Obnubilé par l’Apocalypse, Jo entame un freestyle inspiré par ce texte biblique d’une étonnante actualité. Et si Saint Jean disait vrai ?
Vous n’avez pas remarqué ? Depuis que quelques pilotes amateurs ont choisi d’offrir au monde un sanglant spectacle de sons et lumières, on parle de plus en plus d’Apocalypse. L’écrivain Marc Edouard Nabe s’en était réjoui, percevant Une lueur d’espoir dans les décombres du World Trade Center. Pour lui, le parallèle était évident avec la chute de Babylone décrite dans le texte de l’apôtre Jean. « Ils pleureront sur elle, les rois de la terre… Car une heure a suffi pour que tu sois jugé ! » Bon, neuf ans après le feu d’artifice, Babylone tient toujours. Mais en quel état ? Affaiblie par une croisade contre le terrorisme aux allures de fiasco, approchant de la faillite et du jour où ses bons du trésor ne vaudront plus un clou, sa filiale américaine a bel et bien du plomb dans l’aile et elle pourrait entraîner dans sa chute tout ce qui reste d’Occident. Sommes-nous pour autant à l’âge de l’Apocalypse ?
Le temps du jugement ?
J’ai vu finir le monde ancien, écrivait l’éditorialiste Alexandre Adler peu après la chute des tours jumelles qu’il présentait comme « une Apocalypse, au sens originel de l’expression, une révélation de notre monde ». On pourrait lui objecter aujourd’hui que la principale révélation du 11 septembre est peut-être que des esprits malins ont eu besoin d’un carnage pour légitimer un nouveau monde cher au géopoliticien rondouillard. Et que cela n’a pas suffi, car, alors qu’Adler déclarait que « le système démocratique, dont l’Amérique est aujourd’hui le symbole, d’avantage que l’Europe, constitue l’horizon d’organisation de toutes les sociétés de la planète », ce modèle US qui voulait dominer par la force n’arrive plus désormais à faire sa loi. Il est contesté de toute part, malgré les anesthésiants puissants de la société du loisir. Même avec Obama, il est évident que l’Amérique n’incarne pas la « terre nouvelle » décrite par Jean lorsque « l’ancien monde s’en est allé. » Nous sommes si loin d’en avoir fini avec « les cris et les peines ». Et avec une propagande atteignant des sommets, comment croire que sont aujourd’hui levés les voiles accumulés par des siècles de conditionnement ? Assistant en spectateurs à une guerre mondiale d’un nouveau genre, certains pensent plutôt que le temps du jugement est proche. Pour Robert Demeter, président international de la communauté Rom, pasteur évangéliste, les signes se multiplient. « L’Apocalypse, on touche à son dénouement avec la guerre en Israël. Jésus viendra y mettre un terme en redescendant sur le Mont des Oliviers ». Qui doit-on croire ? Ceux qui nous parlent d’une Apocalypse fantastique et d’un super héros venu du ciel ? Ou ceux qui affirment, entretenant le bisness des vendeurs de canons, que tout ira pour le mieux dès que ces satanés terroristes auront été éradiqués ? Ce qui est sûr, c’est que les années qui viennent seront décisives.
Un chemin plein de dragon
A l’heure de la mondialisation qui annonce la fin des états nations triomphants depuis deux siècles, alors que l’on envisage un fédéralisme européen, arrive-t-on à cette époque où « il n’y aura plus de nations, plus de rois », où « les hommes formeront une seule famille », comme l’envisageait Paul le Cour dans L’Ere du Verseau, livre culte écrit dans les années 30 ? Préparons-nous au contraire un chaos post-atomique à la Mad Max ou sommes-nous à la veille d’un cataclysme à la Roland Emmerich ? Les prévisions écologiques et militaires se rapprochant des prophéties de la plus mauvaise augure, on en vient à redouter cette Apocalypse qui hante les esprits et se répand sur le net où l’on annonce la fin du monde pour 2012. Il ne faut pas désespérer. « Heureux les lecteurs de ces paroles prophétiques, s’ils en comprennent le contenu, car le temps est proche », écrit Jean dans l’introduction de son récit révélationnaire. Alors en ce début de millénaire où flotte comme un parfum d’Armageddon, plongeons-nous dans le récit du disciple préféré. Et si ces propos parfois indigestes, souvent effrayants, étaient en fait porteurs d’un formidable espoir ? Car, au final, l’Apocalypse pourrait bien être le top pour celui qui l’atteint. C’est juste le chemin plein de dragons qui est un peu chaud.
Jo Veillard
Article initialement publié dans le numéro 1 de la VDA (février 2005)
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Commentaires
ce qui prouve qu'elle est une entité bien a part c'est que la bête sauvage (les nations) se retourne contre elle et la dévore. d'après la révélation il va donc arrivé un moment ou les nations en auront marre des religions et déciderons de les détruire. c'est le début de la "grande tribulation"... le début de la fin
elle est toute a la fois, n'oublie pas la marque de la bête d'apocalypse 13:16-17 pas de marque = pas d'achat ou de vente ! tout le monde libre ou non dois y être marqué etc....
babylone est aussi l'alliance de la politique et de la religion
bref on n'en aura pas finin d'en débattre ! notre canard préféré aurait du choisir un thème moins apocalyptique !
L'avenir d'après cette interpretation ne sera pas très joyeuse car gouvernement mondiale, dictature modiale etc....avant la délivrance du ciel pour les élus du très haut (pas forcement que pour les chrétiens)
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