurtre parfait. Gageons que le prochain, qui sortira en 2012 et devrait s’appeler, d’après les confidences de l’auteur, Arsenic et Nuits Romantiques, sera un grand cru.

Joëlle Fernandes, une fidèle lectrice

Le 31 janvier prochain entre 11h30 et 14h, Roger Moiroud dédicacera son dernier ouvrage, L'étrange affaire de Technolac, au RIE (Restaurant Interentreprises - bâtiment Horloge) à Savoie Technolac.

 

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