L’Apocalypse ne se résumera pas à un tsunami ou à un crash de météorite, ni bien sûr à une réforme des retraites. Sur le chemin de la révélation, Jo traque la bête et tente d'y voir plus clair.

« L’Apocalypse se produira-t-elle le 1er février 2019 ? ». C’est ainsi qu’un journaliste du quotidien Aujourd’hui démarra un article sur le risque de collision avec la terre d’une gigantesque météorite. L’Apocalypse, ce serait donc ça ? Un barbecue géant faisant rôtir instantanément une humanité victime d’un hasard dénué de sens ? Il s’agit pourtant avant tout du texte de clôture du best-seller incontesté de la littérature mondiale. « L’Apocalypse conclut le Nouveau Testament, rappelle Jean-Pierre Laurant, historien enseignant à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Différent des Evangiles qui sont plus historiques, il se rapproche de l’Ancien Testament et des apocalypses juives évoquées dans les livres de Daniel ou Ezequiel. Le terme grec est apokalupsis qui signifie dévoilement ou révélation. »

Révélation, mais de quoi ? Des visions prophétiques qu’un ange envoie à Jean, déporté sur l’île de Patmos autour de l’an 95. Texte poétique et fantastique, l’Apocalypse va donner lieu à de multiples lectures et à des interprétations innombrables. « Dans un style littéraire particulier, l’Apocalypse dit un certain nombre de choses sur les églises à venir, confie le père jésuite Pascal Sevez. Il a rappelé à ces églises leur lien intime avec le Christ et la future victoire finale de ce dernier à une époque où, le Christ ayant ressuscité, on aurait pu croire que tout était fini. »

L’ultime combat


Dans son texte, Jean évoque les visions d’un ange à l’allure de « fils d’homme » ; celui-ci porte « une ceinture en or » et de sa bouche « sort une épée acérée ». Il nous informe sur « le présent et ce qui doit arriver plus tard. » Vaste programme. À coup de trompettes, les différentes églises sont appelées à combattre le diable, prince de ce monde, « dragon rouge feu à sept têtes et dix cornes ». Invitant les pêcheurs que nous sommes à « acheter du collyre » pour « s’en oindre les yeux », prévenant une pute qu’elle va se retrouver jetée « sur un lit de douleur », mettant en garde contre les « doubles doses », le disciple que Jésus aimait plus que les autres relate le combat final arrivant à l’heure où « nul ne pourra rien acheter ni vendre s’il n’est marqué au nom de la bête ». Un combat qui verra le retour du Christ, triomphant de Babylone, « la Prostituée fameuse », et mettant au pas Satan. Coriace, le Malin reviendra quand même mille ans plus tard. Pour prendre une nouvelle rouste. Vous avez du mal à saisir ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls. Qui peut d’ailleurs, sans se la péter, dire qu’il a tout compris de ce texte étrange ? C’est que malgré les progrès réalisés en chirurgie oculaire, on galère toujours pour trouver du bon collyre.

Une peinture de la société actuelle ?

Doit-on interpréter les visions de Jean comme la prescience d’avènements plus ou moins symboliques ? Niet, répond le père Sevez. « Ce n’est pas une annonce d’événements à venir. C’est plus une histoire de relation entre L’Eglise et Dieu. Par exemple, toute la figure de Satan ne tient pas dans un seul individu et l’ange déchu, Lucifer, on n’y croit pas. Si on se contente de prendre le texte au pied de la lettre, ça ne peut que nous faire rigoler. Les gens n’y comprennent rien, mais vont pouvoir lui faire dire ce qu’ils veulent. » On reconnaîtra avec le père Sevez que les pronostics apocalyptiques, des Armaggedon annoncés par les Témoins de Jehova à l’arrivée des petits hommes gris promise par Raël, peuvent prêter à sourire. Le favori de Jésus affirme pourtant décrire ce qui doit arriver lorsque les nations auront fait leur temps. Des prophètes - de malheurs ? - ont ainsi vu dans ces propos la promesse d’un grand règlement de compte orchestré par le Créateur pour mettre fin aux turpitudes humaines. On demeure néanmoins perplexe devant les écrits de Jean qui semblent souvent peindre la société actuelle, celle où les codes barres et les puces électroniques tendent à nous marquer chaque jour un peu plus au nom de la bête. Mais s'il parait clair qu’un bon coup de balai en haut-lieu ne ferait pas de mal, faut-il attendre que Dieu fasse le ménage à notre place ?

Jo Veillard

Article initialement publié dans le numéro 2 de la VDA (avril 2005)

 

Commentaires  

 
+1 #4 lann e chien 22-06-2011 16:23
Si le texte de la Bible ne peut que s’accorder avec la raison, ses obscurités et contradictions doivent se dissiper par une étude minutieuse et une lecture attentive du texte qui interdira à son lecteur de le transformer en l’interprétant, qui s’interdira donc de le réinventer selon les besoins du moment.
Baruch Spinoza,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Baruch_Spinoza
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-2 #3 pouj 11-11-2010 10:17
oui plus précisément "l'image de la bête" évoqué dans La révélation. sa représentation.
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+1 #2 tb-sylvia 08-11-2010 09:31
oui cette béte a l'aspect d'agneau!! c l'O N U . elle s'infiltre aux yeux du monde ds les pays les plus riches en matières premieres , pour les piller!!!sous couvert des ONG et l'armée...c la béte immonde !!!
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-1 #1 pouj 28-10-2010 07:58
Le texte n'est pas entierement composé de visions prémonitoire. la première partie est composé de lettres adressées aux congrégation de l'église chrétienne primitive. Leur contenu est limpide et parle encore aux chrétiens d'aujourd'hui (Dieu vomit les tièdes).
pour le reste il s'agit bien d'une vision du futur et pas d'un obscur dialogue entre L'Eglise et Dieu. La succésion des b^tes décrites peut aisément se recouper avec la succèsions des empires mondiaux décrits en Daniel.
Quand a la bête sauvage a deux corne qui a l'aspect d'un agneau mais qui parle comme un Dragon... elle arrive à la toute fin de la Révélation : Et j’ai vu une autre bête sauvage qui montait de la terre, et elle avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, mais elle s’est mise à parler comme un dragon. Et elle exerce tout le pouvoir de la première bête sauvage sous ses yeux. Et elle fait que la terre et ceux qui y habitent adorent la première bête sauvage, dont la blessure mortelle s’est guérie. Et elle accomplit de grands signes, pour qu’elle fasse même descendre du feu du ciel sur la terre, sous les yeux des humains. ” (Révélation 13:11-13).
Il s'agit manifestement de deux puissances alliés. c'est la puissance anglo-américaine. qui contestera qu'elle se fait passer pour un agneau mais fait descendre le feu du ciel.... pas les irakiens !
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